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MICRONUTRIMENTS
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Vitamines, minéraux, microconstituants, un puissant matériel énergétique

Une famille originale...

On accorde une attention particulière depuis quelques années aux vitamines, aux minéraux et autres constituants ainsi qu'aux bénéfices santé de leur action.

La mise en valeur de l'alimentation méditerranéenne et de certains aliments comme l'huile d'olive ou le vin, les légumes et les fruits, qui en sont riches, des résultats d'études épidémiologiques menées sur le cancer ou les maladies cardiovasculaires ont permis de se pencher plus attentivement, et de prendre en compte cette famille originale de constituants dont on avait jusqu'à maintenant mal évalué l'importance et le champ d'action, tout simplement peut-être parce que l'on avait donné une priorité d'intérêt à des nutriments gros fournisseurs d'énergie tels que les protéines ou les lipides.

Grâce aux résultats de ces études, il est apparu que des aliments largement dotés (de fibres), de vitamines, de minéraux, de microconstituants, dont certains sont très présents dans les végétaux, les légumes, les fruits, semblent avoir un effet protecteur sur notre santé.

L'histoire de ces molécules jusqu'à maintenant peu signifiantes méritent pourtant d'être soulignée.

Fines et complexes...

Il faut sans doute savoir qu'elles représentent, une fois dans notre corps, un puissant matériel énergétique.

"Leur réactivité exceptionnelle" rappelait le Pr. Louisot* en 1996, "en font des équivalents biologiques du chlore et du brome en chimie industrielle... dont nous n'avons pu évaluer la place dans les voies métaboliques et le rôle au niveau moléculaire qu'à partir du moment où nous avons pu faire appel à la génétique biochimique et à la biochimie quantique" qui nous ont permis de les détecter, de les reconnaître, de les nommer.

Or, "tous ces éléments fondamentaux de la matière vivante, au même titre que l'eau, les protéines, glucides ou lipides doivent, pour la plupart d'entre eux, être apportés par l'alimentation".

Si le règne animal nous en fournit un certain nombre (vitamines B12, vitamine A à partir des caroténoides de la plante...), le monde végétal reste un fournisseur de première ligne pour assurer ces molécules que nous sommes incapables de synthétiser sans son aide.

Copie conforme ?

Il est à ce sujet tout à fait remarquable d'observer comment les plantes qui subviennent à leurs besoins et à leur défense participent aux nôtres et parfois sur des principes équivalents.

Prenons l'exemple de la vitamine E indispensable à la protection des lipides membranaires (et plus largement des lipides) de la plante qui va protéger de l'oxydation, grâce à ses "tocophérols", les acides gras des graines oléagineuses et des tissus foliaires et qui, de la même façon pour nous, une fois ingérée sous forme d'huiles végétales ou de fruits secs... va exercer son action à l'avantage de notre système cellulaire, dont elle ralentira le vieillissement en s'opposant à des phénomènes d'oxydation.

Elle aura aussi bien d'autres effets dans notre corps en faisant synergie avec d'autres minéraux ou vitamines, telle la vitamine C.

La vitamine C est, elle, un simple antioxydant de la phase aqueuse de la plante. Dans notre organisme, elle étend ses fonctions pour produire de l'énergie, synthétiser le collagène, ou encore assurer la biodisponibilité des minéraux. A long terme, on sait qu'elle participe à la protection contre le cancer.

La famille des polyphénols (acides phénoliques, flavonoïdes, anthocyanes, tanins, phyto-strogènes...) nous étonne elle aussi, où rentre une grande diversité de ces molécules "complexes" qui interviennent pour contrecarrer l'oxydation des acides gras de la plante, la protéger des bactéries, ou exercer un effet attracteur à l'étape de pollinisation par les insectes...

On retrouve ce même effet antioxydant dans notre organisme, prolongé par la capacité de piéger des molécules toxiques et, de ce double fait, de participer à la prévention des maladies cardiovasculaires et du cancer.

Molécules minuscules, instables et donc... insignifiantes ?

Pas du tout : molécules complexes, agiles en équipe, très performantes, dont l'impact vérifié nous pousse à ne plus les ignorer.

Croqueuses de lumière

Autant qu'elle nourrit la plante, la lumière, semble-t-il, la stimule et la rend d'autant plus apte à développer ses défenses.

Cette observation est d'actualité en forêt Guyanaise où l'on a installé une "canopée" expérimentale qui permet de mettre en évidence la variété et l'efficacité des substances sécrétées par les végétaux qui y prospèrent.

Plus on grimpe dans la canopée, plus la plante exposée à l'énergie lumineuse va l'utiliser pour son activité métabolique de lutte contre les agressions et stress extérieurs. Elle fabrique ainsi toute une panoplie de molécules contre herbivores, sécheresse, ultraviolets... en toute intelligence de son environnement pour sa défense et à son bénéfice... comme au nôtre ! quand il s'agira de la consommer, que ce soit sous forme de phytothérapie, de gelules pharmaceutiques ou tout simplement... comme aliment dans notre assiette !

Comment ne pas comprendre alors plus facilement que ces "croqueuses de lumière" si laborieuses et si douées à lutter pour leur vie, ne soient aussi, pour nous qui en dépendons, une mine d'or, et un trésor de santé ?


* Pr. Louisot : Président de l'institut Français de Nutrition.
Rapport sur les limites de sécurité dans les consommations alimentaires de vitamines et de minéraux.

** Le Monde, 11 avril 1998 : Le "Radeau des cimes" révèle les trésors cachés de la forêt Guyanaise.







Flash 98 : Santé News (APRIFEL) - 1998




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