N° 142 | mai 2014

Consommer des fruits et légumes chaque jour pour vivre plus longtemps

Il est prouvé qu’une consommation quotidienne de fruits et légumes (F&L) est associée à une survie significativement plus longue et un plus faible taux de mortalité.

Notre étude a été menée dans une grande cohorte suédoise, de 1998 à 2010, afi n d’estimer la relation dose-réponse entre la consommation de F&L et la mortalité, en termes de durée jusqu’au décès et de taux de mortalité.

Un suivi de treize années

La consommation de F&L a été évaluée grâce à un auto-questionnaire, envoyé à 71 706 participants âgés de 45 à 83 ans, provenant de cohortes suédoises d’études de population chez des hommes (The Swedish Men Cohort) et des femmes bénéficiant d’une mammographie (the Swedish Mammography Cohort). Les informations sur la consommation de F&L ont été recueillies grâce à 14 questions sur les légumes (carottes, betterave, laitue, chou, chou-fleur, brocoli, tomate, poivron, épinards, petits pois, oignon, ail, soupe de pois et autres légumes), 5 sur les fruits (orange, pomme, banane, baies et autres fruits) et 1 sur le jus d’orange. On a demandé aux participants d’indiquer, en moyenne, leur fréquence de consommation de chacun de ces aliments. Les principales variables pour la consommation de fruits, de légumes et de F&L étaient le nombre moyen de portions par jour qui a été obtenu en convertissant les réponses au questionnaire en consommation quotidienne de chaque aliment et en les additionnant.

Au cours des 13 années de suivi, 16% de la population est décédé (11 439 décès). Nous nous sommes focalisé sur le 10ème percentile de survie, exprimé en mois, c’est à dire le moment où 10 % des participants étaient décédés.

Caractéristiques de la population étudiée (Tableau 1)

  • En moyenne, les femmes consommaient plus de F&L que les hommes.
  • Les faibles consommateurs de F&L avaient une plus forte probabilité d’être :
    • des fumeurs,
    • de faible niveau d’éducation,
    • de forts consommateurs d’aliments non recommandés
  • Une augmentation de la consommation de F&L correspondait aux apports énergétiques plus élevés.
  • L’âge, l’IMC, l’activité physique et la consommation d’alcool étaient similaires dans toutes les catégories de consommation de F&L. Le 10ème percentile de survie globale était de 116 mois ce qui signifie que 90% des membres cette cohorte étaient en vie après 9,6 années de suivi.

Les personnes consommant 5 portions ou plus de F&L par jour vivent plus longtemps

Comparés à une consommation de F&L de 5 portions/jour, les plus faibles niveaux de consommation étaient progressivement associés à une durée de survie plus courte, jusqu’à 3 ans pour ceux qui n’en consommaient jamais chaque jour. Le taux de mortalité chez les personnes ne consommant pas de F&L était 53% plus élevé que chez celles qui consommaient les 5 portions/jour recommandées. En revanche, les niveaux de consommation plus importants n’étaient pas associés à une meilleure survie ou une diminution du taux de mortalité.

Les bénéfices de la consommation de fruits ont été observés dès la consommation d’environ 1 portion/jour, tandis que la consommation de légumes était associée à une meilleure survie jusqu’à 3 portions/jour. Les personnes n’ayant jamais consommé de fruits vivaient 19 mois de moins que celles ayant consommé un fruit par jour. Les participants consommant trois légumes par jour vivaient 32 mois de plus que ceux qui ne consommaient pas de légumes.

Nous avons ensuite évalué les interactions probables entre les F&L et le sexe, l’IMC et le niveau d’éducation comme facteurs prédictifs de mortalité. La forme de la courbe dose-réponse entre les F&L et le 10ème percentile de survie n’était pas significativement différente selon le sexe (P-interaction = 0,31), le tabagisme (P-interaction = 0,53), l’IMC (P-interaction = 0,82) ou le niveau d’éducation (P-interaction = 0,35).

Andréa Bellavia
Unités d’Epidémiologie Nutritionnelle et de Biostatistiques, Institut de Médecine Environnementale, Institut Karolinska, Stockholm, Suède
Bellavia A, Larsson SC, Bottai M, Wolk A, Orsini N.Am. Fruit and vegetable consumption and all-cause mortality: a dose-response analysis. J Clin Nutr..Juin 2013
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