N° 164 | mai 2016

Des pommes pour réduire le risque d’obésité chez les enfants

Une augmentation de la consommation de fruits pourrait contribuer à des habitudes alimentaires plus saines. Les quantités conseillées varient en fonction de l’âge, du sexe et du niveau d’activité physique. Elles sont équivalentes à une tasse (250 ml) chez les enfants âgés de 2 à 3 ans et à deux tasses (500 ml) chez les garçons âgés de 14 à 18 ans. Malheureusement, pour la plupart, les enfants ne respectent pas ces recommandations même si la consommation de fruits diminue le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers.

Une pomme ? Qu’y a-t-il dans une pomme ?

Les pommes sont le deuxième fruit le plus consommé aux Etats-Unis, pour 65% à l’état frais et 35% sous forme de produits transformés. Les pommes crues ne contiennent quasiment pas de matières grasses, d’acides gras saturés ou de sel et pas du tout de cholestérol. En moyenne, une pomme de 182g avec sa peau apporte environ 95 kcal, 19 g de sucres totaux et 4 g de fibres alimentaires (soit 22% des recommandations quotidiennes). Les pommes représentent donc une excellente source de fibres. Elles sont également particulièrement riches en composés phénoliques comme les dérivés de l’acide hydroxycinnamique et les flavonoïdes.

Un focus sur les pommes dans l’étude NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey)

L’objectif principal de cette étude était d’examiner le lien entre l’alimentation, la nutrition et la santé. Elle s’est focalisée en particulier sur l’association entre la consommation de pommes sous différentes formes et la qualité de l’alimentation. Un échantillon de 13 339 enfants (âgés de 2 à 18 ans) a rempli un questionnaire sur leur alimentation au cours des dernières 24 heures. Ce questionnaire a utilisé la nomenclature alimentaire du Ministère de l’Agriculture Américain (United States Department of Agriculture - USDA : pommes entières; compotes de pommes; jus de pommes à 100%; tout produit à base de pommes).

Nous avons attribué des scores à la qualité de l’alimentation et à ses composants grâce au HEI-2010 (Healthy Eating Index), avec 12 composants alimentaires, dont 9 mesurant la conformité a et 3 la modération 2. Plus les scores sont élevés, mieux c’est pour la santé 3.

26% de la population consomment des pommes

Nos résultats ont montré une corrélation entre la consommation de pommes et certains paramètres démographiques. Ainsi, les Mexicains-Américains consommaient plus de pommes entières que de compotes de pommes alors que les noirs non-hispaniques avaient une moindre probabilité de consommer des pommes entières ou de la compote.

Environ 26% de la population (n = 3482) consommaient des pommes sous différentes formes : les pommes entières étaient les plus consommées (14%), suivies d’autres produits à base de pommes dont la compote (5%) et les jus à 100% (12%). La consommation moyenne de produits à base de pommes était de 222,2 ± 3,9 g comparé à 143 ± 3,8 g pour les pommes entières.

Des scores d’alimentation saine plus élevés et une moindre prévalence d’obésité grâce aux pommes

Les consommateurs de toutes sortes de produits à base de pommes avaient des scores HEI-2010 plus élevés que les non-consommateurs, même si ces scores étaient relativement bas (Figure 1).

Les consommateurs de produits à base de pommes et de pommes entières avaient des Indices de Masse Corporelle (IMC) moins élevés que les non-consommateurs (z-scores de 0,4 ± 0,04 vs 0,5 ± 0,03 et 0,3 ± 0,1 vs 0,5 ± 0,02, respectivement) et présentaient également une moindre prévalence d’obésité. Dans l’ensemble, les consommateurs de produits à base de pommes avaient une moindre prévalence de surpoids ou d’obésité. Aucune différence significative n’a été observée entre les consommateurs de compotes de pommes et de jus de pommes et les non-consommateurs quant au poids ou à l’adiposité. En définitive, les enfants qui consommaient des produits à base de pommes (25%) ou des pommes entières (30%) avaient une moindre probabilité d’être obèses que les non-consommateurs.

Enfants : mangez des pommes !

La consommation de produits à base de pommes ou de pommes entières devrait être encouragée car elle contribue à la qualité globale de l’alimentation.
Il s’agit, à notre connaissance, de la première étude épidémiologique qui examine le lien entre les produits à base de pommes et le poids. Plus de recherche seront nécessaires pour explorer la contribution de l’ensemble des fruits à une alimentation saine.

Carol E. O’Neil
Centre Agronomique de l’Université d’Etat de Louisiane (LSU), ETATS-UNIS
O’Neil CE, Nicklas TA, Fulgoni VL., III Consumption of apples is associated with a better diet quality and reduced risk of obesity in children: National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) 2003–2010. Nutr J. 2015; 14:48
  1. Fruits ; fruits et jus de fruits ; légumes ; haricots et légumes verts ; céréales ; protéines alimentaires; protéines des fruits de mer et d’origine végétale ; produits laitiers ; acides gras
  2. Céréales raffinées ; sodium ; « calories vides » (issues de l’alcool, sucres ajoutés…)
  3. Score total allant de 0 à 100
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