N° 144 | juillet 2014

Les Français et les fruits et légumes

Aprifel (l’agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes) et Interfel (l’association interprofessionnelle des fruits et légumes frais) ont réalisé récemment une enquête portant sur les rapports des Français à l’alimentation en général, et aux fruits et légumes en particulier. 1000 personnes représentatives de la population française de plus de 18 ans ont été interrogées en octobre 2013 par la Sofres. Les questions ont porté sur les préoccupations des Français face à leur alimentation ainsi que sur leur rapport aux fruits et légumes. On les a questionné sur la perception de leur consommation, leurs critères de choix et leurs pratiques de consommation, leur regard sur la consommation de fruits et légumes en France et sur les moyens, selon eux, d’en développer la consommation.

Une alimentation saine : variée et riche en fruits et légumes

Première donnée: si les préoccupations des Français face à la qualité de leur alimentation sont nombreuses, elles ne sont pas forcément centrées sur la sécurité sanitaire ou la contamination des aliments. En effet, les principales interrogations des français portent sur les effets de leur alimentation sur la santé (51%), l’équilibre alimentaire, le goût et l’origine des aliments. Viennent ensuite la crainte de la prise de poids (surtout chez les 18-24 ans) et l’absence de contaminant chimique (35%). La composition nutritionnelle et l’absence de contaminant microbiologique arrivent en queue (respectivement 27 et 26%). Concernant la sécurité sanitaire, les deux principales thématiques que les français souhaitent voir développées sont les contaminants et polluants chimiques (pour 65%, en particulier les familles avec enfants) et les modifications génétiques (43%).

Autre thème abordé : « l’alimentation saine «. Pour 95% des Français (surtout les femmes) ce terme désigne une alimentation variée, riche en fruits et légumes. C’est également une alimentation pauvre en graisses, sans additif, ni contaminant, ni colorant, pauvre en sucre et en sel et peu calorique.

83% des Français sont prêts à consommer davantage de fruits et légumes

On s’est ensuite intéressé à la perception de la consommation des fruits et légumes. En moyenne, les Français déclarent consommer 4,4 portions de fruits et légumes par jour. Ce sont les plus de 50 ans qui rapportent manger le plus de fruits et légumes (effet d’âge ou de génération ?), alors que les sédentaires en consomment beaucoup moins. Plus de la moitié des Français (53%) pense ne pas atteindre les 5 portions journalières recommandées par le PNNS. En revanche, 8 Français sur 10 (83%) se disent prêts à consommer davantage de fruits et légumes. En manger plus, d’accord, mais à condition de lever les freins de consommation comme le prix (51%), la difficulté de conservation (32%), la difficulté de trouver des bons produits sur les lieux d’approvisionnements et, enfin, la difficulté de changer ses habitudes !

Deux tiers des Français consomment en priorité des fruits et légumes frais

Viennent ensuite les critères de choix qui incitent à préférer tel fruit ou légume. On choisit ses fruits et légumes avant tout en fonction de leur fraîcheur et de leur prix. Après ces principaux critères de choix on trouve : la fraîcheur, le fait qu’il soit de saison, le goût plaisant, la qualité, le fait d’aimer les F&L en général et d’autres nombreux critères qui varient en fonction de l’âge, des revenus, de l’activité physique mais aussi selon la taille du foyer. Rapidité et simplicité d’emploi sont ainsi soulignées par les personnes vivant seules…

Deux tiers des Français, en particulier les plus de 50 ans et les couples sans enfants, consomment en priorité des fruits et légumes frais. En revanche, ce sont surtout les hommes, les 18-24 ans et les personnes vivant seules, qui consomment de F&L déjà cuisinés et prêts à consommer. Le déjeuner et le dîner sont les principaux moments de consommation alors que le petit déjeuner est souvent « oublié » dans la consommation quotidienne de F&L.

Le sentiment d’être plutôt bien informés

Quand on demande aux personnes sondées de porter un regard sur leur propre consommation, 91% pensent que les Français ne consomment pas assez de fruits et légumes ! Même s’ils ont le sentiment d’être plutôt bien informés sur le sujet… ils font ressortir un certain nombre de questions: le prix des F&L, la traçabilité, la façon de les conserver, les effets bénéfiques pour la santé (pour 76% des français), comment en faire manger aux enfants et aux adolescents.... Viennent aussi des questions pratiques du quotidien sur comment en consommer davantage (façon de cuisiner, qualité gustative, richesse nutritionnelle ...). Les Français souhaitent être mieux informés sur ces points précis.

L’origine France des produits est le facteur de conviction le plus important

Quand on leur pose la question : «A votre avis, qu’est-ce qui inciterait les gens à consommer davantage de fruits et légumes ?», les Français mettent en avant l’origine France des produits comme le facteur de conviction le plus important. Ils citent ensuite le développement de labels qualité pour les fruits et légumes, la progression du bio, les subventions de l’Etat, les campagnes de publicité, les cours de cuisine.... Faciliter l’accès aux fruits et légumes aux populations fragiles, en particulier aux enfants, est jugé prioritaire. Il faut améliorer l’accès dans les crèches et les écoles, bien sûr, mais également dans les hôpitaux et les points de vente de proximité.

Ce sondage prouve que les fruits et légumes font partie de la vie des Français. Tous en consomment… et pour une large partie d’entre eux, ils aimeraient en consommer plus ! Quand on leur parle de la qualité de leur alimentation, la moitié des Français montre des inquiétudes quant aux effets sur leur santé. Une question ressort en filigrane de cette enquête: comment bien manger ? Enfin, le prix est reconnu comme un frein mais ne domine pas les perceptions quant à la consommation et au choix des F&L. Il existe à l’évidence une cible à privilégier : les jeunes et leurs parents et un repas à améliorer : le petit-déjeuner.

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
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