N° 185 | avril 2018

Quelles relations entre la consommation de fruits et légumes et l’asthme : Données en Europe et en Amérique latine

L’asthme est une maladie chronique des voies respiratoires, caractérisée par des crises récurrentes d’essoufflement et de râles sibilants. Il touche un nombre croissant d’enfants et d’adultes de pays riches et à revenu faible ou moyen. Cette pathologie pèse sur la qualité de vie et entraîne des coûts de santé. La consommation régulière de F&L est largement recommandée pour préserver la santé. Des données croissantes suggèrent que des éléments spécifiques contenus dans les F&L préservent la fonction pulmonaire, réduisant le risque ultérieur de maladies respiratoires chroniques.

Grâce à leur forte teneur en micronutriments antioxydants et anti-inflammatoires, les F&L pourraient également contribuer à diminuer le risque d’asthme ou à atténuer ses symptômes. Cependant, c’est une maladie complexe, multifactorielle, souvent associée à des phénomènes allergiques (eczéma, allergies alimentaires) difficiles à prendre en charge.
Cet article résume les données de deux études multinationales examinant le lien entre la consommation de F&L et l’asthme chez les adultes européens et chez les enfants latino-américains.

Etude européenne GA2LEN ¹ : un score d’asthme plus élevé est inversement associé à la quantité de fruits consommés chez l’adulte

L’étude européenne Global Asthma and Allergy Network of Excellence (GA2LEN)1, examine les facteurs de risque des maladies allergiques chez 3 206 adultes ayant répondu à un questionnaire sur les symptômes respiratoires et la santé globale. A partir de ces réponses un score d’asthme a été établi sur les symptômes d’asthme autodéclarés (de 0 à 5). La rhino sinusite chronique (RSC) a également été étudiée. Par un questionnaire de fréquence alimentaire (QFA) validé, la consommation habituelle d’une liste de 68 F&L a été examinée. A l’aide d’analyses de régression, la relation entre la consommation de F&L (≥ 5 fois/semaine vs moins souvent), le score d’asthme et la RSC a été étudiée. Les effets de confusion potentielle de variables comme l’indice de masse corporelle, l’apport énergétique total alimentaire et le statut socio-économique ont été pris en compte. 22,8 % des participants ont déclaré avoir au moins un symptôme d’asthme (score d’asthme ≥ 1), tandis que 19,5 % avaient une RSC. Après ajustement avec les facteurs de confusion, l’étude a rapporté qu’un score d’asthme plus élevé (plus de symptômes d’asthme) était associé négativement à la quantité de fruits consommés. De même, les participants étaient moins susceptibles d’avoir une RSC s’ils consommaient plus souvent des fruits secs. Cependant, après prise en compte de tests multiples, ces associations n’étaient plus statistiquement significatives.

Quelle relation entre consommation de F&L et asthme chez 140 000 enfants latino-américains : l’étude ISAAC

Le volet latino-américain de la phase III de l’étude ISAAC (International Study of Allergy and Asthma in Children) ², a étudié la relation entre la consommation de F&L et les symptômes liés à l’asthme sur un échantillon d’enfants jeunes (6-7 ans) et plus âgés (14-15 ans) dans 11 pays. Durant l’étude les informations sur les habitudes alimentaires, les sibilants, la rhino-conjonctivite chronique et l’eczéma ont été collectées au moyen de questionnaires standardisés.

L’étude a récolté les résultats de plus de 140 000 enfants. Le risque de sibilants au moment de l’étude était plus faible chez les enfants jeunes et plus âgés (respectivement 15 % et 11 %) ayant déclaré manger des fruits au moins 3 fois par semaine, par rapport à ceux qui en mangeaient moins souvent. Chez les enfants âgés de 6 à 7 ans, une consommation régulière de légumes (≥ 3 fois/semaine) était également associée à une prévalence plus faible de sibilants. Dans ce groupe une consommation plus fréquente de fruits était également associée à une prévalence plus faible d’eczéma (36 %). À l’inverse, la consommation de fast-food était positivement associée à une prévalence plus élevée de sibilants chez les adolescents.

Cette étude a démontré qu’une consommation plus élevée de fruits et légumes était associée à une prévalence plus faible de symptômes allergiques chez les enfants latino-américains.

Ainsi, une consommation plus élevée de F&L pourrait contribuer à réduire le fardeau de l’asthme et de certains symptômes allergiques. Les résultats de ces 2 études de population chez les enfants et les adultes suggèrent qu’une alimentation riche en F&L devrait être encouragée dès l’enfance.

Vanessa Garcia-Larsen
Professeure assistante en nutrition humaine Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, ÉTATS-UNIS
  1. Garcia-Larsen V, et al. Clin Transl Allergy 2017 doi: 10.1186/s13601-016-0140-9
  2. Cepeda AM, et al. Lung 2017 doi: 10.1007/s00408-017-0044-z
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