N° 141 | avril 2014

Alimentation & asthme

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Édito

L’asthme est une maladie chronique fréquente qui touche une personne sur 20 dans le monde. Selon une étude sur le fardeau mondial des maladies, la maladie asthmatique représente la 28ème cause de réduction de l’espérance de vie. L’asthme résulte d’interactions complexes entre des facteurs génétiques et environnementaux. On incrimine souvent des modifi cations alimentaires, notamment la réduction de la consommation de fruits et légumes frais, et la consommation accrue d’aliments industriels “occidentaux”, comme l’une des causes de cette épidémie. Les preuves en faveur du rôle de l’alimentation proviennent d’études sur l’asthme infantile. A l’âge adulte, l’alimentation ne jouerait pas un rôle majeur. Les publications sur l’alimentation et l’asthme sont hétérogènes en termes de conception, d’évaluation de l’exposition alimentaire et de l’asthme lui-même qui comprend différents phénotypes.

Trois études récentes apportent des preuves supplémentaires du rôle probable de l’alimentation dans l’asthme. Dans une grande étude internationale menée chez des enfants et des adolescents (Ellwood et al.), la consommation d’aliments de restauration rapide est directement associée à la prévalence de symptômes de l’asthme et de l’asthme sévère, alors qu’une relation inverse est notée avec la consommation de fruits et légumes. Dans une autre étude, Protudjer et al. ont trouvé une association négative entre une consommation élevée de légumes et l’asthme allergique ainsi que l’hyperréactivité bronchique modérée à sévère. Un autre essai, randomisé et contrôlé, par Wood et al. conclut que chez les asthmatiques adultes, l’augmentation de la consommation d’antioxydants alimentaires (c’est-à-dire l’augmentation de la consommation de fruits et légumes) est associé à une amélioration clinique des symptômes de l’asthme tandis que les suppléments nutritionnels n’ont aucun effet.

Globalement, ces études plaident en faveur de la promotion d’une alimentation riche en fruits et légumes ainsi que d’une faible consommation d’aliments de restauration rapide pour prévenir le développement de l’asthme infantile et pour le contrôler à l’âge adulte.

Raphaëlle Varraso
Inserm, CESP Centre de Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations, Equipe d’Epidémiologie Respiratoire et Environnementale, 94807, Villejuif, FRANCE & Univ. Paris Sud 11, UMRS 1018, 94807, Villejuif, FRANCE
Carlos A Camargo Jr
Département de Médecine d’Urgence, Hôpital Général du Massachussetts, Ecole de Médecine d’Harvard, Boston, Etats-Unis
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