N° 142 | mai 2014

Consommation de fruits & légumes et espérance de vie en Europe

Édito

Augmenter la disponibilité, l’accessibilité et la consommation des fruits et légumes

Les fruits et légumes sont les éléments clés d’une alimentation saine et leur consommation varie considérablement selon les pays, refl étant divers environnements économiques, culturels et agricoles.

Fruits et légumes et maladies non transmissibles

Une consommation réduite de fruits et légumes (F&L) fait partie des 10 facteurs de risque de morbidité et de mortalité selon le plan d’action global pour la prévention et le contrôle des maladies non-transmissibles 2013-2020 Global Action Plan for the prevention and control of noncommunicable diseases 2013-2020. Les bénéfi ces de la consommation de fruits et légumes pour la santé sont signifi catifs et bien documentés. Selon des rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation the World Health Organization and the Food and Agriculture Organization, la consommation quotidienne de cinq portions ou au minimum de 400 grammes (excluant les pommes de terre et autres féculents), de F&L aiderait à prévenir les MNT, ainsi qu’a prévenir et réduire plusieurs micro défi ciences nutritionnelles.

Des données alarmantes de l’Etude Prospective Européenne sur le Cancer et la Nutrition – EPIC (the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition)(http://epic.iarc.fr/) montrent que ces recommandations ne sont pas suivies dans de nombreux pays. Ces données mettent en évidence un gradient nord-sud pour la consommation moyenne de fruits et légumes dans les deux sexes, allant d’une consommation inférieure aux recommandations dans les pays nordiques (< 250 g par jour pour les Suédois) à une forte consommation dans les pays méditerranéens (> 700 g par jour pour les Espagnols de Murcie en Espagne). Une alimentation malsaine associant des consommations de fruits et légumes, une faible activité physique et des déséquilibres énergétiques sont particulièrement inquiétants chez les enfants et les adolescents.

Des politiques clés à mettre en oeuvre

Le plan d’action global pour la prévention et le contrôle des maladies non-transmissibles 2013-2020 (Global Action Plan for the prevention and control of noncommunicale diseases 2013-2020) ainsi que la Déclaration de Vienne sur la Nutrition et les Maladies Non Transmissibles dans le Contexte de Santé 2020 (the Vienna Declaration on Nutrition and Noncommunicable Diseases in the Context of Health 2020) ont mis l’accent sur la disponibilité, l’accessibilité, la durabilité et la consommation des fruits et légumes. Ces documents de référence traitent des défi s de santé publique majeurs en alimentation, dont les maladies non transmissibles liées à l’alimentation. Ils soulignent l’importance d’un approvisionnement alimentaire sûr, sain et durable, en menant des actions spécifi ques pour améliorer la disponibilité et l’accessibilité aux fruits et légumes en révisant les politiques agricoles. En fournissant également des conseils techniques et des incitations à fréquenter dans les marchés agricoles locaux, y compris en ville; en réduisant les barrières tarifaires sur les importations et en assurant une réduction des risques de résidus de pesticides. En plus de ces priorités, les besoins spécifi ques des groupes les plus vulnérables de notre société, intégrant ceux des personnes âgées, des enfants et des migrants, ne doivent pas être oubliés. Il faut également, car c’est vital, développer les compétences des employés en santé publique en incluant la prévention des MNT dans le noyau dur des compétences de base des professionnels de santé publique.

Toutes ces actions clés faciliteront l’augmentation de la disponibilité, de l’accessibilité, de la durabilité et de la consommation des fruits et légumes.

João Breda
Directeur du Programme Nutrition, activité physique et obésité - Division des maladies non-transmissibles et cycle de vie – Bureau Régional de l’OMS pour l’Europe - DANEMARK
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