N° 158 | novembre 2015

Promouvoir une « alimentation saine »

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Édito

L’obésité infantile est devenue un problème important de santé publique. En 2014, entre 18 et 50% des enfants européens (âgés de 6 à 9 ans) étaient en surpoids ou obèses. De nombreuses actions sont en cours pour combattre cette situation, notamment dans les écoles. L’éducation nutritionnelle est utile pour acquérir des connaissances mais, lorsqu’il s’agit de changer les comportements, son efficacité est moindre sauf si l’on y associe d’autres interventions complémentaires. Ces différentes actions sont rarement évaluées et ne sont pas entièrement convaincantes. Comment expliquer cette faible efficacité ? Les enfants sont facilement influençables et confrontés à de nombreuses contradictions : l’éducation nutritionnelle, les pressions de l’entourage (notamment leurs parents) et des messages publicitaires agressifs de sources variées. En outre, souvent, les parents, les professeurs et le personnel de santé ne montrent pas l’exemple aux enfants quant à leurs propres habitudes alimentaires. Dans ces conditions, il est difficile d’obtenir des résultats satisfaisants.

Ce numéro examine certaines actions menées en Europe pour promouvoir une « alimentation saine », en particulier auprès des enfants.

Blake & Patterson montrent que les infirmières pédiatriques au Royaume Uni sont conscientes du rôle qu’elles peuvent jouer dans ce domaine. Cependant, leurs mauvaises habitudes peuvent avoir une influence négative auprès de leurs patients. Oostindjer et al. expliquent qu’en Norvège, il existe un consensus sur l’importance de l’éducation nutritionnelle dans le cadre familial mais que c’est également de la responsabilité de l’industrie et des autorités gouvernementales d’améliorer l’offre alimentaire. Lloyd-Williams et al. montrent que la majorité des 30 pays européens ont déployé des actions visant à augmenter la consommation d’aliments sains. L’évaluation des avis sur les différentes politiques alimentaires montre que la reformulation obligatoire des produits industriels semble plus utile que l’engagement volontaire des industriels et que les réglementations et les incitations fiscales (taxes, subventions) seraient plus efficaces que les campagnes d’éducation nutritionnelle.

Ces études prouvent que l’environnement alimentaire jouerait un rôle dans le développement de l’alimentation chez les enfants. Il est donc recommandé d’éduquer les personnes interagissant avec les enfants, sur l’impact de leurs propres habitudes alimentaires sur celles des enfants. De plus, il ne faut pas négliger le rôle fondamental de l’approvisionnement et du marketing. Même si ces mesures semblent avoir un impact minime à court terme, elles devraient faire évoluer les standards de consommation, multipliant ainsi leurs effets bénéfiques à long terme.

Martine Padilla
Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes, Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier (CIHEAM-IAM), FRANCE
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