N° 194 | février 2019

Des os plus solides grâce aux fruits et légumes

Édito

Le fardeau économique et social des maladies osseuses augmente à un rythme alarmant. Les professionnels de santé déplorent le manque d’outils préventifs, en sachant que moins de 10 % des femmes qui présentent des fractures liées à la fragilité osseuse reçoivent un traitement contre l’ostéoporose, en raison d’effets indésirables. Dans ce contexte, les médecins réclament vivement la mise en place de nouvelles stratégies, reposant sur des preuves scientifiques et cliniques.

Ces 30 dernières années, l’alimentation a été largement étudiée en ce qui concerne l’observance et les qualités nutritionnelles. Ces études ont permis des avancées enthousiasmantes, qui appuient l’hypothèse qu’en modulant certaines cibles corporelles, des interventions alimentaires peuvent contribuer à une santé osseuse optimale. Alors que, traditionnellement, le calcium et la vitamine D sont privilégiés, des données de plus en plus nombreuses soulignent le potentiel protecteur sur l’os d’une alimentation à forte densité nutritionnelle (riche en fruits, légumes et céréales complètes) grâce à une teneur élevée en nutriments dotés de multiples propriétés biologiques.Ce nouveau numéro présente de nouvelles perspectives sur le pouvoir extraordinaire des F&L
pour la santé osseuse.

Ainsi, selon l’étude HELENA, chez les adolescents, bien qu’il n’existe aucun lien entre le score ou l’index global de l’alimentation et la densité minérale osseuse, des aliments spécifiques, comme les fruits et les fruits à coque, favorisent une augmentation de la masse osseuse.

Dans le cadre du projet CHANCES, mené auprès de 140 775 adultes âgés, le «Consortium sur la santé et le vieillissement» (qui a participé au suivi de cinq cohortes) a souligné l’effet bénéfique d’une observance modérée à élevée du régime méditerranéen sur le risque de fracture.

Plus récemment, une méta-analyse de 10 études publiées dans la littérature a confirmé qu’une alimentation fondée sur une forte consommation de légumes était associée à une réduction de l’incidence de l’ostéoporose. La modulation du renouvellement osseux, une amélioration de l’absorption du calcium et de l’état inflammatoire de l’organisme expliqueraient probablement ces bienfaits.

En conclusion, on peut déduire de ces études que les mesures encourageant la consommation de fruits, légumes et céréales complètes par la population représentent de nouvelles opportunités pour les professionnels de santé et permettent de réduire potentiellement le fardeau des fractures osseuses.

Véronique Coxam
Directrice de recherche, INRA, FRANCE
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