N° 207 | juin 2020

Fruit & légumes et prévention des maladies cardiovasculaires

Édito

Si les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans le monde, le cancer poursuit sa progression. De meilleures mesures de prévention pourraient ralentir sa course et sauver plusieurs centaines de milliers de vies chaque année, en particulier dans les pays en développement et les pays émergents. Voilà, en substance, les messages clés de deux volumineux rapports rendus publics mardi 4 février 2020 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Ce numéro d’Équation Nutrition est consacré aux récentes publications sur le rôle des fruits et légumes (F&L) dans la prévention des maladies cardiovasculaires (MCV).
Toni Meier et ses collaborateurs ont étudié la relation entre les facteurs de risque et les MCV dans 51 pays de la région européenne de l’OMS, de 1990 à 2016. Cette étude montre que le nombre de décès attribués aux maladies cardiovasculaires est passé de 12,3 millions en 1990 à plus de 17,6 millions en 2016. Une alimentation saine riche en fruits et légumes éviterait environ un décès prématuré sur cinq. Ainsi, comparé aux autres facteurs de risque comportementaux, une alimentation saine et variée est un facteur clé potentiel pour éviter les décès prématurés.
L’étude de Xiuting Mo et ses collaborateurs visait à projeter la réduction du fardeau des maladies cardiovasculaires selon différents scénarios d’augmentation de la consommation de fruits et légumes, au Japon d’ici 2060. Cette étude suggère qu’un pourcentage non négligeable de maladies cardiovasculaires pourrait être contrôlé par une augmentation modérée de la consommation en fruits et légumes. Enfin, la méta-analyse de Dagfinn Aune et ses collaborateurs fournit un résumé des données disponibles sur la consommation d’aliments d’origine végétale et d’antioxydants et le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète de type 2 et de mortalité toutes causes confondues.

Les résultats appuient les recommandations visant à augmenter la consommation d’aliments d’origine végétale et suggèrent que les apports optimaux pour la prévention des maladies chroniques seraient de 800 g/j pour les fruits et légumes, 225 g/j pour les céréales complètes et 15 à 20 g/j pour les noix.

Patrick Assyag
Cardiologue, Vice-Président de la F édération Française de Cardiologie, FRANCE
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