N° 212 | décembre 2020

Tendances de consommation alimentaire et des comportements liés au mode de vie : enfants, adolescents et jeunes adultes

Édito

L’adoption de comportements sains liés au mode de vie est programmée dès le plus jeune âge et se poursuit jusqu’à l’adolescence et le début de l’âge adulte.
Malgré l’importance des pratiques alimentaires et de modes de vie sains modifiables pour atténuer les maladies non-transmissibles, nous avons une compréhension insuffisante des changements au niveau des populations, et des comportements liés au mode de vie dans ces populations. Ainsi, il est essentiel de comprendre ces tendances pour éclairer les directives de santé publique sur des approches efficaces de promotion de la santé tout au long de la vie.

La petite enfance est une période critique pour le développement des préférences gustatives et des habitudes alimentaires. Duffy et al. ont étudié les tendances de consommation alimentaire chez les nourrissons et les jeunes enfants en 2002, 2008 et 2016. Les auteurs ont constaté une augmentation positive significative de la consommation de lait maternel et une diminution significative de la consommation de sucreries, de boissons sucrées, de 100 % jus de fruits et de céréales pour nourrissons. En outre, ils ont observé une stagnation ou une diminution significative de la consommation de céréales complètes et une stagnation de la consommation de légumes.

Tout comme durant la petite enfance, un certain nombre de comportements se développent et se consolident au cours de l’adolescence. En effet, les adolescents connaissent des changements physiques, comportementaux et psychosociaux qui peuvent remettre en question les priorités concernant un ensemble complexe de comportements sains. Marques et al. ont mis au point une mesure composite d’un mode de vie sain pour étudier les associations avec les facteurs sociodémographiques chez les adolescents. Les auteurs ont constaté que seulement 1,9 % et 4,2 % des adolescents ont atteint, respectivement, la totalité ou aucun des cinq comportements suivants : ≥60 minutes d’activité physique par jour, consommation quotidienne de F&L, <2 heures d’écran par jour, et abstinence d’alcool et de tabac.

Les changements transitoires du jeune adulte peuvent aussi entraîner des changements dans les comportements liés au mode de vie déjà établis, d’où l’importance de promouvoir continuellement et activement un mode de vie sain pendant cette période, y compris la consommation de légumes. La récente étude de Rodrigues et al. a identifié des niveaux de consommation et des prédicteurs de la consommation de légumes chez les jeunes adultes pendant leurs années universitaires. La majorité des étudiants n’ont pas respecté les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé en matière de consommation de légumes, et environ un tiers seulement d’entre eux les ont suivies. Parmi les prédicteurs d’une consommation élevée de légumes, figure le sexe des participants – la consommation de légumes étant plus importante chez les femmes.

Des comportements souvent médiocres en matière d’alimentation et de mode de vie pendant l’enfance, l’adolescence et au début de l’âge adulte comptent parmi les principaux facteurs qui favorisent la prise de poids et accroissent le risque de maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète de type 2. Les futures politiques publiques pourraient cibler les sous-groupes vulnérables, souvent les plus exposés être les plus exposés à un manque d’adhésion des recommandations, et adapter les stratégies de promotion de la santé à ces sous-groupes et à divers domaines de mode de vie.

Maryam Kebbe
Chercheuse post-doctorale - Centre de recherche biomédicale de Pennington - USA
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