N° 212 | décembre 2020

Consommation de légumes et facteurs associés à une majoration des apports chez les étudiants

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Les jeunes adultes sont considérés comme une population clé car, durant cette période de la vie, un certain nombre de comportements sont adoptés. Ils se trouvent également dans une phase de transition : ils quittent le foyer familial, entrent à l'université, arrivent sur le marché du travail, se mettent en couple, deviennent parents, etc.1. Selon une étude publiée en 2017, la plupart des étudiants ont des comportements alimentaires malsains avec une consommation élevée de fastfood, d’en-cas, de sucreries, de boissons non alcoolisées et alcoolisées, et une faible consommation de fruits, de légumes, de poisson, de céréales complètes et de légumineuses2. Ces
mauvais comportements alimentaires font partie des principales causes de maladies non transmissibles (MNT) telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers et le diabète de type 23. Or, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère qu’une consommation ≥400 g de F&L par jour pourrait réduire le risque de MNT4.

Cette revue vise à recenser et résumer les recherches publiées entre janvier 2009 et octobre 2018 sur la consommation de légumes (71 articles) chez 65 971 étudiants (69,8 % de femmes, âge moyen : 21,6 ans) de plus de 155 établissements d’enseignement supérieur dans 30 pays d'Afrique, d'Asie, d'Europe, d'Amérique du Nord et du Sud et d'Océanie.

Une portion de légumes par jour : fréquence de consommation la plus courante

Les études sur la consommation de légumes basées sur la fréquence des portions consommées indiquent que la consommation la plus courante est une portion de légumes par jour respectivement pour 51,6 % des étudiants iraniens, 44 % des étudiants indiens et 35,8 % des étudiants chiliens.
Les seules études où la moyenne a atteint 2 portions ou plus par jour ont été réalisées en Nouvelle-Zélande et au Canada.
La majorité des étudiants ne consomment pas la quantité de légumes recommandée par l'OMS, ni les quantités préconisées par d'autres directives pertinentes. La proportion moyenne de participants respectant les apports recommandés est de 35,4 %, mais varie considérablement d'un pays à l’autre :

  • Proportion la plus faible :
    • En Afrique du Sud, seuls 2,5 % des participants suivent la recommandation de la Pyramide du Guide alimentaire de l'USDA*, qui préconise 3 portions de légumes par jour ;
    • Selon deux études aux États-Unis, 7 % et 12,4 % des participants suivent les recommandations de la pyramide alimentaire « MyPyramid », soit 2,5 tasses de légumes /jour.
  • Proportion la plus élevée :
    • Aux Pays-Bas, 74 % des étudiants de quatrième année consomment 150 g de légumes par jour, conformément aux recommandations des directives néerlandaises pour une alimentation saine ;
    • En Finlande, 68,4 % consomment de la salade ou des légumes crus, et 28,6 % des légumes cuits, quotidiennement ou plusieurs fois par jour, conformément aux recommandations alimentaires de l'OMS.

Facteurs associés à une plus grande fréquence de consommation de légumes

Aucun modèle de consommation par pays ou région n'a été mis en évidence. Le principal prédicteur d'une consommation plus importante de légumes est le fait d'être une femme. En outre, les facteurs suivants étaient également associés à une plus forte fréquence de consommation de légumes :

  • Poids normal
  • Résidence au domicile familial
  • Perception du bonheur plus grande et moins de pression et de stress
  • IMC et pression artérielle plus faibles
  • Importance accordée à une alimentation saine
  • Connaissances en matière de nutrition
  • Niveau socio-économique supérieur
  • Stade ultérieur des études
  • Plus grande ouverture à de nouvelles expériences
  • Prise du petit déjeuner
  • Alimentation à faible densité énergétique
  • Niveau d'activité physique relativement élevé
  • Consommation faible d'alcool

Des politiques publiques innovantes et de nouvelles stratégies visant à encourager la consommation de légumes chez les étudiants sont nécessaires, en particulier pour cibler les sous-groupes qui en consomment peu, notamment les hommes et les personnes vivant en dehors du foyer familial.
Les recommandations pour une alimentation saine, mais également durable, s'appuient sur la consommation de légumes. Il est donc important d'adopter un comportement alimentaire positif afin de promouvoir des résultats bénéfiques pour la santé et le développement durable à l'échelle mondiale.

* United States Department of Agriculture

 

Vanessa Mello Rodrigues
Département de Nutrition - Université fédérale de Santa Catarina - BRÉSIL
Basé sur : Rodrigues VM et al. Vegetable Consumption and Factors Associated with Increased Intake among College Students: A Scoping Review of the Last 10 Years. Nutrients 2019;11:1634.

1.Stok FM et al. Understanding Eating Behavior during the Transition from Adolescence to Young Adulthood: A Literature Review and Perspective on Future Research Directions. Nutrients 2018,10, 667.
2. Bernardo GL et al. Food intake of university students. Rev. Nutr. 2017, 30, 847-865.
3.Hutchesson MJ et al. Health interventions for the prevention and treatment of overweight and obesity in adults: A systematic review with meta-analysis.
Obes. Rev.2015,16, 376–392.
4.World Health Organization. Fact sheets. In Noncommunicable Diseases, 1st ed.; World Health Organization: Geneva, Switzerland, 2018

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