N° 204 | janvier 2020

Consommation de fruits et légumes et dépression chez les adultes coréens

La dépression, un trouble de l'humeur qui comprend un sentiment d'inutilité, d'être dépassé et un manque de confiance1, est un trouble mental majeur et l'une des principales causes d'incapacité dans le monde. L'Organisation mondiale de la Santé estime sa prévalence à 4,3% dans le monde2.

En Corée du Sud, la prévalence de la dépression chez les adultes est estimée à 6,7 % en 2011 et est passée à 10,3 % en 20133.

Outre les causes connues de la dépression comme les facteurs biologiques, génétiques, psychologiques et environnementaux4, l’alimentation a depuis peu attiré l'attention pour son rôle potentiel dans cette maladie. En effet, les études ont montré qu’une alimentation saine, comme le régime méditerranéen (riche en fruits, légumes et huile d’olive), réduit les symptômes dépressifs5. Une étude récente en Asie du Sud a montré qu'une consommation inférieure à 5 portions de F&L par jour augmentait le risque de dépression6.

Etude auprès de 4 349 adultes coréens

Le but de cette étude est d'étudier l'association entre la consommation de F&L et la prévalence de la dépression chez 4 349 adultes coréens (299 dans le groupe dépressif et 4 050 dans le groupe non dépressif) qui ont participé à l'enquête nationale coréenne sur l'examen de la santé et de la nutrition (KNHANES, 2014). Le questionnaire d'auto-évaluation de la santé des patients a été utilisé pour évaluer la dépression. La méthode de rappel sur 24 heures a permis d'évaluer l'apport alimentaire, classé en 18 groupes alimentaires.

Les participants du groupe « dépression » étaient principalement :

  • des femmes (68,5 %) ;
  • âgés de 30 à 49 ans (31,4 %) ;
  • chômeurs (55,8 %).

À noter que la dépression était plus fréquente chez les participants ayant suivi des études supérieures (40,4 %) et dans les foyers aux revenus inférieurs (34,1 %).

Comportement alimentaire des participants en fonction de la dépression

Par rapport aux sujets non dépressifs, ceux souffrant de dépression ont révélé une consommation significativement plus faible de :

  • tous les aliments (groupe dépressif : 1453,2 g/ jour VS groupe non dépressif : 1650,7 g/ jour) ;
  • légumineuses et leurs produits (groupe dépressif : 26,8 g / jour VS groupe non dépressif : 39,3 g/ jour) ;
  • légumes non salés et salés (groupe dépressif : 291,2 g/ jour VS groupe non dépressif : 343,6 g/ jour) ;
  • fruits frais (groupe dépressif : 150,6 g/ jour VS groupe non dépressif : 190,8 g/ jour).

Ces participants sautaient plus souvent le déjeuner, présentaient une précarité alimentaire légère et mangeaient au restaurant 1 à 3 fois par mois.

Un apport plus élevé en F&L est associé à une diminution de la prévalence de la dépression

Le taux de dépression de tous les sujets se situait entre 4,7 et 8,7 %. Lorsque l'apport en F&L a augmenté, ce taux est passé de 6,4 à 2,5 % chez les hommes et de 11,4 à 6,6 % chez les femmes.

La consommation de F&L était inversement associée à la dépression sans ajustement. Lorsque les données ont été ajustées en fonction de l'âge, de l'apport énergétique, de l'obésité, du tabagisme, de la consommation d'alcool, du stress, de la fréquence des repas au restaurant, du petit-déjeuner et de la sécurité alimentaire, la dépression était également inversement associée à l'apport en F&L : les sujets ont présenté des taux de dépression significativement plus bas avec un apport en F&L plus élevé. Les sujets consommant davantage de  F&L affichaient des taux de dépression significativement inférieurs.

Par conséquent, les résultats de cette étude révèlent une association inverse entre la consommation de F&L et la dépression. Cependant, des études épidémiologiques supplémentaires sont nécessaires pour trouver les raisons sous-jacentes de cette association.

Se-young Ju
Faculté de biosciences alimentaires, université Konkuk, CORÉE DU SUD
Yoo Kyoung Park
Faculté de nutrition médicale, École supérieure de sciences médicales orientales-occidentales, université Kyung Hee, CORÉE DU SUD
  1. Suzuki T, et al. Japanese dietary pattern consistently relates to low depressive symptoms and it is modified by job strain and worksite supports. J Affective Disorders. 2013;150:490–8.

2. World Health Organization. Mental health action plan: 2013-2020. Available at: http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/89966/1/9789241506021_eng.pdf?ua=1. Accessed June 3, 2013.

3. Kim JH, et al. Relationship between dietary intake and depression in metabolic syndrome among Korean adults: Korea National Health and Nutrition Examination Survey. J Agric Med Community Health.2017;42:79–86

4. Lopresti AL, et al. A review of lifestyle factors that contribute to important pathways associated with major depression: diet, sleep and exercise. J Affective Disorders. 2013;148:12–27.

5. Rienks J, et al. Mediterranean dietary pattern and prevalence and incidence of depressive symptoms in mid-aged women:results from a large community-based prospective study. Eur J Clin Nutr.2012;67:75–82.

6. Bishwajit G, et al. Association between depression and fruit and vegetable consumptionamong adults in South Asia. BMC Psychiatry. 2017;17:151–9.

Retour Voir l'article suivant