N° 119 | avril 2012

Fruits & légumes et Santé : revue de littérature 2011

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Les résultats des études scientifiques des 5 dernières années sur les F&L confortent les preuves d’une association positive entre leur consommation et la santé. Elles relèvent des tendances encourageantes, comme un plus grand nombre d’études réalisées dans d’autres pays que les Etats Unis ou l’Union Européenne, qui montrent des bénéfices potentiels pour les populations de pays nonoccidentalisés. Beaucoup de chercheurs ont reconnu que les effets de l’association des composants nutritionnels et leurs interactions au sein des aliments sont difficiles à reproduire avec des composants isolés. C’est la consommation de F&L à l’état naturel qui est le plus souvent efficace.

Importance de la variété

De nouvelles études suggèrent que la variété des F&L consommés serait au moins aussi importante que leur quantité. Même si les recommandations, les professionnels de santé et les organisations préconisent une grande variété d’aliments pour une bonne alimentation, la plupart des études scientifiques ne s’intéressent qu’à la quantité consommée.

De nouveaux travaux, réalisés chez l’homme à partir des résultats d’études chez l’animal, suggèrent qu’une consommation accrue de F&L peut améliorer les performances cognitives des individus sains et des patients souffrant de troubles neuro dégénératifs. Des études prometteuses, analysant l’impact des F&L sur des mécanismes pathologiques comme l’inflammation et l’oxydation, permettent de mieux les comprendre. Les F&L exercent également un impact positif sur la fonction pulmonaire - surtout la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) – et sur l’atténuation des effets délétères des polluants atmosphériques sur le poumon.

Des données prometteuses mais encore incomplètes

Certaines études récentes ont montré que la consommation de F&L peut avoir un impact positif sur le contrôle du poids et les maladies associées comme le diabète et l’hypertension. Cette contribution est importante au moment où des stratégies efficaces de réduction du poids sont nécessaires à mettre en oeuvre.

Il existe des données prometteuses, mais incomplètes, concernant l’impact des F&L sur la masse osseuse.

Enfin, il reste encore beaucoup de travail pour déterminer l’impact direct des F&L sur la santé et pour confirmer les résultats préliminaires de leurs effets bénéfiques sur les maladies articulaires et oculaires.

Un certain nombre de grandes études prospectives ont été publiées. Leurs résultats ne confirment pas entièrement les résultats précédents d’études d’observation et cas témoins, en particulier pour les cancers et, à un degré moindre, les maladies cardiovasculaires. Même si elles portent sur de nombreux sujets, ces études ont d’importantes limites méthodologiques. Pour beaucoup, elles reposent sur des auto-questionnaires de fréquence alimentaire pour déterminer la consommation de F&L à intervalles périodiques, de 2 ans ou plus. Bien que la plupart des instruments d’évaluation aient été validés, il est possible qu’il y ait sur ou sous évaluation pour certains groupes d’aliments.

Homogénéiser les différentes approches

Des résultats inconstants sur l’effet des F&L sur le cancer, les maladies cardiovasculaires et la santé osseuse, sont également rapportés dans des méta-analyses et des études poolées récentes. Les auteurs reconnaissent que les études sur la consommation des F&L et la santé humaine sont très hétérogènes. Lors du regroupement des données, un certain nombre de postulats ont été émis afin d’homogénéiser les différentes approches d’évaluation nutritionnelle, les niveaux de stratification, les classifications de consommation de F&L et des quantités, les diverses mesures des résultats, les périodes d’évaluation et les différents types d’expositions aux F&L…

Encore beaucoup de questions à élucider

Il faut donc rester prudent dans l’interprétation des résultats de rapports récents et reconnaître qu’il y a besoin de travaux à venir bien conçus, soigneusement contrôlés, utilisant des approches standardisées parmi de multiples conditions et populations. S’il existe de nombreux mécanismes plausibles à l’origine des effets protecteurs des F&L, il reste encore beaucoup de questions à élucider sur l’importance de la variété, de la quantité, de la durée et la nature des effets des F&L sur les mécanismes pathologiques.

L’étude des F&L doit donc rester un secteur de recherche très actif pour confirmer qu’il existe bien un impact direct des F&L sur la santé humaine, et enrichir les données prometteuses déjà disponibles.


Le texte complet du rapport est disponible sur Internet :
http://www.pbhfoundation.org/pdfs/about/res/pbh_res/PBH_Health_Benefit_Review.pdf

Les données de cette revue de littérature ont été extraites d’articles scientifiques dans des revues à comité de lecture publiés entre le 1 juillet 2006 et le 5 janvier 2011, répertoriés dans les bases de données PubMed et Medline.

La recherche par mots clés incluaient les mots suivants, complets ou en partie : fruit(s), vegetable(s) (légume(s)), fruits and vegetables (fruits et légumes), et (par ordre alphabétique) : age (âge), aging (vieillissement), Alzheimer’s (maladie d’Alzheimer), arthritis (arthrite), asthma (asthme), bone (os), birth defects (maladies congénitales), body weight (poids corporel), brain (cerveau), cardiovascular disease (maladies cardiovasculaires), cataracts (cataractes), chronic obstructive pulmonary disease ( BPCO Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive), cognitive (cognitive), dermatological (dermatologique), diabetes (diabète), diverticulosis (diverticulose), eye (oeil), gastrointestinal (gastrointestinal), hypertension (hypertension), inflammation (inflammation), life span (durée de vie), longevity (longévité), neurodegenerative (neurodégénérative), obesity (obésité), oxidation (oxydation), skin (peau), weight (poids).

Dianne Hyson
Sciences de la Famille et de la Consommation, Université d’Etat de Californie, Sacramento, CA, USA
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