N° 203 | décembre 2019

Une application mobile pour augmenter la consommation de légumes chez les adultes en Australie

Les modèles alimentaires de mauvaise qualité, généralement caractérisés par une consommation insuffisante de fruits et légumes, sont l'un des facteurs de risque modifiables les plus importants pour les maladies non transmissibles (1). En dépit des preuves scientifiques des bienfaits pour la santé de la consommation de légumes, leur apport demeure faible (2,3). En Australie, 95 % des adultes ne respectent pas les apports recommandés (3). Même s'il est clair que la consommation de légumes devrait être augmentée, le comportement alimentaire est souvent difficile à modifier. Il est influencé par différents facteurs: à la fois individuels (volonté et motivation), à l'échelle du foyer (disponibilité et budget) et au niveau communautaire (accessibilité aux aliments frais et normes sociales) (4).

Les interventions de changement de comportement via un Smartphone peuvent être efficaces et bien acceptées grâce aux caractéristiques de ces appareils : de plus en plus omniprésents, ils permettent de diffuser des messages auprès des utilisateurs presque n’importe où et n’importe quand. Leur interactivité est particulièrement élevée. Ils fournissent les informations sous une forme participative et gratifiante et permettent d’obtenir rapidement des commentaires (5).

Cet article décrit la création théorique et le développement commercial d’une application mobile – VegEze - visant à améliorer la variété et la quantité de légumes consommés. Celle-ci a été conçue en s’appuyant sur la méthode scientifique IDEAS*.

Comportement cible : « Manger 3 légumes différents au dîner »

Moins de 4 % des adultes australiens ont une consommation de légumes suffisante pour respecter les directives alimentaires australiennes (3). Par ailleurs, les participants aux études affirmant consommer « systématiquement » 3 types de légumes différents le soir, avaient une consommation globale de légumes plus élevée et étaient plus susceptibles de respecter l'apport quotidien recommandé.  Par conséquent, le comportement cible initial était de « Manger 3 légumes différents au diner ».

Parmi les obstacles à l'augmentation de consommation de légumes, les participants ont cité des raisons en lien avec :

  • leurs capacités personnelles (37 %) : compétences en planification et en cuisine, savoir comment manger plus de légumes
  • leur motivation (33 %) : mieux se fixer des objectifs et prendre l’habitude de manger davantage de légumes
  • les opportunités (30 %) : avoir plus de temps et de facteurs déclenchants pour consommer des légumes en plus grande quantité

Comment les utilisateurs potentiels de cette application ont-ils accueilli l’objectif fixé ?

94 % à 99 % des 1 068 répondants (dont 84 % de femmes, âge moyen : 56 ans) ont déclaré qu'ils considéraient « important » ou « très important » de manger suffisamment et une grande variété de légumes quotidiennement. 93 % s’estimaient « susceptibles » ou « très susceptibles » d’atteindre régulièrement cet objectif cible.

Par ailleurs, 56 % étaient « intéressés » ou « très intéressés » par une application qui pourrait spécifiquement les aider à manger 3 légumes différents au dîner.

Les utilisateurs potentiels ont indiqué qu'ils attendaient comme fonctionnalités de l'application :

  • des recettes et idées de repas (82 % des utilisateurs) ;
  • un suivi de leur consommation de légumes (62 %) ;
  • des informations sur la préparation des légumes (51 %).

Une application fondée sur une technique de changement de comportement

Le suivi simple et rapide des variétés et des portions de légumes consommés était une caractéristique essentielle de l'application.

Une liste de 125 légumes a été créée pour sélectionner et enregistrer le type et la quantité de légumes consommés à chaque repas.  Trois types de notifications, dont un retour quotidien, ainsi que du contenu et des recettes, étaient envoyés aléatoirement 3 à 4 fois par semaine.

Efficacité et intuitivité de l’application

Après quelques jours d’utilisation de l'application, 69 % des répondants l'ont estimée utile. En outre, 81 % des utilisateurs ont trouvé l’expérience positive, et environ un tiers s’est dit prêt à utiliser l’application pendant 1 à 3 mois.

L’impact global de cette application sur la consommation quotidienne de légumes sera évalué à 21 et 90 jours dans le cadre d’une étude quantitative non contrôlée.

L’application VegEze devrait être téléchargée par plus de 5 000 personnes et atteindre une augmentation moyenne de la consommation de légumes de  ¼ à ½ portion par jour.

* Integrate, Design, Assess, and Share (Intégrer, Concevoir, Evaluer et Partager).

Gemma Williams
Santé et biosécurité, Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, Adelaïde, Australie
  1. World Health Organisation. 2018. Chronic diseases and health promotion
  2. Lee-Kwan SH. Centers for Disease Control and Prevention. 2017. Disparities in State-Specific Adult Fruit and Vegetable Consumption – United States, 2015
  3. Australian Bureau of Statistics. Canberra; 2016. Australian Health Survey: Consumption of food groups from the Australian Dietary Guidelines
  4. Office of Disease Prevention and Health Promotion. Chapter 3: Everyone Has a Role in Supporting Healthy Eating Patterns
  5. Mummah SA, et al. Iterative development of Vegethon: a theory-based mobile app intervention to increase vegetable consumption. Int J Behav Nutr Phys Act 2016 Aug 8; 13(90):90.
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