N° 147 | novembre 2014

Données récentes Antioxydants et consommation de F&L

Édito

Antioxydants et consommation de fruits & légumes : une mise à jour

Des études en cours ont établi de manière consensuelle les relations entre l’alimentation et la santé. Elles soulignent le rôle bénéfique des fruits et légumes (F&L) dans la réduction des risques de différentes maladies (cancers, ostéoporose, glaucome, pathologies liées à l’obésité) et dans l’amélioration des fonctions biologiques (réponse vasculaire, tension artérielle, force de préhension, immunité).

Les F&L sont perçus comme source de molécules bioactives, comme les fibres, les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, et les phytomicronutriments – telles que les caroténoïdes et plus récemment les polyphénols. Puisque le stress oxydant est associé à la pathogenèse de ces maladies et, qu’en grande majorité ces molécules peuvent potentiellement augmenter la capacité antioxydante de l’organisme, il a été suggéré que l’équilibre oxydant-antioxydant serait source des bénéfices par les F&L.

Cependant, de nombreuses études sur le potentiel santé de ces composés bioactifs étaient basées sur des modèles expérimentaux, éloignés des conditions physiologiques du métabolisme humain et par une administration pharmacologique, non alimentaire, éloignée des conditions alimentaires usuelles. Il en résulte qu’aucune des études cliniques administrant des substances bioactives hors de leur matrice alimentaire d’origine n’a prouvé leur effi cacité thérapeutique chez des individus à risque. Ils augmenteraient même la mortalité comme dans l’étude ATBC (Alpha-Tocopherol Beta-Carotene Cancer Prevention) et l’étude CARET (Carotene And Retinol Effi cacy Trial).

Ainsi, les relations causales entre les F&L et la santé ne peuvent pas être reliées aux propriétés biologiques de chaque nutriment contenu dans leur matrice, mais plutôt au mélange complexe avec des interactions entre eux et des interactions avec d’autres métabolites, dépendant aussi de l’alimentation et du mode de vie des individus.

Heureusement, l’approche expérimentale des systèmes complexes est de plus en plus accessible, grâce aux technologies à haut débit ou technologies « omiques » avec des résultats d’ores et déjà convaincants. Ainsi, les approches « métabolome alimentaire » ou celles défi nies comme « nutrition personnalisée » – apporteront une vision holistique de l’intérêt des F&L dans la prolongation des « années de vie saine » des consommateurs.

Edmond Rock
Institut National de la Recherche Agronomique Unité de Nutrition Humaine, UMR 1019 Centre Clermont-Theix - FRANCE
Voir l'article suivant