Aprifel appelle à un meilleur encadrement du marketing alimentaire pour enrayer l’épidémie d’obésité

1 avril 2021
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Comme l’a souligné la conférence EGEA 2018, le marketing alimentaire est omniprésent et influence le comportement alimentaire. Il affecte notamment les groupes vulnérables comme les jeunes enfants. La plus grande part du budget affecté au marketing alimentaire est consacrée aux aliments à forte teneur énergétique, riches en sel, en sucre et en matières grasses. Cet environnement alimentaire de mauvaise qualité est qualifié « d’obésogène » car il est favorable au surpoids et à l’obésité. Dans le contexte de l’épidémie actuelle d’obésité et de maladies chroniques associées, Aprifel appelle à transformer notre environnement afin de favoriser des choix alimentaires plus sains et durables.

Depuis 1975, le nombre de personnes touchées par l’obésité dans le monde a été multiplié par trois (OMS). La consommation excessive d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle - aliments à forte densité énergétique et faible densité nutritionnelle (riches en lipides, sel, et/ou sucres) - et un manque d'activité physique ont particulièrement contribué au développement de cette maladie. Ces comportements individuels dépendent plus largement de l’environnement alimentaire et sociétal dans lequel nous évoluons : qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire, prix et disponibilité de l’offre alimentaire, marketing au sens large (packaging, publicité, promotion etc.), mais aussi l’accessibilité aux installations sportives ou de loisirs, aux espaces verts ou aux parcs, ainsi qu’aux infrastructures de transport et d’aménagement du territoire…
Comme l’a souligné la conférence EGEA 2018, faire changer les habitudes alimentaires nécessite une action globale et concertée pour que le choix le plus sain devienne le choix le plus simple et accessible pour les individus. Dans cet objectif, l’encadrement du marketing alimentaire est l’un des principaux leviers.

Les enfants et adolescents particulièrement vulnérables au marketing alimentaire

L’influence du marketing alimentaire sur les choix alimentaires est clairement établie scientifiquement. Les stratégies promotionnelles de l’industrie alimentaire pour encourager la consommation d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle ont été identifiées comme un facteur clé de l’épidémie d’obésité.
D’après les connaissances actuelles (OMS Europe), le marketing pour les produits gras, sucrés, salés est associé, chez les enfants et les adolescents, à :

  • des attitudes plus positives à l’égard de ces aliments;
  • une augmentation des préférences gustatives pour les produits publicisés;
  • une augmentation globale de la préférence pour les produits gras, sucrés, salés;
  • une pression plus forte auprès des parents pour acheter ces aliments;
  • une augmentation de leur apport énergétique et une consommation plus faible de produits favorables à la santé;
  • un poids plus élevé.

Encadrer le marketing alimentaire, notamment à destination des plus jeunes

Face à ce constat, les autorités sanitaires internationales recommandent, depuis une dizaine d’année, une réduction du marketing sur la commercialisation de ces aliments à destination des enfants. Cette mesure est également préconisée par différentes instances en France (Inserm, Haut conseil de santé publique, Inspection générale des affaires sociales), dans le rapport 2019 de la Cour des comptes sur la prévention et la prise en charge de l’obésité, ainsi que celui de Santé Publique France sur l’évaluation de l’exposition des enfants et adolescents aux publicités pour les produits alimentaires. L’OMS Europe a également tiré la sonnette d’alarme dans un rapport publié en 2019 et préconise un encadrement accru du marketing numérique en faveur des produits malsains.
D’après le récent rapport de Santé Publique France, plus de la moitié des publicités vues par les enfants et les adolescents concernent des aliments gras, salés, et/ou sucrés. L’agence publique recommande ainsi l’interdiction de la publicité pour les produits alimentaires de faible qualité nutritionnelle (Nutri-Score D et E) durant les tranches horaires où le plus grand nombre d’enfants et d’adolescents regardent la télévision ou surfent sur internet. Cette recommandation s’inscrit dans la lignée des conclusions des conférences EGEA visant à rendre le système alimentaire plus sain. Pour rappel, aujourd’hui et depuis janvier 2018, seule la loi du 20 décembre 2016 abolit la publicité alimentaire uniquement pendant les programmes jeunesse des chaînes de télé publiques.

Renforcer l’information et encadrer davantage le marketing alimentaire

Aprifel appelle à ce que des actions soient mises en œuvre pour lutter contre l’obésité et rappelle ses principales recommandations à propos de l’environnement alimentaire, notamment du marketing et de la publicité :

  • Soutenir des espaces d’informations sur les bénéfices des produits frais, notamment fruits et légumes, dans les médias publics
  • Etablir des réglementations sur le marketing des produits alimentaires à destination des enfants afin de promouvoir une alimentation plus saine
  • Favoriser l’intervention de professionnels de la santé et de la nutrition dans les écoles afin de déployer une pédagogie sur une alimentation saine et durable

En savoir plus :

 

 

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