N° 194 | février 2019

Effet protecteur des F&L sur la santé : une très vaste méta analyse le confirme

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Maladies cardiovasculaires et respiratoires (MCV), cancers et diabète de type 2 (DT2) sont à l’origine de plus de 80% de la mortalité prématurée par pathologies
non transmissibles. Une alimentation pauvre en F&L en est en grande partie responsable. Les F&L sont des composants essentiels d’une alimentation saine et protectrice. En consommer au moins 400 g / j est une priorité pour les organisations internationales de santé.

En 2016, une étude a évalué que 2 361 200 morts dans le monde sont liées à une faible consommation de fruits et 1 519 650 à une faible consommation
de légumes.

Des centaines d’études épidémiologiques ont évalué les associations entre la consommation de F&L et les maladies chroniques.

Afin de mieux préciser ces associations directes « F&L / pathologies» et d’estimer les risques statistiques, une méta analyse récente fait le point sur toutes les méta analyses publiées.

Après une sélection rigoureuse, 64 rapports publiés entre 2000 et 2017 ont été inclus dans la revue finale. Parmi 98 maladies à risque analysées, 56 ont été retenues pour la significativité des résultats.

53 présentaient des associations négatives avec la consommation de F&L. Parmi ces dernières, 19 étaient associées avec la consommation de fruits seuls, 21 avec les légumes et 13 avec la combinaison F&L. 3 seulement présentaient des associations positives dont 2 concernaient les fruits en conserve et 1 les «légumes marinés».

Consommation de fruits :

  • Concernant les apports en fruits seuls, 4 relations linéaires dose-réponse pour les «meilleures estimations identifiées» ont été mises en évidence.
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de fruit, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de :

    • 44% pour le cancer de l’oesophage
    • 28% pour les cancers de la bouche, du pharynx et du larynx
    • 9% pour le cancer du poumon
    • 3% pour l’HTA
  • 7 relations non linéaires ont été retrouvées :
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de fruit, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de:

    • 14% pour les AVC
    • 11% pour la mortalité toutes causes
    • 10% pour les MCV
    • 9% pour le DT2
    • 9% pour la maladie coronaire
    • 3% pour le cancer colo rectal
    • 2% pour le cancer

Par rapport à de faibles consommations de fruits, des consommations élevées ont été associées négativement à 8 pathologies :

Pathologie Réduction du risque
Maladie de Crohn 43%
Asthme sévère 39%
Cancer nasopharyngé 34%
Rectocolite hémorragique 31%
Cancer du pancréas 28%
Syndrome métabolique 19%
Dépression 14%
Respiration sifflante 6%

Consommation de légumes seuls :

  • 4 relations linéaires dose-réponse pour la consommation de légumes ont été identifiées :
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de légumes, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de:

    • 12% pour le cancer du rein
    • 11% pour le lymphome non Hodgkinien
    • 6% pour le cancer du poumon
    • 5% pour la mortalité CV
  • 5 associations non linéaires ont été mises en évidence :
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de légumes, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de :

    • 14% pour les maladies coronaires
    • 13% pour la mortalité toutes causes
    • 12% pour les AVC
    • 7% pour les MCV
    • 4% pour le cancer

Les augmentations les plus évidentes en terme d’associations protectrices ont été observées pour les premiers 300 g/j de légumes (au-delà, l’effet était moins net).
Par rapport à de faibles consommations de légumes, des consommations élevées ont été associées négativement à 10 pathologies :

Pathologie Réduction du risque
OEsophage de Barett 55%
Cancer de la bouche, du pharynx, larynx 50%
Cancer nasopharyngé 40%
Rectocolite hémorragique 29%
Cancer du pancréas 28%
Cancer du foie 22%
Dépression 11%
Fracture de hanche 11%
Syndrome métabolique 11%
Prévalence de l’asthme 5%

Consommation combinée de F&L :

  • 5 relations linéaires dose- réponse pour la consommation de F&L ont été identifiées:
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de F&L, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de:
  • 7% pour la mortalité CV
  • 4% pour les maladies coronaires
  • 4% pour le cancer du poumon
  • 4% pour le cancer du rein
  • 1% pour l’HTA
  • 4 associations non linéaires ont été trouvées :
    Pour chaque augmentation de 100 g/j de F&L, les relations doses réponses en terme de réduction du risque étaient de:
  • 8% pour la mortalité toutes causes
  • 7% pour les AVC
  • 4% pour les MCV
  • 2% pour le cancer

Les augmentations les plus évidentes en terme d’associations protectrices ont été observées pour les premiers 300 g/j de F&L (au-delà, l’effet était moins net).

Par rapport à de faibles consommations de F&L, des consommations élevées ont été associées à des réductions de risques de:

  • 67% pour le cancer nasopharyngé
  • 25% pour le syndrome métabolique
  • 21% pour les troubles cognitifs

Des recommandations renforcées

Dans cette méta analyse, 56 risques de maladies associées à la consommation de fruits et/ou de légumes ont été identifiés, à la fois avec des associations linéaires et non linéaires. Selon les auteurs, la réduction de risque la plus marquée se voit surtout pour une augmentation de consommation de 300 g /j. Cette augmentation permettrait de réduire de 10 à 30% le risque de pathologies lourdes.

En outre, même si une réduction du risque de 2% de cancer par toute augmentation de 100 g/j de fruits peut sembler modeste, il faut se souvenir que le cancer est la seconde cause de mortalité dans le monde et que cette réduction est substantielle en termes de santé publique.

Ces conclusions renforcent la nécessité d’augmenter la consommation globale de F&L et sont autant utiles au grand public qu’au non spécialistes.

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
D’après : C. S. C. Yip et al, The association of fruit and vegetable intakes with burden of diseases: a systematic review on Meta-Analyses, J of The Ac of Nut end Diet. 2019, in press, pp 1-18
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