N° 194 | février 2019

Une forte consommation de légumes est associée à un plus faible risque d’ostéoporose chez la femme ménopausée

Télécharger Imprimer

L’ostéoporose - maladie chronique caractérisée par une faible densité minérale osseuse (DMO) et une détérioration de la microstructure du tissu osseux - est un problème de santé fréquent chez les personnes âgées. Elle touche jusqu’à 55 % des plus de 55 ans ¹. Les études montrent que les femmes ménopausées voient leur masse osseuse diminuer de 40-50 % suite aux modifications hormonales ². Une alimentation à base de légumes, en plus des fruits, céréales et autres aliments d’origine végétale, pourrait représenter un facteur de protection contre ce phénomène ³. Si de nombreuses études ont évalué le lien entre une alimentation à base de légumes et le risque d’ostéoporose chez la femme ménopausée, les résultats restent contradictoires. Afin de mieux évaluer cette relation entre une alimentation à base de légumes et le risque d’ostéoporose chez la femme ménopausée, une équipe de chercheurs chinois a réalisé une méta-analyse de la littérature.

Cette analyse a porté sur 10 articles (4 études cas-témoins et 6 analyses transversales) publiés entre 2016 et 2018 et a inclus 14 247 sujets de 55 ans ou plus.

Les odds ratios (ORs) avec un intervalle de confiance de 95 % ont été calculés.

Une réduction du risque d’ostéoporose de 27 % chez les femmes ménopausées consommant le plus de légumes

D’après ces 10 études, le risque d’ostéoporose est inférieur de 27 % chez les femmes ménopausées qui consomment le plus de légumes, comparativement aux femmes qui en mangent le moins.

L’analyse des études cas-témoins a montré des bénéfices significatifs (OR= 0,61), contrairement aux analyses transversales (OR = 0,82).
Lorsque les analyses de sous-groupes étaient stratifiées en fonction du site touché par l’ostéoporose, des résultats positifs sont apparus dans les résultats groupés de :

  • 2 études ayant mesuré l’ostéoporose dans la région fémorale (OR= 0,57) ;
  • 3 études ayant mesuré l’ostéoporose dans le rachis lombaire (OR = 0,55).

En revanche, les 2 études concernant la région calcanéenne et la région lombaire et/ou fémorale n’ont montré aucun résultat positif (OR respectifs = 0,85 et 1,04).

Les analyses de sous-groupes ont également été stratifiées selon la méthode d’investigation de l’ostéoporose. La réduction du risque d’ostéoporose associée à la consommation de légumes était significative dans 8 études ayant utilisé l’ostéodensitométrie (ou DEXA) comme outil de mesure. Au contraire, les 2 études ayant utilisé l’échographie quantitative standardisée n’ont montré aucune association significative.

Par quel processus une alimentation à base de légumes protège-t-elle de l’ostéoporose ?

Les régimes à base de légumes contiennent différents polyphénols, en particulier des flavones qui stimulent un mécanisme régulateur impliquant l’ostéoprotégérine (OPG) - un puissant inhibiteur de la résorption osseuse - qui joue un rôle bénéfique sur le métabolisme osseux en inhibant la genèse des ostéoclastes et la résorption osseuse 4.

Une alimentation à base de légumes est également une source importante de potassium et magnésium, qui diminuent la charge acide alimentaire, ce qui stimule le fonctionnement des ostéoblastes, tout en inhibant l’activité des ostéoclastes. Cette action augmente ainsi la formation osseuse et réduit la résorption osseuse 5.

Par ailleurs, les régimes à base de légumes sont riches en vitamine C, vitamine K et d’autres nutriments, dont le rôle a été prouvé dans la synthèse de la matrice osseuse, et qui contribuent également à l’économie osseuse 6. Globalement, cette méta-analyse confirme qu’une forte consommation de légumes est associée à un plus faible risque d’ostéoporose chez la femme ménopausée.

Basé sur : Zeng LF, et al. Can increasing the prevalence of vegetable-based diets lower the risk of osteoporosis in postmenopausal subjects? A systematic review with meta-analysis of the literature. Complement Ther Med. 2019
  1. Boonen S, et al. Osteoporosis and osteoporotic fracture occurrence and prevention in the elderly: A geriatric perspective. Best Pract Res Clin Endocrinol Metab. 2008;22:765–785.
  2. Delaney MF. Strategies for the prevention and treatment of osteoporosis during early postmenopause. Am J Obstet Gynecol. 2006;194:12–23.
  3. Trzeciakiewicz A, Habauzit V, Horcajada MN. When nutrition interacts with osteoblast function: Molecular mechanisms of polyphenols. Nutr Res Rev. 2009;22:68–81.
  4. Chen XW, Garner SC, Anderson JJ. Isoflavones regulate Interleukin-6 and osteoprotegerin synthesis during osteoblast cell differentiation via an estrogen-receptor-dependent pathway. Biochem Biophys Res Commun. 2002;295: 417–422.
  5. New SA. Intake of fruit and vegetables: Implications for bone health. Proc Nutr Soc. 2003; 62: 889–899.
  6. Tucker KL. Osteoporosis prevention and nutrition. Curr Osteoporos Rep. 2009; 7: 111–117.
Retour Voir l'article suivant