N° 196 | avril 2019

L’OMS Europe appelle à un encadrement accru du marketing numérique en faveur des produits malsains

L’OMS Europe appelle à un encadrement accru du marketing numérique en faveur des produits malsains

Alcool, tabac, aliments trop gras, salés ou sucrés… Alors que les effets néfastes de ces produits sur la santé ne sont plus à démontrer, leur promotion, notamment auprès des plus jeunes ne faiblit pas. Une situation qui risque d’empirer du fait de l’augmentation du temps passé en ligne et des possibilités de promotions personnalisées offertes par les téléphones mobiles. Dans un rapport publié en mars dernier, l’OMS Europe tire la sonnette d’alarme et appelle à un meilleur encadrement de la publicité pour les produits malsains ciblant les enfants et les adolescents.

La consommation de produits nutritionnellement malsains (riches en sel, sucres et/ou gras), de tabac et d’alcool sont des facteurs de risque majeurs pour les
maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, les cancers ou l’obésité. En agissant dès le plus jeune âge sur ces facteurs de risque, ces maladies pourraient en grande partie être prévenues.

Ainsi, la promotion de ces produits est réglementée dans de nombreux pays, en particulier pour les enfants et les adolescents. C’est par exemple le cas en France avec la Loi Evin qui encadre la publicité pour le tabac et l’alcool ou l’interdiction de la publicité dans les programmes destinés aux enfants de moins de 12 ans sur les chaînes du service public.

Les enfants de plus en plus exposés

Dans un rapport publié en mars dernier, l’OMS Europe tire la sonnette d’alarme. Malgré les réglementations et engagements existants, les enfants et les adolescents restent une cible régulière des publicités pour les produits malsains.

Selon le Dr. João Breda, directeur du Bureau européen de l’OMS pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles : « Le plus préoccupant est que, près de 10 ans après les recommandations de l’OMS sur la publicité ciblant les enfants, ces derniers restent fortement exposés au marketing en ligne pour des
produits alimentaires peu sains, le tabac et l’alcool ».
Selon les travaux du groupe d’experts sur lequel se base ce rapport, cette situation est liée au fait que les enfants passent de plus en plus de temps sur internet. Avec le développement des réseaux sociaux et les possibilités de promotions personnalisées, offertes par la géolocalisation des téléphones mobiles, cette situation risque d’empirer.

Surveiller et encadrer le marketing numérique pour protéger les enfants

Pour y remédier, l’OMS Europe appelle les gouvernements à mieux surveiller et encadrer le marketing numérique ciblant les enfants. Afin d’aider la mise en place de politiques publiques en la matière, le rapport met à disposition des Etats un outil destiné à évaluer l’ampleur de l’exposition des enfants au marketing numérique. Baptisé « CLICK », cet outil adaptable au contexte de chaque pays permettra également de disposer de données standardisées permettant des comparaisons entre Etats-Membres.

En complément, le rapport propose un état des lieux des :

  • Stratégies existantes en matière de marketing numérique,
  • Défis occasionnés par les pratiques actuelles,
  • Options de politiques publiques pour la mise en place de réglementations.

Faire changer l’environnement alimentaire pour améliorer la santé

Ce rapport va dans le sens des conclusions de la conférence EGEA 2018 qui appelle à une révision des systèmes alimentaires pour garantir la santé de
l’homme et de la planète. A l’heure actuelle, les signaux envoyés dans de nombreux environnements alimentaires n’encouragent pas des choix compatibles avec une alimentation saine. Les campagnes nationales d’information (affiches, télévision, radio...) soulignant l’importance d’une alimentation saine, riche en fruits et légumes demeurent encore trop sporadiques face aux puissantes activités de marketing consacrées aux aliments ultra-transformés.

Rapport WHO/Europe – “Monitoring and restricting digital marketing of unhealthy products to children and adolescents” (2019)
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