N° 151 | mars 2015

Programme Internet pour promouvoir la santé des adolescentes et de leurs mères vivant en HLM : focus sur la consommation de F&L et l’activité physique

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Les adolescentes vivant dans des logements publics subventionnés ont plus de risque de santé à cause de leur statut socio-économique. Notre étude a examiné un court programme sur internet* impliquant la famille dans la promotion de la santé. Les cibles étaient l’usage de drogues, l’activité physique et la nutrition, chez les adolescentes âgées de 10 à 12 ans résidant dans des HLM.

Nous avons étudié 67 paires mère–fille, randomisées en « groupe intervention » ou « groupe témoin ». Les filles et les mères ont enregistré chacune de leur coté les données de départ sur internet.

3 sessions de promotion de la santé sur un site internet sécurisé

Les paires assignées au groupe Intervention ont complété 3 sessions de promotion de la santé sur un site internet sécurisé :

  • La Session 1 a ciblé l’écoute active, la communication et les avantages des repas pris en famille.
  • La Session 2 a encouragé le dialogue mères–filles qui ont discuté des drogues et de leurs connaissances. Les mères ont appris à fi xer des règles et à les faire respecter. Les paires ont appris des stratégies pour prendre des décisions saines et économiques dans les magasins d’alimentation et comment cuisiner des repas sains.
  • La Session 3 a porté sur les stratégies de gestion. En se basant sur une liste de facteurs de stress, refl étant les diffi cultés à habiter dans des HLM, les paires ont identifié différentes sources de stress et partagé des informations à ce sujet. Les mères et leurs fi lles ont également été exposées à une méthode de résolution de problèmes en 5 étapes.

Les paires du groupe témoin n’ont reçu aucun document d’intervention.Toutes les paires ont rempli les mesures de suivi post-test et 5 mois après.

Dans cet article, nous nous focaliserons sur l’évolution de la consommation de fruits et légumes et de l’activité physique, avant et après le programme de promotion.

Évaluation de la consommation de F&L et de l’activité physique

La consommation de fruits et légumes a été évaluée en utilisant les 21 critères du questionnaire des fréquences alimentaires chez les jeunes et les adolescents (Youth and Adolescent Food Frequency questionnaire). Les mères et les filles ont rapporté leur consommation de certains aliments (entre « 0 fois par semaine » = 1 et « plus de 7 fois par semaine »= 6) – Tableaux 1 et 2.

L’activité physique a été évaluée par les 12 critères de l’Enquête Kaiser sur l’Activité Physique. Huit critères évaluaient les activités typiques que les fi lles et les mères pratiquaient chaque semaine. Pour ces 8 critères, elles ont donné une note sur une échelle de Likert en 5 points (entre « 0 fois par semaine » = 1 et « plus de 7 fois par semaine » = 6). Les quatre autres critères évaluaient le nombre d’heures passées à des activités sédentaires comme « regarder la télé » ou « surfer sur Internet » (« moins de 1 », « 1 », « 2 », « 3 », ou « plus de 3 h par semaine ») - Tableaux 1 et 2.

Augmentation de la consommation de légumes et l’activité physique chez les mères ayant participé au programme internet de promotion de la santé

En période post-test, et comparé au groupe témoin, les filles et les mères qui avaient participé au programme pour promouvoir la santé notaient plus de dialogue mère-fille. Les filles du groupe d’intervention rapportaient également plus de contrôle parental. Les mères du groupe d’intervention signalaient un rapprochement avec leurs filles, une consommation accrue de fruits et légumes et une augmentation de leur activité physique.

Augmentation de la consommation de fruits chez les filles ayant participé au programme internet de promotion de la santé

5 mois après, les résultats en termes d’interactions avec le temps, ont montré que les filles participant à l’intervention avaient plus de dialogue mère-fille, de relations rapprochées, une consommation accrue de fruits, un moindre stress psychosocial et plus des stratégies pour refuser les drogues que les filles qui avaient participé au groupe témoin. Les filles et les mères ayant participé au groupe d’intervention signalaient plus de contrôle parental.

Ces résultats suggèrent qu’un bref programme de promotion de la santé sur internet chez ces filles et leurs mères peut entraîner des améliorations relativement pérennes au niveau des comportements liés à la santé, des facteurs de risque et des facteurs de protection. Les filles et leurs mères ont amélioré leurs scores de communication, de rapprochement et de contrôle parental. Les filles ont augmenté leur consommation de fruits frais et leurs mères ont augmenté leur activité physique et leur consommation de légumes.

* Les interventions sur internet conviennent idéalement aux demandes susmentionnées des programmes de promotion de la santé. Elles sont diffusées sur une plateforme familière aux adolescents et à leurs parents, peuvent varier selon les cultures et ne nécessitent pas de personnel formé. Les programmes sur internet réduisent les problèmes logistiques dus aux interventions impliquant des familles car les parents peuvent participer à l’intervention à la maison.

Traci M. Schwinn
Ecole d’Assistance Sociale de l’Université Columbia, New York, USA
collaborateurs
Schwinn TM, Schinke S, Fang L, Kandasamy S, A web-based, health promotion program for adolescent girls and their mothers who reside in public housing, “Addict Behav, 2014 Apr;39(4):757-60.
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