N° 193 | janvier 2019

Relation entre impacts environnementaux et qualité de l’alimentation individuelle

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Les choix alimentaires d’un individu ont à la fois un impact sur l’environnement ¹ et sur la qualité de son régime ². Peu de données existent sur la relation entre ces deux éléments ³. Nous avons étudié comment les choix alimentaires individuels sont influencés par les préférences, le sexe et la culture et quels sont leur influence sur l’environnement et la consommation de nutriments.

Relation entre impacts environnementaux et consommation alimentaire chez 1400 sujets

Nous avons comparé les impacts environnementaux (changement climatique, empreinte de la rareté de l’eau et perte de biodiversité) de la consommation alimentaire de 1400 personnes en Europe, avec leur consommation quotidienne de nutriments à partir des données de l’étude Food4Me 4. En général les apports énergétiques sont corrélés avec les impacts environnementaux, en particulier le changement climatique et l’empreinte de la rareté de l’eau. La relation est moins claire entre apports nutritionnels sains et impacts environnementaux. Les personnes consommant des aliments sains exercent un impact sur le changement climatique variant entre 4 et 20 kg équivalent CO2 par jour. Les personnes ayant à la fois des apports nutritionnels sains et des impacts inférieurs à la moyenne (moins de 6,1 kg équivalent CO2 par jour) ont tendance à consommer moins de viande, de produits laitiers et de sucreries. Des apports élevés en nutriments déconseillés (matières grasses saturées, sucre et sel) sont corrélés à l’augmentation des impacts sur le changement climatique.

Différences entre les modèles alimentaires, les sexes et les pays

En moyenne, les impacts par kilocalorie produits par les femmes sont plus faibles que ceux des hommes. Cela est lié à leur consommation plus faible de viande rouge (qui a des impacts environnementaux plus élevés que d’autres aliments 5) et plus importantes de F&L que les hommes.

Les végétariens ont des impacts plus faibles que la moyenne mais ne consomment pas suffisamment de nutriments bénéfiques. Les régimes dans lesquels aucune viande rouge n’est consommée ont des impacts plus faibles tout en conservant une consommation d’éléments nutritifs bénéfiques dans la moyenne.

On constate de grandes différences entre les pays en termes d’impacts ou de consommation d’éléments nutritifs. Une alimentation à fort impact ne correspond pas nécessairement à des apports nutritifs élevés. De même de tels apports n’ont pas forcément des impacts statistiquement élevés.

Les apports de légumes et céréales devraient augmenter respectivement de 60 % et 65 %

Sur la base des habitudes alimentaires de la population étudiée, pour parvenir à un régime de bonne qualité (associant un apport nutritionnel bénéfique suffisant et un faible apport de nutriments déconseillés) tout en exerçant un faible impact environnemental, les apports de viande, sucreries, matières grasses et boissons devraient diminuer entre 37 et 66 % et les apports de légumes et céréales augmenter respectivement de 60 et 65 %. Les études montrent que la réduction des impacts est plus limitée, mais toujours possible, chez les personnes ayant déjà une alimentation de bonne qualité. En moyenne, leur impact sur le changement climatique est de 5,1 kg équivalent CO2. Les impacts des sujets consommant une alimentation de qualité médiocre (riche en nutriments déconseillés) ont tendance à être plus élevés que la moyenne (8,6 kg équivalent CO2).

Ces derniers devraient faire des efforts, à la fois sur la réduction de leur consommation de plusieurs groupes d’aliments (viandes, sucreries, boissons...) et sur l’augmentation de leur consommation de F&L et céréales. Ainsi, ils réduiraient non seulement leurs impacts sur l’environnement mais auraient également une alimentation de meilleure qualité nutritionnelle.

Christie Walker
Institut d’ingénierie de l’environnement, ETH (École polytechnique fédérale) de Zurich, SUISSE
Walker, C., Gibney, E., Hellweg, S. (2018). Comparison of Environmental Impact and Nutritional Quality among a European Sample Population – findings from the Food4Me study. Sci. Rep. 8, Article number: 2330
  1. Tukker, A. et al. Environmental impacts of changes to healthier diets in Europe. Ecol. Econ. 70, 1776–1788 (2011).
  2. WHO/FAO. Globalization, Diets and Noncommunicable Diseases. World Heal. Organ. 1–185 (2003). doi:9241590416
  3. Heller, M. C., Keoleian, G. A. & Willett, W. C. Toward a life cycle-based, diet-level framework for food environmental impact and nutritional quality assessment: A critical review. Environ. Sci. Technol. 47, 12632–12647 (2013).
  4. Celis-Morales, C., Livingstone, K. M. & Marsaux, C. F. M. Design and baseline characteristics of the Food4Me study: a web-based randomised controlled trial of personalised nutrition in seven European countries. Genes Nutr. 10, (2015).
  5. Westhoek, H. et al. Food choices, health and environment: Effects of cutting
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