N° 83 | décembre 2008

Fruits & légumes et immigration

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Édito

Les immigrés jouent un rôle économique vital dans leur pays d’accueil et en élargissent la diversité culturelle. Ils y encouragent le développement économique et les changements sociaux, mais souvent en modifiant leurs habitudes de vie et leur alimentation. De nombreux immigrés ont un faible niveau socio-économique, un travail peu rémunéré, avec des horaires irréguliers, par roulement ou décalés, ce qui entraîne une mauvaise alimentation et de mauvaises habitudes de vie. Ainsi, on rapporte des risques de maladies liées à l’alimentation, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension, plus élevés chez les immigrés originaires d’Asie du Sud-Est, d’Afrique et des Caraïbes que chez les Caucasiens.

Les habitudes alimentaires diffèrent considérablement entre les immigrés. Cependant, la majorité modifie ses habitudes alimentaires en associant certaines composantes de leur alimentation traditionnelle à des composantes – moins saines – de l’alimentation occidentale. Ces habitudes alimentaires mixtes touchent en premier lieu les jeunes générations, chez lesquelles les boissons sucrées, chips, barres chocolatées et plats préparés remplacent souvent les fruits, les légumes et les céréales. Chez les immigrés, si l’âge et la génération sont les principaux facteurs expliquant les modifications alimentaires, d’autres comme le niveau de revenus, l’éducation, les lois, la religion et les croyances alimentaires, ont également un impact.

Plusieurs facteurs limitent la bonne compréhension du déclin de l’état de santé chez les immigrés comme la fiabilité des relevés de consommation alimentaires et des causes de morbidité et de mortalité (souvent basées sur quelques études portant sur des échantillons de petite taille). Dans l’attente de données plus consistantes, les conseils nutritionnels axés sur les bénéfices de l’alimentation traditionnelle devraient se focaliser sur les céréales, les légumes secs, les fruits et les légumes verts.

Santosh Kohkhar
Université de Leeds, Royaume-Uni
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