N° 101 | septembre 2010

Alimentation « obésogène » et activité physique sont ils indépendants ou associés chez les adolescents ?

L’obésité résulte d’un écart entre les apports et les dépenses énergétiques 1. Consommer des aliments à forte densité énergétique est associé à une augmentation de l’IMC 2-3 alors que la consommation de Fruits et Légumes (F&L) 4 est liée à une diminution de l’IMC. En outre, la pratique d’une activité physique régulière est généralement associée à des comportements alimentaires sains 5.

Objectif de notre étude : évaluer l’association entre l’activité physique et les comportements alimentaires potentiellement « obésogènes » chez les adolescents Britanniques.

Les 5 000 Adolescents de l’étude ALSPAC

L’étude Longitudinale Avon des Parents et des Enfants (ALSPAC - The Avon Longitudinal Study of Parents and Children) 6 est une étude de cohorte de naissances qui a inclus plus de 14 000 femmes enceintes et a suivi leurs nouveaux nés. Les adolescents (n=5.134) inclus dans notre étude sont les enfants nés de ces femmes.

A l'âge de 10 ans, ils ont répondu à un questionnaire alimentaire portant sur une journée. On a ainsi estimé la consommation calorique quotidienne et les sources d’énergie (matières grasses ou hydrates de carbone), ainsi que la consommation de F&L (hormis les jus, les pommes de terre et les féculents).

A l’âge de 11 ans, les adolescents ont porté un accéléromètre pendant une semaine ce qui a permis d’évaluer leur activité physique (Compte Par Minute ; Activité Physique d’Intensité Modérée à Vigoureuse).

Des différences de consommation alimentaire en fonction du sexe Première constatation : on note une différence en termes de consommation alimentaire en fonction du sexe (Tableau 1). La consommation calorique et la densité énergétique sont plus élevées chez les garçons.

Si les filles consomment un plus fort pourcentage énergétique issu des graisses, les garçons consomment plus d’énergie à partir des hydrates de carbone.

En moyenne, les filles consomment plus de F&L que les garçons (152g/j vs. 141g/j).

Chez les garçons l’énergie provenant des seules matières grasses est inversement associée à l’activité physique (β=[-0,055;-0,101] (selon les ajustements), p<0,05). En revanche, l’énergie totale (β=[0,066;0,91], p<0,05) et l’énergie provenant des hydrates de carbone (β=[0,054;0,106], p<0,05) sont positivement corrélées à l’activité physique.

Chez les filles, on retrouve une association positive entre la consommation de F&L et l’activité physique (β=[0,056;0,074], p<0,005).

Une faible association entre l’activité physique et les consommations

Notre étude retrouve une faible association entre l’activité physique et les consommations alimentaires. Les interventions visant à modifier les comportements des adolescents devraient se focaliser sur l’alimentation et l’activité physique. Les stratégies à mettre en oeuvre devraient évaluer les moyens les plus efficaces pour modifier l’alimentation et l’activité physique, ensemble ou séparément.

Russ Jago R.
Département des Sciences de l’Exercice, de la Nutrition & de la Santé, Royaume Uni
  1. Jackicic JM (2002) J Nutr 132, Suppl., 3826S-3829S.
  2. Johnson L et al. (2008) Am J Clin Nutr 87, 846-854.
  3. Johnson L et al. (2008) Int J Obes (Lond) 32, 586-593.
  4. Tohill BC et al. (2004) Nutr Rev 62, 365-374.
  5. Jago R et al. (2004) Obes Res 12, Suppl., 55S-63S.
  6. Golding J et al. (2001) Paediatr Perinat Epidemiol 15, 74-87.
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