N° 101 | septembre 2010

Comment les adolescents contrôlent-ils leur poids ? Réponse dans le projet EAT !

De nombreuses études ont montré qu’un fort pourcentage d’adolescents, surtout des adolescentes, utilisent divers comportements pour contrôler leur poids 1,2. Les comportements « sains » (par exemple : consommer plus de Fruits et Légumes (F&L)) peuvent améliorer la santé et, à terme, prévenir des prises de poids excessives 3. A l’inverse, le jeûne et d’autres méthodes, comme sauter des repas, peuvent compromettre les apports alimentaires durant des périodes critiques du développement de l’adolescent et pourraient même favoriser une plus forte tendance à l’obésité 4-6. Les professionnels de santé devraient encourager des modes de vie sains et décourager le jeûne afin de préserver une consommation alimentaire adéquate. Peu d’études ont identifié les différents comportements de contrôle du poids et leur association à la consommation alimentaire à long terme chez les adolescents.

Le projet EAT

Nous avons donc examiné les fréquences de 4 comportements « sains » et de 9 comportements « malsains » pour contrôler le poids sur une période de 5 ans, dans une population d'adolescents américains 7. Au départ, les participants du projet EAT (Eating Among Teens) étaient élèves au collège et au lycée et avaient répondu, en classe, à un questionnaire de fréquence alimentaire. Des enquêtes de suivi ont été réalisées par mail 5 ans plus tard, lorsque les collégiens sont devenus des lycéens et les lycéens des adultes. Au total, ce sont 1242 adolescentes et 1007 adolescents qui ont complété les évaluations initiales et durant la période de suivi.

L’usage répété de comportements de contrôle du poids est fréquent

Durant les deux périodes de l’étude (début et suivi), seule une minorité d’adolescents (5% de filles et 18% de garçons) n’a rapporté aucun comportement de contrôle du poids.

En revanche, l’usage de comportements malsains a été rapporté par 76% des adolescentes et 45% des adolescents. Parmi l’ensemble, 59% des adolescentes et 37% des adolescents ont rapporté avoir des comportements de contrôle de poids malsains durant les deux périodes d’évaluation.

99% des participants ayant des comportements malsains, rapportent également avoir eu des comportements sains au départ ou durant la période de suivi.

L’usage exclusif de comportements sains n’a été retrouvé que chez 19% des adolescentes et 37% des adolescents. Parmi ceux-ci, 55% des adolescentes et 41% des adolescents ont rapporté n’avoir que des comportements sains aux deux périodes.

Des repas moins fréquents chez les filles

Les adolescentes qui ont rapportées avoir des comportements de contrôle du poids malsains durant l’adolescence, ou qui pendant le suivi, prennent moins de repas réguliers et ont une plus faible consommation alimentaire, par rapport à celles qui ont stoppé ou n’ont jamais eu de tels comportements. Les différences moyennes de consommation ne sont pas énormes, mais l’usage persistant de comportements malsains s’associe à long terme à des apports réduits de micronutriments essentiels, de fibres, de légumes et de céréales complètes. Chez les garçons, la fréquence des repas était similaire mais on notait peu de différences au niveau de la consommation alimentaire.

Quels comportements sains chez les adolescentes ?

Les filles qui n’ont que des comportements sains pour contrôler leur poids durant l’adolescence consomment moins de produits de restauration rapide, de graisses saturées, de snacks et de boissons sucrées durant la période de suivi que celles qui rapportent peu ou pas de tels comportements. Les différences moyennes de consommation chez les adolescentes n’étaient pas élevées. Chez les adolescents, il n’y avait pas de preuves d’une amélioration de la consommation alimentaire.

Notre étude souligne l’importance des recommandations nutritionnelles chez les adolescents ayant des problèmes avec leur poids. Nos résultats suggèrent que les recommandations données aux jeunes, et à leurs familles, doivent encourager un mode de vie sain pour mieux gérer son poids.

Nicole Larson
Division d’Epidémiologie et de Santé Communautaire, Université du Minnesota, Etats-Unis
Dianne Neumark-Sztainer
Division d’Epidémiologie et de Santé Communautaire, Université du Minnesota, Etats-Unis
Source de Financement: Cette étude a été financée par la subvention no. R40 MC 00319 du Bureau Fédéral de la Santé Maternelle et Infantile (Maternal and Child Health Bureau (Titre V, Loi de Sécurité Sociale), de l’Administration des Ressources et Services de Santé, et du Ministère Américain de la Santé et des Services Sociaux.
  1. Neumark-Sztainer D et al. Arch Pediatr Adolesc Med. 2002;156:171-178.
  2. Eaton D et al. MMWR Morb Mortal Wkly Rep. 2008;57:1-131.
  3. Barlow S. Pediatrics. 2007;120:S164-192.
  4. Neumark-Sztainer D et al. J Am Diet Assoc. 2004;104:913-920.
  5. Field A et al. Pediatrics. 2003;112:900-906.
  6. Niemeier H et al. Journal of Adolescent Health. 2006;39:842-849.
  7. Larson N et al. J Am Diet Assoc. 2009;109:1869-1877.
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