N° 154 | juin 2015

Effets des caroténoïdes sur la prévention du cancer de la prostate : tout est dans la synergie

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De nombreuses études épidémiologiques ont clairement démontré que la consommation de fruits et légumes est fortement associée avec la réduction de développer des maladies chroniques, comme le cancer. Il est actuellement admis que les actions d’un seul micronutriment isolé n’expliquent pas les effets bénéfiques sur la santé procurés par la consommation de F&L. La prise isolée d’un micronutriment n’a pas montré d’effet protecteur. Le coût et la complexité de tels essais cliniques nécessitent une sélection prudente d’une combinaison de composés plutôt que l’utilisation d’un constituant isolé. Ainsi, on a mis en évidence un effet synergique sur l’inhibition de la croissance de cellules cancéreuses de la prostate et du sein, en utilisant une combinaison à faibles concentrations de divers caroténoïdes ou de l’association de caroténoïdes, d’acide rétinoïque et de dérivés actifs de la vitamine D.

Dans cette étude, les auteurs ont cherché à développer des méthodes simples et sensibles in vitro qui pourraient fournir des informations sur des combinaisons utilisables dans des essais cliniques de prévention du cancer.

Caroténoïdes et polyphénols: des constituants clés

Les caroténoïdes font aujourd’hui l’objet d’une solide documentation sur leur action préventive sur le cancer. Des études épidémiologiques ont établi un lien entre la consommation de lycopène, qui constitue le pigment rouge de la tomate, et la réduction du risque de cancer de la prostate et du sein. Ces données sont confirmées par des études in vitro et in vivo montrant une réduction de la prolifération, une induction de l’apoptose des cellules et de la capacité métastatique des cellules cancéreuses de prostate par l’utilisation de lycopène.

L’autre groupe de micronutriments ayant démontré des effets anti-cancer sont les polyphénols. Ainsi le curcumin, une épice de couleur jaune couramment utilisé dans la cuisine indienne, attire l’attention des chercheurs en raison de ses puissants effets anti-inflammatoires et anti-cancer. L’effet anti-prolifératif du curcumin sur les cellules du cancer de prostate a été démontré. D’autres composés alimentaires, comme les oméga-3 représentent également une approche prometteuse.

Effet synergique : des actions complémentaires

Périodiquement on présente un composé alimentaire «miraculeux» ayant des effets thérapeutiques qui pourrait être consommé à fortes doses pour prévenir ou traiter une maladie... Cependant, alors que la plupart des études confirment l’effet bénéfique de la consommation de fruits et légumes, les résultats des études réalisés avec un seul composé sont contradictoires. En effet, l’effet protecteur sur la santé des F&L repose sur l’effet synergique de divers micro constituants qui ont des actions complémentaires. Ils peuvent ainsi agir sur la régulation de la transcription et de l’expression des gènes, les mécanismes de défense antioxydante de l’organisme, la prolifération cellulaire et l’apoptose, de même que les signaux hormonaux et le métabolisme.

Tout est dans l’association et la concentration des micronutriments

Dans cette étude biochimique, les auteurs se sont intéressés aux cellules du cancer de la prostate. Ils ont étudié l’effet des diverses associations, variable en composition et en dose, sur l’activité de transcription du récepteur aux androgènes sur des cellules hormonodépendantes de cancer de prostate et sur le système de transcription de la réponse électrophile/ antioxydante (EpRE/ARE). Sans entrer dans les détails techniques, ils ont démontré que le lycopène, apporté à une concentration sanguine telle quelle est présente chez les grands consommateurs de tomates, présentait une inhibition significative de la croissance des cellules, qui n’était pas retrouvé à des plus fortes concentrations. Ils ont obtenu des résultats similaires en associant de faibles concentrations de lycopène à d’autres composés caroténoïdes de la tomate, comme les phytoènes et phytofluènes. En outre, ils ont constaté qu’un tel effet protecteur se retrouvait également sur des cellules de cancer du sein. Cette réduction de la croissance des cellules cancéreuses de la prostate repose sur un effet synergique des divers composés sur les récepteurs androgéniques à l’origine de la croissance des cellules de prostate. Ils ont également analysé les effets de diverses associations de caroténoïdes et de polyphénols (acide carnosique et curcumin) et à d’autres composés, comme la vitamine E. Ils en ont conclu que, par un effet synergique, ces divers composés inhibaient à faible concentration l’activité du récepteur aux androgènes des cellules prostatiques et activaient le système antioxydant (EpRE/ARE).

Ils en concluent que si l’effet bénéfique de la consommation de F&L en général, et particulièrement en caroténoïdes, avait été largement confirmé par des études, des études focalisées sur les effets combinés de divers micronutriments sur la prévention du cancer de la prostate peuvent contribuer à définir des associations optimales d’aliments qui pourraient être efficace in vivo en prévention du cancer dans des essais cliniques chez l’homme.De nombreuses études épidémiologiques ont clairement démontré que la consommation de fruits et légumes est fortement associée avec la réduction de développer des maladies chroniques, comme le cancer. Il est actuellement admis que les actions d’un seul micronutriment isolé n’expliquent pas les effets bénéfiques sur la santé procurés par la consommation de F&L. La prise isolée d’un micronutriment n’a pas montré d’effet protecteur. Le coût et la complexité de tels essais cliniques nécessitent une sélection prudente d’une combinaison de composés plutôt que l’utilisation d’un constituant isolé. Ainsi, on a mis en évidence un effet synergique sur l’inhibition de la croissance de cellules cancéreuses de la prostate et du sein, en utilisant une combinaison à faibles concentrations de divers caroténoïdes ou de l’association de caroténoïdes, d’acide rétinoïque et de dérivés actifs de la vitamine D.

Dans cette étude, les auteurs ont cherché à développer des méthodes simples et sensibles in vitro qui pourraient fournir des informations sur des combinaisons utilisables dans des essais cliniques de prévention du cancer.

Caroténoïdes et polyphénols: des constituants clés

Les caroténoïdes font aujourd’hui l’objet d’une solide documentation sur leur action préventive sur le cancer. Des études épidémiologiques ont établi un lien entre la consommation de lycopène, qui constitue le pigment rouge de la tomate, et la réduction du risque de cancer de la prostate et du sein. Ces données sont confirmées par des études in vitro et in vivo montrant une réduction de la prolifération, une induction de l’apoptose des cellules et de la capacité métastatique des cellules cancéreuses de prostate par l’utilisation de lycopène.

L’autre groupe de micronutriments ayant démontré des effets anti-cancer sont les polyphénols. Ainsi le curcumin, une épice de couleur jaune couramment utilisé dans la cuisine indienne, attire l’attention des chercheurs en raison de ses puissants effets anti-inflammatoires et anti-cancer. L’effet anti-prolifératif du curcumin sur les cellules du cancer de prostate a été démontré. D’autres composés alimentaires, comme les oméga-3 représentent également une approche prometteuse.

Effet synergique : des actions complémentaires

Périodiquement on présente un composé alimentaire «miraculeux» ayant des effets thérapeutiques qui pourrait être consommé à fortes doses pour prévenir ou traiter une maladie... Cependant, alors que la plupart des études confirment l’effet bénéfique de la consommation de fruits et légumes, les résultats des études réalisés avec un seul composé sont contradictoires. En effet, l’effet protecteur sur la santé des F&L repose sur l’effet synergique de divers micro constituants qui ont des actions complémentaires. Ils peuvent ainsi agir sur la régulation de la transcription et de l’expression des gènes, les mécanismes de défense antioxydante de l’organisme, la prolifération cellulaire et l’apoptose, de même que les signaux hormonaux et le métabolisme.

Tout est dans l’association et la concentration des micronutriments

Dans cette étude biochimique, les auteurs se sont intéressés aux cellules du cancer de la prostate. Ils ont étudié l’effet des diverses associations, variable en composition et en dose, sur l’activité de transcription du récepteur aux androgènes sur des cellules hormonodépendantes de cancer de prostate et sur le système de transcription de la réponse électrophile/ antioxydante (EpRE/ARE). Sans entrer dans les détails techniques, ils ont démontré que le lycopène, apporté à une concentration sanguine telle quelle est présente chez les grands consommateurs de tomates, présentait une inhibition significative de la croissance des cellules, qui n’était pas retrouvé à des plus fortes concentrations. Ils ont obtenu des résultats similaires en associant de faibles concentrations de lycopène à d’autres composés caroténoïdes de la tomate, comme les phytoènes et phytofluènes. En outre, ils ont constaté qu’un tel effet protecteur se retrouvait également sur des cellules de cancer du sein. Cette réduction de la croissance des cellules cancéreuses de la prostate repose sur un effet synergique des divers composés sur les récepteurs androgéniques à l’origine de la croissance des cellules de prostate. Ils ont également analysé les effets de diverses associations de caroténoïdes et de polyphénols (acide carnosique et curcumin) et à d’autres composés, comme la vitamine E. Ils en ont conclu que, par un effet synergique, ces divers composés inhibaient à faible concentration l’activité du récepteur aux androgènes des cellules prostatiques et activaient le système antioxydant (EpRE/ARE).

Ils en concluent que si l’effet bénéfique de la consommation de F&L en général, et particulièrement en caroténoïdes, avait été largement confirmé par des études, des études focalisées sur les effets combinés de divers micronutriments sur la prévention du cancer de la prostate peuvent contribuer à définir des associations optimales d’aliments qui pourraient être efficace in vivo en prévention du cancer dans des essais cliniques chez l’homme.

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
Linnewiel-Hermoni K., Khanin M., Danilenko M., Zango G., Amosi Y., Levy J., Sharoni Y. The anti-cancer effects of carotenoids and other phytonutrients resides in their combined activity. Arch Biochem Biophys. 2015 Apr 15;572:28-35
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