N° 153 | mai 2015

Environnement alimentaire à la maison et qualité de l’alimentation des enfants Hispaniques en milieu urbain

Télécharger Imprimer

L’obésité touche de manière disproportionnée les minorités: en 2010, sa prévalence chez les adolescents blancs nonhispaniques était de 16,1% alors que chez les Hispaniques, elle était supérieure à 23% 1. Le risque d’obésité, de diabète et de mortalité toutes causes confondues augmente avec une mauvaise alimentation 2,3. L’environnement alimentaire à la maison et les habitudes alimentaires familiales jouent un rôle clé dans l’alimentation des enfants en offrant des modèles culinaires et en facilitant l’accès à certains aliments à la maison 4.

Nous avons focalisé notre étude sur les enfants Hispaniques

Il existe peu de données concernant l’influence de la disponibilité d‘aliments à la maison et des habitudes alimentaires familiales chez les Hispaniques, nous avons focalisé notre étude sur les enfants Hispaniques. Objectif: évaluer la qualité globale de leur alimentation et examiner l’influence de la disponibilité des aliments, de l’alimentation des parents et des habitudes alimentaires familiales.

187 enfants, âgés de 10 à 14 ans, et leurs parents ont participé à cette étude transversale. L’indice d’Alimentation Saine-IAS (The Healthy Eating Index-HEI) a été utilisé pour déterminer la qualité de l’alimentation. Il se fonde sur une évaluation des consommations grâce à un questionnaire de fréquence alimentaire chez les enfants. Les parents ont auto-évalué la disponibilité d’aliments à la maison, les habitudes alimentaires familiales et leur propre alimentation, en utilisant un questionnaire d’environnement familial.

Parents : 90% gardaient des fruits et légumes à la maison et plus de 80% en ont consommé au moins deux fois par semaine

La plupart des parents ont noté la présence de fruits, de légumes, de jus de fruits à 100 % et de lait à la maison (respectivement 97%, 91%, 86%, et 83%). 56 % des parents avaient des sodas à la maison et 54% des boissons fruitées. 84 % avaient à leur domicile des snacks à forte teneur énergétique, comme des chips, des cookies, des cakes et de la glace durant la semaine précédente.

La plupart des parents ont consommé des fruits, des légumes, du jus de fruits à 100% et du lait au moins deux fois par semaine (88%, 83%, 78%, et 91%, respectivement), tandis que 42% consommaient des sodas, 38% de boissons fruitées et 60% des snacks à forte teneur énergétique au moins deux fois par semaine.

Les repas pris en famille étaient fréquents (89% des familles), au moins deux fois par semaine, tandis que 50% des familles consommaient un repas tout en regardant la télévision au moins deux fois par semaine.

Enfants : peu de respect des recommandations alimentaires concernant les légumes et les sucres ajoutés

Dans cet échantillon, 47% des enfants avaient un poids sain, 25% étaient en surpoids et 28% étaient obèses. Le score total d’alimentation saine IAS chez les enfants était de 59,4 ± 8,8 et la majorité des composants alimentaires IAS n’ont reçu qu’environ la moitié du score maximal.

Dans notre étude, les enfants ont obtenu de bons scores pour les fruits totaux, les fruits entiers, les produits laitiers et les protéines totales. Cependant, ils n’ont pas respecté les recommandations pour les légumes totaux, les salades, les légumineuses, les céréales complètes, les fruits de mer, les protéines végétales, les acides gras, les céréales raffinées, le sel, les matières grasses solides et les sucres ajoutés.

La consommation de fruits et légumes, notée par les parents, était associée de manière positive au score IAS total des enfants. La disponibilité des sodas et des boissons fruitées au domicile était associée à une diminution significative, mais modeste, de l’IAS chez les enfants. L’association entre l’alimentation des parents et le score IAS total de leurs enfants comportait la consommation d’aliments faiblement ou fortement nutritifs, ainsi que des aliments et des boissons à forte teneur énergétique.

Comparés aux enfants ayant des IAS plus élevés, les enfants ayant les IAS les plus faibles avaient plus de boissons sucrées disponibles à la maison et participaient beaucoup plus souvent à des repas familiaux pris devant la télévision.

À notre connaissance, c’est la première fois que les habitudes alimentaires des adultes ont été évaluées dans le monde entier. Les habitudes et les tendances alimentaires de 187 pays ont varié de manière significative entre 1990 et 2010 selon la consommation d’aliments sains ou malsains. Les variations globales étaient largement indétectables si on se basait sur une simple mesure de la qualité de l’alimentation comme dans les études précédentes 1,2.La santé publique globale devrait reconnaître l’importance de différentes tendances alimentaires, basées sur la notion d’aliments sains ou malsains, identifier les facteurs qui déterminent cette diversité et améliorer les stratégies afin d’élaborer un ensemble d’actions globales, transnationales et domestiques, s’intéressant aussi bien aux aliments sains que malsains.
Margarita Santiago-Torres
Programme de Prévention du Cancer, Division des Sciences de Santé Publique, Centre Fred Hutchinson de Recherche sur le Cancer, Seattle, WA, ETATS-UNIS
collaborateurs
Santiago-Torres M, Adams AK, Carrel AL, LaRowe TL, Schoeller DA. Home food availability, parental dietary intake, and familial eating habits influence the diet quality of urban Hispanic children.2014. Oct;10(5):408-15.
  1. Ogden CL, Carroll MD, Flegal KM, et al. Prevalence of obesity and trends in body mass index among US children and adolescents, 1999–2010. JAMA 2012;307:483–490.
  2. Guo X, Warden BA, Paeratakul S, et al. Healthy eating index and obesity. Eur J Clin Nutr 2004;58:1580–1586.
  3. McNaughton SA, Bates CJ, Mishra GD. Diet quality is associated with all-cause mortality in adults aged 65 years and older. J Nutr 2012;142:320–325
  4. Gillman MW, Rifas-Shiman SL, Frazier AL, et al. Family dinner and diet quality among older children and adolescents. Arch Fam Med 2000;9:235–240
Retour Voir l'article suivant