N° 79 | juillet 2008

Fruits et légumes à l’université : des progrès à faire !

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Alors que de nombreuses études ont bien montré les bienfaits des fruits et légumes sur la santé, il persiste encore un large fossé entre les recommandations et les consommations réelles de fruits et légumes chez la majorité des américains(1,2,3). Il est même intéressant de constater que le pourcentage des 18 à 24 ans qui consomme les quantités conseillées de fruits et légumes est inférieur d’environ 3% à la moyenne générale(4).

La vie universitaire : une période critique

Des recherches antérieures ont mis en évidence qu’à mesure que les jeunes adultes progressent dans leurs études supérieures, plusieurs comportements liés à la santé, tels que la consommation de fruits et légumes, en pâtissent(5). Une telle situation est préjudiciable : à long terme, bien des comportements néfastes acquis au début de l’âge adulte peuvent accroître les risques de plusieurs maladies chroniques(6). D’où la constatation que la vie universitaire est une période critique pour enseigner aux jeunes adultes comment développer et maintenir des comportements sains(5, 6).

Aider les professionnels de santé

S’il est clair qu’il faut inculquer des « comportements sains » aux jeunes adultes, peu d’études ont été publiées sur l’efficacité des interventions nutritionnelles et sanitaires dans cette population. D’où l’objectif de notre étude : examiner l’association entre la consommation de fruits et légumes et diverses variables comportementales et démographiques, afin que les professionnels de santé puissent concevoir des interventions efficaces ciblant de multiples facteurs de risque.

Les données de cette étude, ont été recueillies en 2002-2003 auprès d’environ 40 000 étudiants américains, âgés de 18 à 25 ans, dans 28 établissements d’études supérieures. Les participants ont complété le questionnaire d’évaluation nationale de la santé à l’université (National College Health Assessment) de l’Association Américaine pour la Santé à l’Université (American College Health Association) qui analyse les variables comportementales et démographiques.

Principaux résultats chez 40 000 étudiants

Les étudiants à temps plein ont tendance à consommer plus de fruits et légumes que les étudiants à temps partiel. De plus, les étudiants séparés, veufs (souhaitons qu’ils ne soient pas trop nombreux ! NDT), ou divorcés rapportent une plus grande consommation de fruits et légumes que ceux qui sont célibataires ou ont une relation stable. Les consommations de fruits et légumes des étudiants afro-américains sont significativement moins élevées que celles des étudiants caucasiens ou asiatiques. En outre, les étudiants afro-américains et hispaniques consomment moins de fruits et légumes que ceux des groupes multiethniques ou “d’autres” origines. Les étudiants vivant dans des résidences, des fraternités ou des sororités, rapportent une plus grande consommation de fruits et légumes que ceux vivant dans d’autres types de logements sur le campus, en dehors ou chez leurs parents.

Une plus forte consommation de fruits et légumes est également associée à divers facteurs de prudence : un usage plus répandu de la ceinture de sécurité et du casque, une activité physique vigoureuse, une meilleure santé, des activités d’entraînement, l’usage de crème solaire, l’utilisation du préservatif et de meilleurs résultats scolaires. La consommation de fruits et légumes est inversement liée au tabagisme, à la consommation d’alcool et au risque d’hypertension chez les femmes.

Les programmes universitaires de santé actuels peuvent être améliorés

Nos résultats suggèrent que, chez les étudiants américains âgés de 18 à 25 ans, la consommation de fruits et légumes est associée à d’autres comportements sains. Bien que ces résultats soient transversaux, les associations observées suggèrent que les programmes de santé actuels dans les collèges et les universités peuvent être améliorés. Par exemple, de brefs messages sur la consommation de fruits et légumes pourraient s’ajouter aux informations sur le tabagisme, la consommation d’alcool, l’activité physique, le sommeil et la santé mentale.

Les quelques études portant sur la consommation de fruits et légumes chez les étudiants ont toutes montré que très peu d’entre eux consomment les quantités recommandées de fruits et légumes et que bien moins encore ont reçu des informations à ce sujet dans leur établissement(7). Les recommandations d’accroître la consommation de fruits et légumes dans cette population, tout comme dans la population générale, font partie du Rapport “Health People 2010”. Puisque le poids des maladies potentiellement évitables est lourd dans cette population, il faut faire des efforts pour augmenter cette consommation.

Une forte marge de manœuvre pour modifier l’hygiène de vie

Bien qu’il y ait peu de publications concernant la consommation de fruits et légumes chez les étudiants, il existe à l’évidence une forte marge de manœuvre pour modifier leur hygiène de vie. Dans notre étude, de nombreux facteurs prédictifs de la consommation de fruits et légumes ont été identifiés. Espérons qu’il y ait là de quoi aider les professionnels de santé à concevoir des interventions pour améliorer la santé des étudiants.

Troy Adams
Rocky Mountain University of Health Professions, Provo, USA
Ann Bahr
WellSteps, LLC, Provo, USA
  1. Morbidity and Mortality Weekly Report. Trends in intake of energy and macronutrientsUnited States, 1971- 2000. 1997; 46(6):1-54.
  2. Centers for Disease Control. Physical activity and good nutrition: Essential elements to prevent chronic diseases and obesity. 2004. ( retrieved 6/24/04). www.cdc.gov/nccdphp/aag/aag_dnpa.htm.
  3. Winkleby MA, Cubbin C. Changing patterns in health behaviors and risk factors related to chronic diseases, 1990-2000. Am J Health Promot. 2004;19(1):19-27.
  4. Serdula MK, Gillespie C, Kettel-Khan L, Farris R, Seymour J, Denny C. Trends in fruit and vegetable consumption among adults in the United States: Behavioral risk factor surveillance system, 1994 – 2000. Am J Pub Health. 2004;94(6):1014-1017.
  5. Cullen KW, et al. Gender differences in chronic disease risk behaviors through the transition out of high school. Am J Prev Med. 1999;17(1):1-8.
  6. Centers for Disease Control. Health topics, nutrition school health guidelines. (retrieved 2004). www.cdc.gov/HealthyYouth/nutrition/guidelines/summary.htm
  7. Youth Risk Behavior Surveillance: National College Health Risk Behavior Survey — United States, 1995. MMWR. 1997;46(SS-6);1-54.
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