N° 133 | juillet 2013

Influence des programmes de « label d’origine » sur la consommation des fruits et légumes dans divers Etats Américains

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Une alimentation riche en fruits et légumes (F&L) est clairement associée à un moindre risque de différentes maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires, les cancers et le diabète. Etant donné ces bénéfices, une question primordiale se pose pour les décideurs en santé publique : quel serait l’impact de la promotion de F&L produits dans leur Etat sur la consommation ? Quelques exemples de promotion : « Quelque chose d’unique venant du Wisconsin », « Achetez au Missouri » ou « La Fierté du Dakota ». Les fonds pour ces programmes de label d’origine proviennent principalement des législatures des Etats concernés. Les résultats concernant l’efficacité de ces programmes sont partiels, ne permettant pas de tirer de conclusions définitives.

Des données alimentaires et démographiques complètes pour 80 192 adultes américains

L’objectif de notre étude était de comparer la consommation de F&L dans les Etats, avec ou sans promotion marketing. Nous avons utilisé une méthodologie semi-expérimentale, pour examiner spécifiquement l’efficacité de campagnes promotionnelles encourageant la consommation de F&L locaux. Les coûts des subventions allouées par les différentes législatures peuvent n'être que partiellement compensés par de nouvelles rentrées d’argent mais ces programmes peuvent avoir eu des effets bénéfiques sur la consommation globale des F&L.

Les données du Système de Surveillance des Facteurs de Risques Comportementaux (Behavioral Risk Factor Surveillance System - BRFSS) ont été utilisées. Cette enquête, menée dans chaque Etat, est toujours en cours auprès de la population américaine âgée de 18 ans et plus. Des données alimentaires et démographiques complètes ont été recueillies pour 80 192 adultes âgés de 18 ans et plus en 2000 et pour 157 128 adultes en 2005. En 2000, 26 Etats n’avaient pas mis en place ces programmes. Entre 2001 et 2004, 17 Etats ont initié des programmes marketing pour la promotion spécifique de la consommation des F&L locaux ; 9 n’en avaient toujours pas en 2005. Les analyses ont donc porté sur ces 26 Etats.

Une meilleure consommation de F&L dans les Etats avec des programmes marketing

Les analyses statistiques ont montré une plus forte consommation de F&L dans les Etats ayant une campagne marketing par rapport à celle des Etats qui en sont dépourvus (p<0,0001). Entre 2000 et 2005, la consommation a chuté (p<0,0001) dans les Etats dépourvus de campagne marketing. Les femmes consommaient plus de F&L que les hommes (p <0,0001). Un effet très important, conforme à notre objectif principal, a été la combinaison significative de la présence d'une campagne marketing et de sa durée (p<0,0001). La consommation de F&L en 2000 (avant la campagne marketing) était similaire dans tous ces Etats. Dans les Etats sans campagne marketing, il y a eu une réduction significative du nombre de portions de F&L consommés chaque semaine entre 2000 et 2005 (p <0,05). Dans les Etats qui ont instauré leur propre campagne, la consommation est restée stable (p >0,10).

Dans les Etats avec campagnes marketing, les hommes consommaient un peu plus de F&L que ceux des Etats dépourvus de campagnes (p <0,05). Cette différence était nettement plus marquée chez les femmes. La consommation était plus forte dans les Etats avec campagnes marketing que dans ceux qui en étaient dépourvus.

En résumé, on peut dire que la chute de la consommation de F&L dans les Etats dépourvus de campagnes marketing contraste avec la stabilité relative du nombre moyen de portions de F&L par semaine dans les Etats avec campagnes marketing.

Influence positive des programmes de marketing de produits agricoles de leur Etat

Nos résultats apportent la preuve que ces programmes sont efficaces pour augmenter la consommation globale de F&L. Le déclin national de la consommation de F&L a été moindre dans les Etats menant des campagnes marketing: dans les Etats sans campagnes marketing, les adultes ont consommé 1,7 portions de F&L en moins. De plus, les bénéfices ont été plus marqués chez les femmes que chez les hommes. Dans les Etats avec campagnes marketing, la consommation s'est bien accrue tant chez les hommes que chez les femmes, mais cette augmentation a été plus marquée chez les femmes. C'est bien connu: les femmes font plus attention à leur alimentation que les hommes, ce qui étaye la conclusion qu’elles ont répondu plus favorablement aux campagnes promotionnelles.

Ces résultats suggèrent que les campagnes marketing peuvent bel et bien augmenter la consommation de F&L.

Elizabeth Howlett
Département de Marketing, Université d’Arkansas, Fayetteville, Etats-Unis
Scot Burton
Département de Marketing, Université d’Arkansas, Fayetteville, Etats-Unis
Christopher Newman
Département de Marketing, Université du Mississippi, Oxford, Etats-Unis
Michel Faupel
Le Consortium de développement durable, Université d’Arkansas, Fayetteville, Etats-Unis
Howlett A, Burton S, Newman C, Faupel A. The positive influence of state agricultural marketing programs on adults’ fruit and vegetable consumption. September/October 2012, Am J of Health Promot, 2012; Vol. 27: 17-20.
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