N° 219 | juillet 2021

« Les légumes en premier ! » : Association entre la promotion des légumes à l’école et leur consommation chez des jeunes enfants japonais

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La prévalence du surpoids et de l'obésité chez les enfants a augmenté dans le monde entier au cours des dernières décennies. Une faible consommation de légumes est associée à un risque accru de maladies liées à l'alimentation comme l'obésité. Au Japon, la fréquence de la consommation de fruits et légumes est inférieure à la moitié de celle des pays européens. L'apport quotidien moyen en légumes des enfants âgés de 1 à 6 ans était de 129 g en 2019, ce qui est inférieur aux niveaux recommandés. Les écoles maternelles peuvent jouer un rôle important dans le développement de comportements alimentaires sains chez les enfants, notamment la consommation de légumes. Cependant, l'effet de la promotion des légumes à l’école sur la consommation et l'IMC reste peu clair. Une équipe japonaise vient de publier des résultats prometteurs.

Les habitudes alimentaires acquises tôt dans la vie se perpétuent à l'adolescence et à l'âge adulte. L'enfance est une période critique pour prendre l'habitude de manger des légumes, les interventions étant plus efficaces chez les jeunes enfants que chez les plus âgés. Des recherches sur le comportement alimentaire des enfants ont révélé que l'approche de l'apprentissage par l'expérience peut être plus efficace que les programmes d'éducation nutritionnelle pour augmenter leur consommation de légumes.

Intervention en école maternelle japonaise avec la stratégie "Manger des légumes en premier aux repas"

Une stratégie de promotion de la santé connue sous le nom de "Manger des légumes en premier aux repas"* a été lancée en 2013 à Adachi, Tokyo, afin de développer des habitudes alimentaires saines. La municipalité s'est concentrée sur les enfants de 4 et 5 ans des écoles maternelles, et les enseignants ont encouragé la consommation de légumes comme "premier aliment au repas". Objectif de cette étude : examiner les associations entre la promotion de la consommation de légumes à l’école, les comportements de consommation de légumes et l'IMC chez les enfants.

133 écoles maternelles ont participé à l'enquête (2015-2016-2017) avec 7 402 participants. Les questionnaires sur le comportement alimentaire, la fréquence de consommation, la taille et le poids ont été complétés par les personnes s'occupant des enfants. Deux comportements liés à la néophobie ont été évalués : la volonté de manger des légumes et le fait que l'enfant mange plus de types de légumes que par le passé.

Pour évaluer la promotion de la consommation de légumes au niveau de l'école, la proportion d'enfants mangeant des légumes en premier aux repas a été calculée, chaque année, par école.

« Les légumes en premier » : une consommation plus fréquente, plus volontaire et plus variée

60% des ménages ayant participé à l’étude avaient un statut économique global élevé ou moyen.

Les résultats ont montré que proposer des légumes en début de repas à l’école était significativement associé à de meilleurs comportements alimentaires avec une consommation plus importante de légumes. En effet, les enfants avaient une plus grande volonté de manger des légumes (OR=1,17) et avaient augmenté la variété de légumes consommés (OR=1,19) par rapport à ceux inscrits dans des écoles où une faible proportion d'enfants mangeaient d'abord des légumes aux repas.

À notre connaissance, la présente étude est la première à examiner l'association entre la promotion de la consommation de légumes au niveau de l'école et les comportements alimentaires des enfants. La promotion de la consommation des légumes en premier lors des repas dans les écoles est associée à une consommation plus fréquente de légumes, une plus grande volonté d'en manger et une plus grande variété de consommation de légumes chez les enfants. La présente étude suggère qu'une intervention simple qui consiste à encourager les enfants à manger des légumes en premier aux repas peut conduire à une augmentation de la consommation de légumes chez ces derniers. D'autres études longitudinales sont nécessaires pour clarifier les relations de cause à effet et les effets à long terme de la consommation de légumes en premier.

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
D'après : Tani Y, et al. Association of Nursery School-Level Promotion of Vegetable Eating with Caregiver-Reported Vegetable Consumption Behaviours among Preschool Children: A Multilevel Analysis of Japanese Children. Nutrients. 2021;13(7):2236.
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