N° 181 | décembre 2017

Lien entre consommation de F&L et risque de maladie cardiovasculaire et de cancers

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En dépit des recommandations officielles de consommer des grandes quantités de F&L, en prévention des maladies cardiovasculaires et de certains cancers, des questions restent posées sur les apports optimaux et si certains F&L spécifiques seraient plus particulièrement bénéfiques. Cela est bien illustré par les différences de quantités de F&L recommandées selon les pays et les organismes. Par exemple, le Fonds mondial de recherche contre le cancer, l’OMS et l’Angleterre recommandent une consommation quotidienne de 400 g, alors que la Suède en recommande 500 g par jour, le Danemark 600 g, la Norvège de 650 à 750 g par jour et les États-Unis de 640 à 800 g.

Des réductions du risque observées jusqu’à 800 g/jour de F&L

Le but de cette revue et méta-analyse systématique est de clarifier l’intensité et la nature de la relation dose-effet entre la consommation de F&L et de certains en particulier, et le risque de maladies cardiovasculaires, de cancers et la mortalité toutes causes confondues.

Après une recherche dans les bases de données PubMed et Embase réalisée jusqu’au 29 septembre 2016, 95 études prospectives (142 publications) ont été analysées.

Une consommation de 200 g/jour de F&L combinés était associée à un risque relatif de :

  • 0,92 pour les coronaropathies (0,90 pour 200g/j de fruits et 0,84 pour 200g/j de légumes)
  • 0,84 pour les AVC (0,82 pour 200g/j de fruits et 0,87 for 200g/j de légumes)
  • 0,92 pour les maladies cardiovasculaires (0,87 pour 200g/j de fruits et 0,90 for 200g/j de légumes)
  • 0,97 pour l’ensemble des cancers (0,96 pour 200g/j de fruits ou 200g/j de légumes)
  • 0,90 pour la mortalité toutes causes confondues (0,85 pour 200g/j de fruits et 0,87 pour 200g/j de légumes).

Des réductions du risque étaient observées jusqu’à 800 g/jour pour tous les événements étudiés sauf les cancers pour lesquels le bénéfice n’augmentait plus au-delà de 600 g/jour. Pour le risque de coronaropathie et la mortalité par AVC, la baisse associée à la consommation de F&L était relativement linéaire jusqu’à 800 g/jour. En revanche, pour la mortalité toutes causes, la baisse était la plus marquée jusqu’à 400 g/jour, puis moins jusqu’à 800 g/jour.

Quels F&L spécifiques sont particulièrement associés à une réduction du risque ?

Parmi les différents types spécifiques de F&L, la consommation de pommes et de poires, d’agrumes, de légumes à feuilles vertes, de crucifères et de salades était associée à une baisse des maladies cardiovasculaires et de la mortalité globale. La consommation de légumes vert-jaune et de crucifères, était inversement associée au risque de cancer. En outre, en termes de quantité, les F&L riches en bêta-carotène et en vitamine C étaient associés à une baisse des coronaropathies et une réduction des coronaropathies était observée suite à la consommation de tomates dans l’analyse de la relation dose-effet.

5,6 et 7,8 millions de décès prématurés dans le monde peuvent être attribuables à un faible apport en F&L

Si l’on suppose qu’il existe un lien de cause à effet dans les résultats observés, on estime qu’en 2013, environ 5,6 et 7,8 millions de décès prématurés dans le monde pouvaient être attribués à une consommation de F&L inférieure à 500 et 800 g/jour, respectivement. Des analyses supplémentaires devront s’intéresser aux causes de mortalité moins courantes et aux F&L qui ont été moins étudiés jusqu’à présent. Néanmoins, les données actuelles confirment que la population générale devrait consommer davantage de F&L et que la quantité optimale pourrait être de 800 g/jour.

Dagfinn Aune
Département de santé publique et de médecine générale, Université norvégienne de sciences et technologie, Trondheim, NORVÈGE Département d’épidémiologie et de biostatistiques, Imperial College London, Londres, ROYAUME-UNI Université Bjørknes, Oslo, NORVÈGE
Aune D. et al. Fruit and vegetable intake and the risk of cardiovascular disease, total cancer and all-cause mortality - a systematic review and doseresponse meta-analysis of prospective studies. International Journal of Epidemiology, 2017 ; 1029–1056.
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