N° 93 | décembre 2009

En Islande, parents et enfants perçoivent différemment les facteurs influençant la consommation de fruits et légumes

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Les preuves des bénéfices pour la santé de la consommation de fruits et légumes (F&L) expliquent la recommandation d’en consommer au moins 400g par jour1. Or, cette quantité est, en majorité, loin d’être respectée.

La consommation de F&L est la plus faible en Islande

L’enquête Pro Children, impliquant neuf pays Européens, a pour objectif d’évaluer la consommation de F&L chez les enfants et ses facteurs déterminants2-3.

Elle montre que la consommation de F&L est la plus faible en Islande4 et que les facteurs déterminants majeurs en sont : la disponibilité à domicile, les règles familiales, la connaissance des recommandations, les préférences et les affinités5.

Les parents étant des éléments clés dans l’environnement des enfants, notre étude s’est concentrée sur les différences entre :

  • ce que rapportent les enfants de 11 ans sur les facteurs physiques et sociaux influençant leur consommation de F&L
  • ce qu’en disent leurs parents6

Une enquête transversale chez 963 enfants et parents

Une enquête transversale a donc été conduite en Islande dans le cadre de l’étude Pro Children. La consommation de F&L des enfants a été rapportée à la fois par les enfants eux-mêmes et par leurs parents. L’échantillon comprenait 963 enfants et parents.

L’évaluation de la consommation de F&L et de ses déterminants a été menée grâce à des questionnaires d’auto - évaluation préparés pour les enfants et leurs parents7-8.

Les facteurs déterminants comprenaient : disponibilité à la maison (différents F&L), disponibilité de F&L particuliers, accès à la maison, modèles (les parents, les repas pris en commun), encouragements actifs, règles familiales, auto-évaluation de la consommation, habitudes alimentaires et connaissance des recommandations.

Les perceptions des parents et des enfants sont différentes

On retrouve peu de corrélation entre les consommations de F&L rapportées par les enfants et leurs parents (r=0,21 p<0,01 pour les fruits et r=0,17 p<0,02 pour les légumes).

La disponibilité et l’accessibilité des fruits à la maison étaient jugées plus faibles par les enfants que par leurs parents. Dans l’ensemble, par rapport à leurs parents, les enfants rapportaient une plus forte influence des modèles, des encouragements actifs et des demandes etconsidéraient qu’ils avaient plus l’habitude de manger des fruits.

La présence de certains légumes à la maison était plus souvent rapportée par les enfants que par leurs parents. Les enfants rapportaient plus d’encouragements actifs et de demandes que leur parents et pouvaient mieux citer les recommandations. Les parents déclaraient que les enfants mangeaient surtout les légumes qu’ils aimaient.

Facteurs déterminants de la consommation de F&L

La variabilité de la consommation de F&L par les enfants est mieux expliquée par les auto-évaluations des facteurs déterminants par les enfants que par leurs parents.

Pour les enfants, les facteurs déterminants la consommation de fruits sont :

  • leur présence à la maison,
  • les règles familiales,
  • la connaissance des recommandations.

Le père est le modèle le plus suivi pour la consommation de fruits

Pour les enfants, les facteurs déterminants de la consommation de légumes sont :

  • la présence à la maison,
  • des règles familiales strictes,
  • la connaissance des recommandations.

Les repas en famille constituent le modèle le plus suivi pour la consommation de légumes.

A noter que « l’encouragement actif » était associé négativement à la consommation de F&L.

La nécessité de cibler les parents

Concernant les facteurs déterminants de la consommation de F&L, notre étude relève des différences notables entre ce que rapportent les enfants et leurs parents. Même si les parents sont susceptibles d’être le modèle le plus important pour leurs enfants, on ne retrouve qu’une faible corrélation entre consommation de F&L des enfants et celle des parents.

Selon les enfants, les principaux facteurs de la consommation de F&L sont la présence à la maison, les modèles, les règles familiales et la connaissance des recommandations. Au final, tous ces facteurs dépendent surtout des parents.

En conséquence, il est logique de penser que les interventions visant à augmenter la consommation des F&L par les enfants doivent cibler les parents.

Asa G Kritsjansdottir
Unité de Recherche en Nutrition, Hôpital Universitaire et Faculté des Sciences de l‘Alimentation et de Nutrition Humaine, Islande
Ilse De Bourdeaudhuij
Département des Sciences du Mouvement et du Sport, Université de Guent, Belgique
Knut-Inge Klepp
Département de Nutrition, Université d’Oslo, NORVEGE
Inga Thorsdottir
Unité de Recherche en Nutrition, Hôpital Universitaire et Faculté des Sciences de l‘Alimentation et de Nutrition Humaine, Islande.
  1. World Health Organization (2003) Diet, nutrition and the prevention of chronic diseases. Report of a joint WHO/FAO expert consultation. Geneva. WHO.
  2. Klepp KI et al. (2005) Ann Nutr Metab 49,212-220.
  3. Rasmussen M et al. (2006) Int J Behav Nutr Phys Act 3, 22.
  4. Yngve A et al. (2005) Ann Nutr Metab 49, 236-245.
  5. Kristjansdottir AG et al. (2006) Int J Behav Nutr Phys Act 3, 41.
  6. Kristjansdottir AG et al. (2009) Public Health Nutr 12:8, 1224-1233.
  7. Haraldsdóttir J et al. (2005) Ann Nutr Metab 49(4):221-7.
  8. Kristjansdottir AG et al. (2006) Eur J Clin Nut 60:408–415.
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