N° 191 | novembre 2018

Les pratiques actuelles des cardiologues en matière de nutrition

En France, les cardiologues exercent leur métier en centre hospitalier ou en cabinet afin de prodiguer des soins et de traiter les patients atteints de maladies cardiovasculaires selon les dernières recommandations des sociétés savantes. De ce fait, les cardiologues sont très souvent confrontés à la nécessité de prodiguer des conseils afin de favoriser une alimentation équilibrée. C’est dans ce contexte que nous avons souhaité au niveau de la Fédération Française de Cardiologie en partenariat avec APRIFEL, mettre en place une enquête sur les pratiques actuelles des cardiologues en matière de nutrition. Celle-ci a été renseignée par 200 cardiologues hospitaliers et libéraux et en voici la synthèse :

Il s’agit d’un thème peu prioritaire pour les cardiologues. En effet, en matière de prévention, les cardiologues accompagnent régulièrement leur patient dans le sevrage tabagique, proposent une activité physique régulière et de façon moins fréquente une alimentation équilibrée (5 fruits et légumes par jour, poissons
gras, viandes maigres,...) avec consommation modérée de sel et d’alcool. Concernant la nutrition, ce thème reste secondaire avec seulement 4.3 patients sur 10 en moyenne qui demandent spontanément des conseils concernant l’alimentation dans un but de prévenir les maladies cardiovasculaires.

Deuxième enseignement de cette enquête : les cardiologues déclarent donner des conseils nutritionnels en moyenne à 6.5 patients sur 10, une minorité utilisent des supports pédagogiques et font appel plutôt à des brochures des laboratoires. Près de 8 cardiologues sur 10 recommandent un spécialiste en nutrition pour aider leur patient à perdre du poids.

En troisième lieu, outre le manque de temps mentionné par la moitié des cardiologues, ils souffrent d’un manque de formation pour perfectionner l’accompagnement de leurs patients. Près de 8 cardiologues sur 10 jugent la thématique difficile à expliquer à leurs patients. Les cardiologues sont conscients de la complexité de ce sujet et sont ouverts à l’idée d’un meilleur accompagnement ; celui-ci viendrait d’un support mais également d’une formation complémentaire exprimé par près de 8 cardiologues sur 10.

Quelles sont les pistes d’amélioration à proposer ?

En tout premier lieu, la thématique entre dans la stratégie nationale de santé mise en place par le ministère de la santé qui associe alimentation équilibrée à une activité physique régulière.

C’est ainsi que la Fédération Française de Cardiologie va continuer à produire et à diffuser des supports pédagogiques sur la nutrition rédigés par les professionnels de santé dans cette thématique de prévention des maladies cardiovasculaires.

Les cardiologues doivent ainsi continuer à se former pour aborder cette thématique plus facilement avec leurs patients dans le cadre d’un parcours de soins coordonné avec le médecin généraliste mais aussi le spécialiste de la nutrition.

Une solution pourrait être apportée par la mise en place de la téléconsultation qui permettra de proposer à distance une consultation de prévention cardiovasculaire adaptée aux patients. Les cardiologues et la Fédération Française de Cardiologie sont prêts à relever ce défi.

Résumé extrait du livre du participant de la conférence EGEA 2018
Pour accéder à l’ensemble du livre du participant et les séquences vidéos des interventions :
www.egeaconference.com

Patrick Assyag
Cardiologue, Vice-Président de la F édération Française de Cardiologie, FRANCE
Retour