N° 137 | décembre 2013

Nouvelles approches politiques pour augmenter la consommation de fruits et légumes

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Des experts en alimentation et en nutrition ont encouragé les décideurs de l’Union Européenne à considérer la politique agro-alimentaire sous un angle nouveau. En effet, les politiques actuelles sont inadaptées pour traduire les atouts reconnus des fruits et légumes en une consommation courante efficace. Un recentrage des politiques publiques engendrerait des gains économiques importants en Europe, améliorerait les profits dans ce secteur et créerait de multiples bénéfices pour la société toute entière. Ce sont les principales conclusions des discussions politiques qui se sont tenues le 26 novembre 2013 à Bruxelles.

Freshfel Europe 1 et Aprifel 2 ont coordonné ces discussions au Parlement Européen. Présidé par Anthea McIntyre, Députée au Parlement Européen 3, cet évènement a rassemblé plusieurs parlementaires européens, des membres de la Commission Européenne, des experts en nutrition et en santé, ainsi que des représentants de la filière des fruits et légumes frais.

Un aspect crucial d'une alimentation saine : les F&L, composants incontournables

Les bénéfices de la consommation de fruits et légumes sont reconnus depuis fort longtemps. Ce sont les seuls aliments qui sont mentionnés en tant que tels dans les différentes recommandations nutritionnelles publiées. Une consommation accrue de fruits et légumes est un aspect crucial d’une alimentation saine. Elle joue un rôle clé dans la prévention et la réduction des coûts importants engendrés par les maladies non transmissibles (MNTs) sur les plans économique, social et personnel.

La consommation de fruits et légumes, de concert avec d’autres améliorations alimentaires, est bénéfique pour la santé et la longévité, réduit l’impact des inégalités socioéconomiques et diminue les dépenses de santé ; elle est reconnue par la Banque Mondiale et le Bureau Européen de l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) comme cruciale pour une croissance économique optimale en Europe.

Un défi à relever pour l'horizon 2025

Selon le Dr. Godfrey Xuereb (OMS) : « Il est alarmant de constater que dans la plupart des Etats Membres de l’Union Européenne, la consommation moyenne des fruits et légumes est inférieure à la recommandation minimale de l’OMS de 400g/jour/personne. Les chefs d’état et de gouvernement membres des Nations Unies considèrent que l’augmentation de la consommation des fruits et légumes représente un des défis à relever à l’horizon 2025 ».

Au cours de la dernière décennie, une portion quotidienne de fruits ou de légumes par personne aurait été perdue 4. Philippe Henri, Président de Freshfel, a déclaré : « Dans ces circonstances, il est urgent que les décideurs, les scientifiques et les professionnels du secteur unissent leurs forces pour inverser cette tendance. De nouveaux efforts de la part des hommes politiques et au niveau législatif doivent être consentis pour soutenir la prévention ».

Le Professeur Philip James 5 a également souligné : « Nous avons actuellement l’opportunité de changer la politique agroalimentaire Européenne pour en tirer des bénéfices économiques et ceci d’autant plus qu’en cette période de crise économique l’alimentation s’est grandement dégradée ».

Un appel lancé au Parlement Européen

Une approche multidimensionnelle est nécessaire pour transformer la prise de conscience politique de l’importance des carences nutritionnelles en stratégies économiquement efficaces pour l’ensemble des opérateurs. Plusieurs initiatives politiques ciblant différents domaines (nutrition, recherche, innovation, information et promotion) ont donc été discutées. A la fin de cette réunion, un appel a été lancé au Parlement Européen afin qu’il soit désigné un groupe d’experts responsable de la mise en oeuvre de ces actions pour la prochaine législature (juin 2014).

En conclusion, Anthea McIntyre a déclaré : « Cette réunion a été une excellente occasion pour soulever les points importants soulignés dans mon rapport et qui sont pertinents: le secteur des fruits et légumes est responsable de 18% de la production agricole de l’UE ; il vaut plus de 50 milliards d’euros, produisant 80 millions de tonnes qui sont distribuées par 550 000 salariés. Je suis ravie que ce rapport puisse constituer un point de départ pour un débat plus large dans toute l’Europe. Nous devons nous assurer que, grâce à une approche holistique, nous allons passer de la simple prise de conscience à l’action ! »

  1. Association Européenne pour les Fruits et Légumes Frais
  2. Agence Française pour la Recherche et l’Information sur les Fruits et Légumes
  3. Auteur du rapport « L’avenir du secteur horticole en Europe : stratégies pour la croissance »
  4. Source : Freshfel Annual Consumption monitor data 5. Groupe de Travail International sur l’Obésité
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