N° 159 | décembre 2015

Parents : 6 manières de faire aimer les fruits et les légumes à vos enfants !

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La consommation régulière de fruits et légumes est associée à des apports abondants en micronutriments, de plus faibles risques de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et à un poids plus sain, dans diverses tranches d’âge. Malgré tous ces bénéfices, la consommation de fruits, et surtout de légumes chez les enfants, reste en deçà des recommandations.

Les premières années de la vie sont déterminantes pour orienter l’enfant vers des choix alimentaires sains. Les parents peuvent avoir une profonde influence sur les habitudes alimentaires de leurs enfants, non seulement en leur fournissant de la nourriture mais aussi en développant un environnement social et émotionnel qui affecte leur comportement alimentaire. Si les pédiatres ne peuvent pas profondément modifier le style d’éducation parental, ils peuvent fournir aux parents des conseils pratiques et stratégiques pour encourager leurs jeunes enfants à avoir une alimentation plus riche en fruits et légumes. Les contacts réguliers des pédiatres avec les parents leur confèrent une position unique pour leur apporter des stratégies nutritionnelles simples et efficaces pour accroitre la consommation de fruits et légumes chez leurs enfants et installer des habitudes alimentaires durables tout au long de la vie.

Une équipe de nutritionnistes américains de l’Université de Caroline du Nord a passé en revue 6 stratégies facilement utilisables pour les parents.

Rendre les fruits et légumes accessibles aux enfants

On note une relation positive entre la disponibilité des F&L à la maison et leur consommation dans diverses tranches d’âge. L’impact de l’environnement physique semble encore plus efficace que les pratiques alimentaires parentales. Les parents doivent installer un environnement alimentaire favorable: en ayant des F&L prêts à consommer et facilement accessibles par l’enfant (par exemple dans le bas du réfrigérateur) ; en préparant les F&L en les épluchant, les tranchant ou les mixant selon l’âge de l’enfant. Placer les F&L à portée de mains des jeunes enfants les encourage non seulement à en consommer mais développe leur sens de l’autonomie, de l’efficacité et de l’indépendance. Ce conseil est également valable en dehors du domicile, en plaçant les enfants le plus souvent possible au contact de F&L à l’occasion de promenades, de goûters, de sorties…

Servir de modèle

Les enfants sont fortement influencés par les préférences et habitudes alimentaires de leur entourage, même ceux qui présentent des signes de néophobie alimentaire. Ainsi, des enfants de 2 ans ont plus de chance d’essayer un nouvel aliment quand ils sont en présence d’adultes qui en consomment devant lui. Le «modeling» parental joue un rôle important. Il influence fortement la consommation de F&L par les jeunes enfants, quel que soit le milieu socioéconomique et culturel. Quand ils mangent des F&L, les parents doivent faire preuve d’enthousiasme devant leurs enfants et créer de nouvelles associations entre ces aliments et les habitudes familiales (prendre systématiquement un fruit en dessert par exemple). Cela stimule la curiosité et l’intérêt des enfants. L’objectif est d’instiller chez eux des attitudes positives envers les F&L, à la fois à la maison mais aussi en dehors de l’environnement familial car les enfants sont aussi sensibles à des modèles négatifs qui peuvent contredire ceux des parents.

Positiver la consommation de F&L

Un environnement alimentaire chaleureux, avec des encou-ragements et des explications, est associé à de meilleures habitudes alimentaires et un poids plus sain chez les enfants. On peut par exemple dire à un enfant que manger des F&L le rendra fort et en bonne santé, qu’il peut simplement en prendre un morceau ou deux, le féliciter, lui parler chaleureusement quand il en mange. Présenter les F&L d’une manière attirante et amusante est une manière de faciliter leur consommation. Expliquer l’origine et l’histoire d’un fruit ou d’un légume est une façon d’exciter sa curiosité. Des présentations répétées, des encouragements persistants à gouter un fruit ou légume nouveau ou peu apprécié, auront des effets positifs. Attention cependant à ne pas mettre une trop forte pression sur l’enfant, le forcer à finir son assiette, le culpabiliser. Si cela peut temporairement augmenter la consommation de F&L, à long terme c’est plutôt contre-productif en termes de préférences et d’autonomie pour l’enfant.

Engager l’enfant dans les décisions et les tâches liées aux F&L

Impliquer l’enfant dans les choix et les décisions est beaucoup plus efficace que de ne pas l’y engager. Les enfants aiment avoir le choix et répondent favorablement à tout ce qui facilite leur autonomie. Cela peut consister à demander à un enfant de laver une pomme, d’accompagner ses parents pour acheter des F&L, de choisir un légume pour accompagner un plat… On peut aussi les impliquer dans la préparation du repas en s’occupant d’un fuit ou d’un légume particulier.

Etablir des repas structurés et des règles autour des F&L

Des repas familiaux réguliers sont associés à une meilleure qualité de l’alimentation chez l’enfant, incluant une consommation plus importante de F&L. Les pédiatres peuvent donner des conseils de variété en F&L aux parents afin d’élargir la palette des gouts chez l’enfant. Ainsi, on peut systématiquement proposer deux légumes différents au cours d’un repas ou prendre un fruit en dessert à la place d’un aliment sucré. Parmi toutes ces stratégies, il est important de les tester une par une, afin de voir celles qui fonctionnent le mieux au sein de la famille.

Récompenser la consommation de F&L

Cette question a été beaucoup étudiée. En réalité on connait peu de choses sur l’efficacité des pratiques de récompense sur la consommation de F&L chez les jeunes enfants…La récompense peut être une activité que l’enfant apprécie, un peu plus de temps de loisirs... Si les parents veulent récompenser avec un aliment, ils doivent se limiter à des aliments sains, comme par exemple son fruit préféré. L’essentiel est de maintenir un certain contrôle parental et de ne pas orienter les préférences à long terme vers des aliments de forte densité énergétique.

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
L.H. Shriver, C. Buehler, Promoting fruit and vegetables in young children: what advice can pediatricians give to parents ? , Clinical Pediatrics, 1-5, 2015
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