N° 90 | septembre 2009

Quels sont les facteurs qui incitent à manger des fruits et légumes au Brésil ?

La promotion de la consommation des fruits et légumes (F&L) occupe une place importante dans les politiques nutritionnelles et alimentaires en faveur d'une alimentation saine. La stratégie mondiale de l'OMS pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé, recommande d'augmenter la consommation de F&L pour prévenir les maladies chroniques. Ainsi, au Brésil, les recommandations alimentaires du Ministère de la Santé insistent sur la consommation journalière de trois portions de F&L et soulignent l'importance d'avoir une alimentation variée durant la semaine.

Une étude transversale d'observation chez les résidents de São Paulo

Afin d'orienter et d'encourager la mise en oeuvre de politiques de santé publique favorisant la consommation de F&L dans la population générale, il est indispensable de préciser le niveau actuel de consommation et les facteurs qui l'influencent. Cette étude a donc pour objectif de cerner la fréquence de la consommation de F&L chez des Brésiliens adultes et les facteurs qui s'y associent.

Nous avons effectué une étude transversale d'observation. La population étudiée comprenait des résidents de São Paulo en 2003 (hommes et femmes), âgés de 18 ans ou plus, ayant une ligne de téléphone fixe. Les données ont été recueillies lors d'entretiens téléphoniques dans le cadre du Programme de Surveillance des Facteurs de Risque des Maladies Chroniques NonTransmissibles de la ville de São Paulo.

Des facteurs socio démographiques, comportementaux et de consommation

Le critère de jugement principal était la fréquence de la consommation de F&L, cotée de 0 à 3.

Afin d'évaluer simultanément l'ensemble des facteurs associés à la consommation des F&L, nous les avons séparé en trois groupes :

    1. données personnelles socio-démographiques,
    2. données comportementales
    3. consommation habituelle d'aliments sains autres que les F&L (haricots secs et poissons) et d'aliments “malsains”, comme des aliments frits, de la charcuterie, des boissons sucrées, du lait entier, du beurre ou de la margarine, des sucres rapides, du poulet avec sa peau, et de la viande rouge grasse.

La population étudiée comprenait 2 122 sujets dont 1 267 femmes et 855 hommes (moyenne d'âge 40,55 ans).

En moyenne, les femmes avaient été scolarisées pendant7,91 années versus 8,17 années pour les hommes ; 48,6% des femmes disaient ne pas avoir un emploi rémunéré versus 19,1% des hommes.

Les femmes ont de meilleurs scores que les hommes

Une consommation quotidienne de fruits était plus fréquente chez les femmes (51,7%) que chez les hommes et la consommation de légumes cuits était deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes. Les scores moyens de fréquence de consommation des F&L étaient de 1,67 chez les femmes contre 1,50 chez les hommes.

Chez les femmes, les facteurs sociodémographiques corrélés positivement à la fréquence de consommation de F&L étaient l'âge et le niveau d'études. Le seul facteur comportemental associé positivement à ce critère était un régime au cours de l'année précédant l'entretien. Quant aux autres aliments, seule la consommation de sucre était corrélée de manière significative avec une moindre consommation de F&L.

Chez les hommes, les facteurs sociodémographiques significativement corrélés avec la consommation de F&L étaient : un âge plus avancé, un niveau d'éducation plus élevé et un travail rémunéré. Parmi les facteurs comportementaux, la restauration fréquente en dehors de la maison et l'activité physique de loisirs étaient associées à une plus grande consommation de ces aliments. Quant aux autres aliments, il existait une corrélation positive entre l'habitude de manger du poisson et la consommation de F&L.

Régime chez les femmes et sport chez les hommes

Concernant les facteurs comportementaux, suivre un régime dans l'année précédant l'entretien était corrélé positivement avec la consommation de F&L que chez les femmes. Chez les hommes, c'était l'exercice physique durant les loisirs qui etait corrélé positivement à la consommation de F&L.

D'une manière générale, nos résultats sont en accord avec les données déjà publiées. Nos analyses montrent que la consommation d'aliments riches en sucres est corrélée négativement à celle des F&L.

D'après ces données, nous pouvons conclure que la fréquence de la consommation de F&L dans la population adulte de Sao Paulo est inférieure aux recommandations actuelles, surtout parmi les plus jeunes et les moins éduqués. Mieux connaître les facteurs associés à la consommation de F&L pourrait orienter les efforts de promotion de la consommation de ces aliments chez ces habitants.

[Article basé sur la publication originale dans Rev. Saúde Pública. 2008, v. 42, n. 5, pp. 777-785. http://www.scielo.br/pdf/rsp/v42n5/en_6775.pdf)]

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