N° 110 | juin 2011

« Consommation de F&L et produits de grignotage »

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Édito

Les retombées secondaires de la promotion des fruits et légumes

Les articles présentés dans ce nouveau numéro d’Equation Nutrition sont consacrés aux effets bénéfiques « secondaires » possibles de la promotion de la consommation de fruits et légumes. Dans toute l’Europe, les enfants consomment moins de fruits et légumes que les quantités recommandées par les autorités de santé. De nombreux pays ont donc conçu, et mis en oeuvre, des actions de promotion des fruits et légumes qui regroupent à la fois des informations sur la santé et des actions facilitant l’accessibilité aux fruits et légumes.

Il est habituellement admis qu’une augmentation de la consommation des fruits et légumes peut contribuer à la prévention du surpoids et de l’obésité infantile. Cet effet protecteur ne se conçoit que si la consommation accrue de fruits et légumes s’accompagne d’une moindre consommation d’autres aliments fortement caloriques.

Le Dr. Elling Bere de l’Université d’Agder, Kristiansand, décrit les résultats du programme Norvégien de fruits gratuits à l’école. En Norvège, les programmes de promotion des fruits et légumes s’accompagnent d’études scientifiques de bonne qualité, durant les phases de développement, d’instauration et de généralisation. Ce sont les programmes de promotion de la santé en milieu scolaire les mieux étudiés.

Une étude a analysé les impacts diététiques qu’avait la consommation accrue de fruits et légumes dans ce programme. Ainsi, la mise à disposition gratuite de fruits a entraîné une réduction de la consommation de produits de grignotage, dont les effets sont encore visibles un an après la fin du programme, voire même après 3 ans. D’autres analyses ont indiqué que ces effets étaient particulièrement marqués chez les enfants de faible statut socio-économique. C’est très encourageant. Habituellement, la plupart des interventions sont plus efficaces dans les groupes de statut socioéconomique plus élevé, ce qui a pour effet d’augmenter les disparités au niveau de la santé au lieu de réduire la fracture socioéconomique. Le programme Norvégien de fruits à l’école est une exception à la règle. Il révèle que des interventions axées sur une meilleure disponibilité des fruits et légumes, plutôt que sur une simple information, peuvent contribuer à réduire les disparités dans le domaine de la santé.

Le Dr. Nannah Tak, et ses collègues du Centre Médical Universitaire VU d’Amsterdam, rapportent des résultats similaires pour le programme Hollandais sur les fruits et légumes. Les enfants participant au programme « Fruits & Légumes gratuits » ont moins tendance à apporter des produits de grignotage à l’école. Encore une fois, la promotion des fruits et légumes a également d’importantes retombées sur le grignotage.

Enfin, dans un troisième article, le Dr. Gomes, de l’Institut National du Cancer au Brésil, suggère que la promotion des fruits et légumes soit associée à une campagne visant à réduire la consommation de produits de grignotage. Les aliments de grignotage étant sources de profit pour l’industrie agroalimentaire, les industriels profitent de la promotion en faveur d’une consommation accrue de fruits et légumes pour mettre sur le marché de nouveaux produits de grignotage contenant… des fruits et légumes ! Selon le Dr Gomes, cette prolifération pourrait évidemment avoir des répercussions négatives sur la consommation des véritables fruits et légumes…

Johannes Brug
Institut EMGO pour la Santé et la Recherche sur les Soins Centre Médical Universitaire VU, Amsterdam, Pays Bas.
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