N° 114 | novembre 2011

« Consommation de fruits et légumes & santé osseuse »

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Édito

L’ostéoporose est reconnue comme un problème majeur de santé publique et son incidence est très susceptible d’être exacerbée dans les années à venir, en raison de l’absence de moyens de prévention. Il est donc urgent de proposer aux professionnels de santé de nouveaux outils validés, afin de retarder les altérations métaboliques et fonctionnelles du squelette.

La contribution – majeure – du calcium est bien établie. Toutefois, dans le cadre d’une approche multimodale de la santé, la prévention nutritionnelle de l’ostéoporose (impliquant classiquement calcium et vitamine D) doit évoluer vers de nouveaux concepts. Outre la couverture des besoins métaboliques liés à chaque stade physiologique, ils doivent intégrer la capacité de certains nutriments et micronutriments à moduler la plasticité des tissus. La recherche en nutrition humaine a conduit à prendre conscience du potentiel exercé par un régime riche en fruits et légumes pour la protection contre les maladies chroniques, dont l’ostéoporose. Les arguments ? Ils proviennent d’études épidémiologiques indiquant que la consommation de fruits et légumes est un prédicteur indépendant de la taille des os des enfants, au début de la puberté. De même, certaines études observationnelles ont rapporté une association significative entre la consommation passée de fruits et la densité minérale osseuse chez les femmes pré ménopausées et, potentiellement, après la ménopause.

Hamidi et coll. ont effectué une méta-analyse de la littérature existante en examinant les études, observationnelles et interventionnelles, portant sur l’effet de l’ingestion de fruits et légumes sur le remodelage osseux, la densité minérale osseuse et le risque de fracture. Il s’avère, en fait, que le dossier scientifique n’est pas encore suffisamment documenté pour tirer des conclusions définitives chez les femmes âgées de plus de 45 ans.

Néanmoins, Hardcastle et coll. ont publié la première étude épidémiologique, réalisée chez plus de 3000 femmes ménopausées, fournissant les preuves d’une association entre remodelage osseux, densité minérale osseuse et les flavonoïdes alimentaires. Ces métabolites secondaires, présents dans les fruits et légumes et le thé, sont des nutriments essentiels impliqués dans la stratégie défensive de la plante contre les stress environnementaux.

Par ailleurs, Mackinnon & Rao, ont étudié l’effet sur la santé des os, du lycopène (apporté par les tomates et pastèques) qui, en raison de ses propriétés antioxydantes, s’avère être un acteur prometteur pour la prévention des maladies dégénératives. L’étude transversale et l’essai clinique contrôlé randomisé fondé sur une supplémentation en lycopène, qu’ils ont mis en oeuvre, démontrent que le lycopène est susceptible de protéger le squelette.

Conclusion : les fruits et légumes ont un potentiel prometteur pour améliorer les stratégies nutritionnelles de prise en charge de la santé osseuse et optimiser les pratiques cliniques, même s’il demeure nécessaire de recueillir davantage de données ciblant les femmes ménopausées.

Véronique Coxam
Directrice de recherche, INRA, FRANCE
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