N° 128 | février 2013

Obésité infantile « Il n’y a plus de temps à perdre ! »

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Édito

Empêcher les enfants d’aujourd’hui de devenir les malades de demain

L’obésité infantile est devenue un problème médical majeur chez les enfants et représente probablement une des principales causes de maladie future que l’on peut prévenir chez les adultes. L’obésité dans l’enfance – même si le poids se normalise à l’âge adulte – est un important facteur de risque de maladies coronariennes. Le diabète de type 2, auparavant limité aux personnes d’âge mûr, est aujourd’hui diagnostiqué chez des enfants obèses.

Les articles de Lytle, Raj et Mitsnefes ouvrent des perspectives sur l’importance médicale, les causes, les traitements et la prévention de l’obésité infantile, ainsi que sur les maladies associées.

Manu Raj nous rappelle la controverse au sujet du “syndrome métabolique”: à la fin des années 80, Gérald M. Raeven, avait remarqué la coïncidence entre les maladies coronariennes et certaines anomalies, qu’il avait nommées “syndrome (métabolique) X”. Ces maladies comprenaient l’hypertension, les dyslipidémies, l’hyperglycémie et – l’obésité ! Ce qui n’avait pas été envisagé, c’est que l’obésité serait la cause de toutes ces maladies plutôt qu’un composant indépendant du “syndrome métabolique”. Lorsque l’on prévient, ou que l’on traite l’obésité, ces anomalies régressent, voire disparaissent, chez les enfants comme les adultes. Comme le rappelle Mark Mitsnefes, il est peu probable qu’un régime de fruits et légumes soit à lui seul responsable d’un effet anti hypertenseur. En revanche, il est démontré qu’une activité physique régulière, associée à une alimentation riche en fruits et légumes (ayant également une teneur réduite en graisses et en glucides), est une manière efficace de traiter l’obésité (et l’hypertension qui en résulte) et de maintenir un poids stable une fois normalisé. Enfin, Leslie Lytle rapporte que les mesures de santé publique pour prévenir l’obésité infantile sont importantes pour les gouvernements du monde entier si l’on veut empêcher les enfants d’aujourd’hui de devenir les malades de demain.

Matthias Barton
Université de Zurich, Suisse
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