N° 85 | février 2009

Choix alimentaires chez les étudiants

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Édito

Une question de bon sens économique

Les articles de ce numéro d’Equation Nutrition – Ifava offrent une perspective intéressante sur les comportements alimentaires des étudiants universitaires, les explications possibles et les pistes éventuelles pour les améliorer.

L’un d’eux examine, en particulier, les comportements d’une cohorte d’étudiants allemands. Les données confirment la mauvaise hygiène de vie déjà observée dans des enquêtes estudiantines européennes et des études nationales publiées ces dix dernières années. Quelques points soulevés dans cet article sont à noter ainsi que les deux autres.

Les études menées dans un environnement universitaire reflètent une période de vie brève ; elles sont donc peu nombreuses. Cependant, d’une manière constante, elles montrent que les étudiants sont particulièrement vulnérables face à une hygiène de vie malsaine. Les autorités sanitaires devraient prendre ces données très au sérieux.

Des études sur l‘impact des interventions à l’université en termes de performance académique, de comportements alimentaires et de style de vie post-universitaire doivent être menées. De plus, il est primordial d’évaluer si les habitudes identifiées chez les étudiants universitaires sont transitoires ou si elles perdurent après l’université.

Les étudiants en médecine auraient une hygiène de vie comparativement plus saine que leurs pairs. Il serait intéressant d’analyser si cela relève d’une prise de conscience de l’importance de la santé ou bien d’autres explications.

Clairement, l’alimentation offerte dans les restaurants universitaires expliquerait en partie la mauvaise qualité de l’alimentation chez les étudiants. Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments offerts et leur fixer un prix abordable seraient des moyens modestes mais efficaces pour améliorer leur alimentation. Finalement, tenir compte des contraintes économiques frappant la population étudiante et offrir des aliments sains, sûrs, à un prix abordable, doivent constituer des priorités, ceci étant également vrai pour la population générale.

La prévention des maladies par des initiatives nutritionnelles de qualité, relève du bon sens économique.

Ambroise Martin
Ancien professeur de Nutrition, Faculté de Médecine, Université Claude bernard-Lyon I
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