N° 96 | mars 2010

Déterminants de la consommation de fruits et légumes chez les adolescents

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Édito

Adolescents dans un monde complexe : que manger et pourquoi ?

Les adolescents doivent s’intégrer à un environnement social d’une complexité et d’une diversité croissantes. Cette intégration passe par divers facteurs, incluant les relations familiales et amicales, Internet, les téléphones portables, les média, les gadgets électroniques… Tout cet ensemble représente un flux d’informations qui influence les adolescents dans la perception de leur morphologie, leur estime de soi, leur manière de s’habiller et de se comporter (choix alimentaires, repas sautés, consommation de Fruits et Légumes (F&L), restauration rapide, etc.). Si l’on veut mettre en œuvre des politiques de santé publique efficaces pour prévenir le surpoids et l’obésité des adolescents, il semble essentiel de bien connaître les relations entre l’environnement social, la fréquence de l’obésité et les variables nutritionnelles clés.

Des enquêtes récentes ont été effectuées auprès d’un grand nombre d’adolescents âgés de 11 à 17 ans. La plus importante, englobant plus de 162 000 adolescents dans 35 pays, a révélé quelques surprises. Ainsi, la relation entre le pourcentage d’adolescents en surpoids/obèses et les inégalités économiques – ou le gradient social (différences de revenus entre les couches inférieures et supérieures) – n’est pas le même entre les pays à revenus élevés et ceux à revenus faibles ou moyens. Pourquoi une telle différence ? Sans doute parce que la dynamique sociale n’a pas les mêmes effets dans des cultures variées et des pays aux richesses différentes. La complexité de la relation entre l’économie d’un pays et l’obésité de ses adolescents reflète la complexité des relations existant entre l’environnement familial et les comportements alimentaires des jeunes.

Ces données font douter de la possibilité de dégager une conclusion unique globale qui engloberait ces interactions multiples. Si les grandes enquêtes ont une valeur certaine, il se peut qu’elles n’apportent pas suffisamment d’éléments pour élaborer une politique de santé publique.

En clair : l’adolescent « type » existe t’il ? La réponse est : Non ! En conséquence, il est peu probable que l’on trouve des réponses dans les valeurs « types » des variables qui influencent le comportement et le poids des adolescents. Face à des environnements complexes et peu prévisibles, il est peut être préférable d’effectuer des recherches au niveau local, dans les milieux où nous vivons et travaillons.

John Blundell
Directeur du Département de Psychobiologie Institut des Sciences Psychologiques Université de Leeds, Leeds, Royaume-Uni
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