N° 113 | octobre 2011

Augmenter la disponibilité et la consommation des fruits et légumes en entreprise

L’entreprise est considérée comme un lieu adéquat pour les interventions visant à promouvoir une alimentation plus saine, comme la consommation des fruits et légumes. Au Brésil existe une politique spécifique d’Alimentation pour les Ouvriers (WFP- Worker Food Programme). Elle encourage les entreprises à subventionner les repas proposés à leurs ouvriers.

Cet article montre l’impact d’une intervention visant à augmenter la disponibilité et la consommation des fruits et légumes dans les restaurants d’entreprise participant au WFP à São Paulo au Brésil.

Une promotion en 4 étapes

L’intervention s’est appuyée sur un modèle environnemental de promotion de la santé. Elle s’est déroulée en quatre étapes successives, impliquant la participation des gérants des restaurants d’entreprises.

  • A la première étape, un manuel a été distribué aux gérants, les informant de l’importance d’une alimentation équilibrée pour le bienêtre et les performances des ouvriers et le rôle clé des fruits et légumes dans une bonne santé.
  • Au cours de la seconde étape, les employés des restaurants d’entreprise, ainsi que les responsables de la préparation des repas (cuisiniers et assistants), ont participé à des ateliers de cuisine leur présentant des recettes à base de fruits et légumes. Ils ont également reçu des conseils pour présenter et disposer les plats.
  • Durant la troisième étape, des documents éducatifs ont été distribués dans les restaurants d’entreprise avec des messages encourageant la consommation des fruits et légumes. En outre, les choix alimentaires les plus sains étaient clairement indiqués au self où les ouvriers choisissaient leur plat.
  • La dernière étape était éducative, comportant des affiches résumant les étapes précédentes et faisant la promotion des fruits et légumes.

Une trentaine d’entreprises étudiées

Le changement de la quantité de fruits et légumes proposées à chaque ouvrier à chaque repas a été utilisé comme critère principal pour évaluer l’impact de l’intervention. Les quantités d’énergie, de protéines, de glucides, de matières grasses et de fibres ont été mesurées dans les repas proposés. Nous avons également évalué la consommation de fruits et légumes en interrogeant les ouvriers sur le nombre de portions consommées à chaque repas de midi. Les données ont été collectées à deux reprises : au départ et 6 mois après l’intervention.

Des échantillons ont été recueillis dans 29 entreprises réparties en deux groupes (intervention (n=15) et témoin (n=14)).

Une augmentation de la consommation de fruits et légumes de 15%

Après l’intervention, l’augmentation moyenne de la disponibilité des fruits et légumes a été de 49 g dans le groupe d’intervention soit environ 15% environ. Les résultats du groupe témoin étaient presque identiques à ceux de départ. Durant la période de suivi, dans le groupe d’intervention, la teneur totale en matières grasses a diminué tandis que la consommation de fibres a augmenté.

Au final, la consommation de fruits et légumes chez les ouvriers du groupe d’intervention a augmenté, passant de 104,85 à 123,03 g. Aucune modification significative n’a été relevée dans le groupe témoin. Une analyse multivariée, selon des modèles linéaires de régression, a pu mesurer une augmentation de 13,21 g de la consommation de fruits et légumes dans le groupe d’intervention.

Les résultats de cette étude montrent que cette intervention a amélioré l’offre et la consommation de fruits et surtout de légumes dans les repas servis dans les entreprises. Elle prouve que des interventions simples comme celle-ci sont faisables et efficaces pour promouvoir la consommation des fruits et légumes en entreprise.

Daniel H. Bandoni
Département des Sciences de la Santé, Université Fédérale de São Paulo,
Flávio Sarno
Ecole de Santé Publique, Université de São Paulo, Brésil
Patricia C. Jaime
Ecole de Santé Publique, Université de São Paulo, Brésil
Bandoni DH, Sarno F, Constante PC. Impact of an intervention on the availability and consumption of fruits and vegetables in the workplace. Public Health Nut 2011: 14, 975–981
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