N° 222 | décembre 2021
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Edition spéciale – Un symposium pour clore l’Année Internationale des Fruits et Légumes

Avis d’expert : Pascale Hébel – La consommation de fruits et légumes chez les 18-34 ans

Membre correspondante de l’Académie de l'Agriculture depuis 2011. Ingénieure agronome INA-PG (1985) et titulaire d’un doctorat en biométrie (1992). Elle est déléguée générale aux actions externes du CREDOC et membre de son bureau exécutif après avoir été directrice du département consommation et auparavant ingénieure de recherche pendant sa bourse de thèse à l’INRA. Elle est l’auteure de très nombreuses publications sur les tendances de la consommation alimentaire. Pascale HÉBEL est une spécialiste reconnue en sociologie de la consommation alimentaire.

Portrait Pascale Hébel

Les 18-34 ans respectent la recommandation « Consommez au moins 5 portions de fruits et légumes par jour » ?

FAUX

Globalement la consommation de la population française en fruits et légumes augmente et s’approche des 5 fruits et légumes par jour, mais reste malheureusement en-dessous, avec en moyenne 4,17 portions consommés par jour et par personne. En réalité, seuls 32% des Français respectent la recommandation du PNNS et la moyenne nationale recouvre des niveaux de consommation très disparates.
L’âge est un déterminant clé dans la consommation des fruits et légumes. Plus on est jeune moins on en consomme. Ainsi, à âge égal, les jeunes générations consomment quatre fois moins de fruits et légumes que leurs aînés. 68% des 18-24 ans et 65% des 25-34 ans sont « faibles consommateurs » de fruits et légumes – c’est-à-dire qu’ils en mangent moins de 3,5 portions par jour.
Depuis 2016, toutefois, la consommation de fruits et légumes des Français a légèrement augmenté en 2019. Chez les 18-24 ans par exemple, la part des « petits consommateurs » est passée de 77 % à 68 % en 10 ans.

 

Groupe de jeunes adultes cuisinant des fruits et légumes

Des leviers existent pour augmenter la consommation de fruits et légumes ?

VRAI

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible consommation de fruits et légumes chez les jeunes adultes. L’évolution des modes de vie, d’une part. Les modes de vie urbains et l’éloignement du lieu de travail sont responsables d’un manque de temps pour cuisiner, mais également d’une réduction du matériel et de l’espace dédiés à la préparation des repas. On observe également une perte de savoir-faire culinaire au fil des générations. Par ailleurs, on note aussi une simplification des repas et des consommations de plus en plus nomades. Tous ces éléments grèvent la consommation de fruits, mais surtout de légumes.
Pour favoriser la consommation, plusieurs pistes sont à creuser. D’une part, faire évoluer l’offre pour mieux répondre à la demande. Proposer des produits consommables immédiatement et semi-préparés pour favoriser une cuisine d’assemblage par exemple. Autre option, se recentrer sur de nouvelles occasions de consommation. En effet, les jeunes adultes privilégient les encas ou l’apéritif pour consommer des fruits et légumes.
Enfin, autre opportunité, les dernières données montrent que cette tranche d’âge se préoccupe davantage de sa santé et de l’environnement que les générations précédentes. Ces deux paramètres amènent ainsi de plus en plus de jeunes adultes à végétaliser leur assiette. Il existe donc une tendance à saisir par le secteur des fruits et légumes s’ils s’emparent du sujet, en proposant notamment des produits adaptés à ces nouvelles attentes.

Fruits frais découpés à emporter

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