N° 72 | novembre 2007

Des fruits, de la vitamine C et des omégas 3 pour la santé respiratoire des adolescents !

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Une alimentation avec une forte composante d’aliments riches en micronutriments anti-inflammatoires et antioxydants peut optimiser la santé respiratoire des enfants. Ainsi, nous avons récemment rapporté que les adolescents ayant les plus faibles consommations de micronutriments anti-inflammatoires et antioxydants avaient une diminution de leur fonction pulmonaire et une augmentation des symptômes respiratoires.

Si l’adolescence est une période de croissance physique rapide, les adolescents ont encore souvent de mauvaises habitudes alimentaires. Les micronutriments, comme les antioxydants, aident à la croissance et la protection des poumons. Une faible consommation d’antioxydants pourrait donc entraîner un moindre développement de la fonction pulmonaire et une aggravation des symptômes respiratoires, comme la toux chronique, les sibilants ou l’asthme.

Une enquête chez 2 112 élèves de terminale

Durant l’année scolaire 1998-99, nous avons étudié l’association de facteurs alimentaires (fruits, légumes, vitamines C et E, bétacarotène, rétinol, acides gras n-3) avec la santé respiratoire chez 2112 élèves de terminale (twelveth grade) dans 13 communautés des Etats-Unis et du Canada.

Les élèves ont effectué un test standard d’expiration forcée avec un spiromètre à piston mobile (Spiroflow; PK Morgan; Andover, MA) selon la méthode de l’American Thoracic Society.

Les adolescents ont également rempli deux questionnaires standardisés : l’un basé sur le questionnaire de la Division des Maladies Pulmonaires de l’American Thoracic Society, l’autre (semi quantitatif et conçu pour les populations d’adolescents) sur les fréquences des prises alimentaires.

Nous avons utilisé un modèle de régression linéaire mixte pour évaluer les associations entre les facteurs alimentaires (y compris les suppléments vitaminiques) et la fonction pulmonaire. Pour les symptômes respiratoires, nous avons utilisé une régression logistique utilisant une équation générale d’estimation ajustée pour les covariants aux niveaux individuels et collectifs.

Fruits et vitamine C : un rôle certain

Nous avons trouvé qu’une faible consommation de fruits et de vitamine C était associée à une moindre fonction respiratoire par rapport aux consommations les plus fortes.

Une faible consommation de fruits (<0,25 portions par jour) était associée à un plus faible volume expiratoire forcé en une seconde (FEV1) (-1,3 % de la valeur théorique; Intervalle de Confiance [IC] à 95 % : -2,4 – 0,2 % de la valeur théorique).

Une faible consommation de vitamine C (<85 mg par jour) était associée à une plus faible capacité vitale forcée FVC (-1,3 % de la valeur théorique; [IC] à 95 % : -2,4 – 0,2 % de la valeur théorique).

Par rapport à une forte consommation, une faible consommation de fruits était également associée à une plus forte probabilité de symptômes de bronchite chronique (odds ratio [OR] : 1,36 ; [IC] à 95 % : 1,03 – 1,73) ou d’asthme ([OR], 1,34 ; [IC] à 95 % 0,93 – 1,94).

Une faible consommation d’acides gras n-3 (<5,2 mg/jour) était également associée à une probabilité plus élevée de symptômes de bronchite chronique (|OR] : 1,37 ; IC à 95 % : 1,05 – 181), de sibilants ([OR] : 1,34 ; [IC] à 95 % : 1,06 – 1,69), ou d’asthme ([OR] : 1,68 ; [IC] à 95 % : 1,18 – 2,39).

Les suppléments vitaminiques ne compensent pas

La consommation de fruits, légumes, vitamines et acides gras n-3 de la plupart des adolescents de cette cohorte était bien inférieure aux recommandations nutritionnelles de l’Institut de Médicine (DRIs). Pour les fruits, la moyenne était de 0,6 portions par jour. De plus, seulement 11 % des adolescents consommaient cinq compléments multivitaminiques ou plus par semaine. Les fruits sont une importante source d’antioxydants, tels que vitamine C et flavonoïdes et de fibres. Même si un supplément vitaminique permet d’atteindre les valeurs recommandées, il ne compense pas complètement en flavonoïdes et en fibres la faible consommation de fruits. En outre, il existe des preuves d’une synergie entre les effets biologiques des micronutriments lorsqu’on consomme des aliments, comme les fruits, dans leur intégralité.

Des conséquences à long terme sur la santé respiratoire

Les adolescents consomment souvent des quantités de nutriments essentiels inférieures à celles recommandées pour promouvoir la santé. Cela peut nuire au développement d’une fonction pulmonaire optimale. Il est peu probable que la moindre fonction pulmonaire associée dans notre étude à une faible consommation de fruits et de vitamine C ait un impact fonctionnel sur la santé respiratoire actuelle. Cependant, ces données suggèrent qu’à terme ces adolescents ne puissent pas atteindre une fonction pulmonaire maximale.

Notre étude met en évidence une association entre la toux chronique et les sibilants et les faibles consommations quotidiennes de micronutriments. Ces symptômes, joints à une plus faible fonction respiratoire maximale, peuvent contribuer à un remodelage des voies aériennes et à une dégradation ultérieure de la fonction pulmonaire à l’âge adulte. Ces facteurs peuvent avoir des conséquences à long terme. Chez l’adulte, une faible fonction pulmonaire est associée à une morbidité accrue et une mortalité prématurée. Dans ce groupe d’âge, l’objectif principal reste la prévention du tabagisme. Cependant, chez des adolescents en période de croissance rapide, promouvoir la consommation de fruits et d’aliments riches en ac

Jane S. Burns
Département de Santé Environnementale, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA
Douglas W. Dockery
Département de Santé Environnementale, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA /Laboratoire Channing, Hopital “Brigham and Women’s” & Ecole de Médecine de Harvard, Boston, MA, USA
Joel Schwartz
Département de Santé Environnementale, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA /Département d’Epidémiologie, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA /Laboratoire Channing, Hopital “Brigham and Women’s” & Ecole de Médecine de Harvard, Boston, MA, USA
Brent A. Coull
Département de Biostatistiques, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA
Frank E. Speizer
Département de Santé Environnementale, Ecole de Santé Publique de Harvard, Boston, MA, USA /Laboratoire Channing, Hopital “Brigham and Women’s” & Ecole de Médecine de Harvard, Boston, MA, USA
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