N° 72 | novembre 2007

Consommation de fruits & légumes et voies respiratoires

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Édito

L’impact de l’alimentation sur les maladies pulmonaires

Les maladies pulmonaires ont augmenté de façon significative au cours des 10 dernières années et sont responsables d’une morbidité et d’une mortalité substantielles. L’influence des facteurs alimentaires suscite un intérêt croissant en raison de leur impact potentiel sur la genèse et l’évolution des maladies pulmonaires, en particulier par leur effet modulant sur les expositions environnementales. Ces facteurs regroupent des antioxydants, des acides gras oméga-3 et d’autres micronutriments qui pourraient affecter la réponse immunitaire.

Si de nombreuses études épidémiologiques suggèrent qu’une plus forte consommation de fruits frais et de vitamines antioxydantes (en particulier la vitamine C) est associée à une plus faible prévalence de toux, de sibilants* et d’asthme, à un moindre déclin de la fonction respiratoire et à moins de symptômes de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) (Romieu, 2001, 2005), il existe en revanche peu d’informations sur les liens entre les habitudes alimentaires et les maladies broncho-pulmonaire obstructives.

Trois études récentes apportent des preuves supplémentaires sur l’impact de l’alimentation sur les maladies pulmonaires.

Une forte consommation de fruits et légumes, de poissons et céréales complètes (qui font partie du “régime prudent”) est associée à une meilleure fonction pulmonaire et à moins de troubles respiratoires chez les enfants (Burns, 2007) ainsi qu’à une plus faible incidence de BPCO chez les adultes (Varraso, 2007).

De la même manière, les enfants respectant bien un régime méditerranéen traditionnel, riche en fruits, légumes, poissons et céréales complètes soufrent moins d’asthme ou de rhinite allergique (Chatzi, 2007).

Il est donc temps pour les professionnels de santé de promouvoir un “comportement alimentaire sain” dès l’enfance, comme partie intégrante des messages de santé publique pour améliorer la santé respiratoire.

Isabelle Romieu
Professeur d’Epidémiologie Environnementale, Institut National de Santé Publique, Mexique
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