N° 217 | mai 2021

Interaction entre la prédisposition génétique au diabète et la consommation de fruits

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La survenue d’un diabète de type 2 est liée à la fois à des facteurs génétiques et à des facteurs liés au mode de vie, en particulier à une alimentation déséquilibrée, associée à une sédentarité et à une prise de poids abdominale. Des centaines de polymorphismes ont été identifiés comme associés au risque de diabète. Mais l’interaction génétique-alimentation est encore peu étudiée. On sait que la consommation de fruits a un effet favorable sur le risque de diabète, probablement du fait de leur richesse en micronutriments, en phytoconstituants, et à leur faible densité énergétique ; probablement aussi au fait qu’ils se substituent à des aliments de faible intérêt nutritionnel et de forte densité énergétique.

Cette étude vise à déterminer l’interaction entre la consommation de fruits frais et un score de risque génétique (GRS ou Genetic Risk Score) à partir de 34 variants associés au diabète de type 2 en Asie de l’Est. 11 657 sujets de 40 ans ou plus de la ville de Shanghai en Chine ont fait l’objet de cette étude transversale.

La consommation de fruits a été établie à partir d’une enquête de fréquence alimentaire sur les 12 derniers mois. Le risque de diabète de type 2 , la glycémie à jeun, postprandiale (2 heures), l’hémoglobine glycosylée (Hb A1c) associés au GRS et à chaque polymorphisme (SNPs ou Single Nucleotide Polymorphism) ont été analysés. La consommation de fruits frais a été classée en 3 niveaux (< 1 fois/semaine – 1 à 3 fois/semaine – et > 3 fois/semaine). Le GRS a été établi selon 3 tertiles (1 - 2 et 3). L’analyse multi variée a été ajustée sur les variables suivantes : âge, sexe, IMC, pression artérielle systolique et diastolique, paramètres lipidiques, tabac, alcool, activité physique, autres facteurs alimentaires.

La consommation de fruits atténue le risque de diabète type 2

Le risque de diabète de type 2 est croissant - quelle que soit la consommation de fruits - lorsque le GRS augmente. Mais, pour chaque tertile de GRS, il décroit lorsque la consommation de fruits augmente. D’autre part, il décroit d’autant plus que le GRS est élevé.

Ainsi, le risque le plus bas est observé pour une consommation de fruits > 3 fois/semaine et un GRS de tertile 1, et le plus élevé pour une consommation de fruits < 1 fois/semaine et un GRS de tertile 3 avec un risque 5 fois plus élevé. Il n’est plus que de 1,72 pour un GRS de tertile 3 si la consommation de fruits est élevée (tableau 1).

La consommation de fruits atténue d’autant plus le risque de diabète de type 2 que le risque génétique est élevé. Mais dans tous les cas, quel que soit le risque génétique, la consommation de fruits atténue le risque de diabète de type 2. Enfin, le bénéfice est observé même avec une faible consommation de fruits (1 à 3 fois par semaine).

 

 

Jean-Michel Lecerf
Service de Nutrition, Institut Pasteur de Lille, FRANCE
D’après Xu Jia et al. Fruit intake, genetic risk and type 2 diabetes: a population-based gene-diet interaction analysis. Eur J Nutr. 2021 Jan 5.
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