N° 225 | mars 2022
Imprimer

Consommations alimentaires : quelles tendances dans le monde ?

Etats-Unis : les écoles, levier clé d’amélioration de l’alimentation des enfants

Jeunes garçons qui mangent à la cantine scolaire - Equation nutrition - Aprifel

Une alimentation de mauvaise qualité nutritionnelle est l’un des premiers facteurs de risques pour la santé. C’est la troisième cause de mortalité et d’incapacité aux USA (Mokdad, 2018). Deux articles récents se sont penchés sur l’évolution de la qualité de l’alimentation dans la population américaine entre 1997 et 2018. Ces travaux montrent que la qualité de l’alimentation des enfants est globalement moindre que celle des adultes. Par ailleurs, ces études soulignent le rôle de réduction des inégalités que peut jouer l’école, puisque l’amélioration de la qualité des repas servis a permis d’améliorer l’alimentation des enfants, toutes classes sociales confondues.

Ces deux études récentes ont analysé les données issues de la cohorte NHANES National Health and Nutrition Examination Survey, pour évaluer la qualité de l’alimentation des américains et son évolution récente (voir méthodologie).

Une première étude (Liu,2021) a examiné l’évolution de la qualité des consommations alimentaires aux États-Unis selon les lieux et sources de consommation : magasins, restaurants, école/entreprise… Pour l’ensemble des lieux/sources alimentaires étudiés, les enfants présentaient une alimentation globalement moins bonne que celle des adultes, à l’exception des repas pris à l’école.

Une amélioration des repas pris à l’école et davantage de fruits et de céréales complètes

Entre 2003 et 2018, la proportion d’enfants ayant une alimentation de mauvaise qualité nutritionnelle à l’école a diminué de plus de la moitié, passant de 55,6 % à 24,4 %.

Cette amélioration est liée à l’augmentation de la consommation de céréales complètes et de fruits et à la réduction de la consommation de graisses saturées et de boissons sucrées.

Cet effet est observé dans tous les sous-groupes de population. Elle est particulièrement notable après 2010 et est probablement due au Healthy, Hunger-Free Kids Act adopté cette année-là, sous l’impulsion de l’ancienne première dame Michelle Obama.

Cette amélioration n’est pas observée de manière uniforme pour les autres sources alimentaires. Ainsi, pour les aliments issus des achats en magasins, la part d’enfants consommant des aliments à faible intérêt nutritionnel est restée stable pour les ménages à faible revenu (de 52,7 à 49,7 %). En revanche, la qualité de l’alimentation s’est améliorée pour les ménages à revenu élevé avec une diminution de la consommation d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle (de 51,0 à 37,4 %).

Peu d’évolutions constatées chez les adultes

Chez les adultes, de légères améliorations sont observées entre le début des années 2000 et la fin des années 2010 pour les aliments provenant des achats en magasin (35,8 à 38,3 %) et les repas pris au restaurant (28,5 à 29 %). Pour les autres lieux étudiés, la qualité de l’alimentation des adultes est restée stable ou s’est détériorée.

Ce travail pointe l’efficacité de mesures réglementaires visant à garantir la qualité des repas et aliments proposés à l’école.

Il souligne également les marges de progrès importantes liées à l’amélioration de la qualité de l’offre alimentaire en magasin, puisque deux tiers des calories consommées en sont issues.

Une alimentation de moins bonne qualité nutritionnelle chez les enfants

La seconde étude (Yu, 2021) a examiné l’évolution de la qualité de l’alimentation chez les enfants et les adultes américains. En accord avec les résultats apportés par l’étude précédente, ce travail pointe une moins bonne qualité de l’alimentation chez les enfants.

Entre 1999 et 2018, le score de qualité de l’alimentation des enfants (voir méthodologie) est passé de 48,73 à 51,59. Chez les adultes, il est passé de 53,1 à 53,18.

Globalement, la qualité du régime alimentaire des enfants est également plus variable que celle des adultes. De 1999 à 2018, la consommation de céréales complètes et sucres ajoutés a augmenté de manière continue chez les enfants, tandis que la consommation de légumes totaux et de graisses saturées a eu tendance à diminuer.

Chez les adultes, la consommation de légumes verts et haricots, céréales complètes, produits de la mer, protéines végétales, et acides gras ont augmenté de manière significative, tandis que celles de légumes et de sodium ont diminué.

Ces deux publications soulignent le rôle qu’ont à jouer l’action publique, l’industrie alimentaire et le monde de la restauration pour améliorer la qualité de l’alimentation et aider les consommateurs dans leurs choix.

Parmi les nombreux facteurs influençant la qualité du régime alimentaire des enfants, le facteur familial et les environnements alimentaires sont cruciaux (Scaglioni, 2018). Ainsi, les repas pris à l’école sont actuellement un levier important d’amélioration de la qualité de l’alimentation des enfants aux Etats-Unis. C’est un outil important pour réduire les inégalités constatées selon les niveaux de revenu des ménages.

Tableau 1 : Caractéristiques des études présentées
Messages clés
  • Aux Etats-Unis, l’alimentation des enfants est globalement de moins bonne qualité que celle des adultes
  • D’après les données disponibles en 2017-2018, les repas pris à l’école sont de bonne qualité nutritionnelle et ont permis d’améliorer la qualité de l’alimentation des enfants
Méthodologie

Basé sur : Liu J et al. Trends in Food Sources and Diet Quality Among US Children and Adults, 2003-2018. JAMA Netw Open. 2021;4(4):e215262.

Yu H et al. “Difference in diet quality trends between children and adults in the United States: A serial cross-sectional study from 1999 to 2018.” Asia Pacific journal of clinical nutrition 30 3 (2021): 522-536 .

Références
Retour Voir l'article suivant