N° 168 | octobre 2016

Il faut promouvoir la consommation de fruits et légumes chez les adultes souffrant de surpoids et d’obésité !

L’obésité, qui se traduit par un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 30 kg/m2, est en forte augmentation aux États- Unis. Près d’un tiers des enfants et adolescents et plus de deux tiers des adultes souffrent de surpoids ou d’obésité. Cette aggravation est d’autant plus inquiétante que l’obésité présente des risques pour la santé : hypertension, AVC, maladies coronariennes, diabète de type 2 et divers cancers. Un changement d’alimentation, incluant notamment une consommation plus importante de fruits et légumes, peut contribuer à une perte de poids chez les personnes en surpoids ou obèses. Cependant, moins de 22 % des américains consomment la quantité quotidienne recommandée de fruits et légumes, soit l’équivalent de deux tasses de fruits et deux tasses et demie de légumes. Une consommation inférieure à ces recommandations a été observée à plusieurs reprises au sein de différentes cohortes d’adultes. Dans certains groupes, une baisse de la consommation générale au fi l du temps a même été observée.

Éducation nutritionnelle et consommation de fruits et légumes

Une étude récente sur l’efficacité d’un programme communautaire d’éducation sur les fruits et légumes et d’approvisionnement analysant les effets de ces aliments sur les changements de consommation chez les adultes en surpoids et obèses, a révélé des résultats intéressants. Les adultes participants se sont vu assigner au hasard l’un des trois groupes suivants :

  • le groupe témoin, qui n’a reçu aucune consigne,
  • le groupe d’éducation, qui a assisté à des cours hebdomadaires de nutrition promouvant la consommation de fruits et de légumes, et
  • le groupe des fruits et légumes, qui a suivi des cours hebdomadaires de nutrition et reçu chaque jour des échantillons de fruits et légumes pendant dix semaines.

Des questionnaires semi-quantitatifs de fréquence alimentaire et des enquêtes portant sur les aliments consommés sur trois jours ont permis d’évaluer la consommation de fruits et légumes.

Au début de l’étude, aucun des participants ne consommait la quantité quotidienne recommandée de fruits et légumes. Une hausse de la fréquence de consommation de fruits et légumes a été relevée à la suite de l’intervention chez les participants issus des deux groupes d’intervention, contrairement au groupe témoin. Aucune autre amélioration n’a toutefois été observée dans le groupe des fruits et légumes par rapport au groupe d’éducation. Ce constat indiquerait que l’éducation nutritionnelle pourrait avoir contribué à l’augmentation de la consommation de ces aliments chez les participants, mais que les échantillons fournis n’auraient aucun impact supplémentaire.

Malgré cette progression observée auprès des groupes d’éducation et de fruits et légumes, la consommation générale est restée toujours en-deçà des recommandations en vigueur à l’issue de l’étude.

Améliorer les apports en fruits et légumes, tout en réduisant la consommation d’aliments moins nutritifs

Tout au long du programme d’éducation nutritionnelle, les participants ont été vivement encouragés à faire l’impasse sur les aliments à forte densité énergétique et de faible valeur nutritionnelle au profit des fruits et légumes. Cette recommandation a été mise en avant afin de promouvoir une consommation plus importante d’aliments sains, tout en maintenant et/ou réduisant leur apport calorique général. Il a également été suggéré aux participants de prendre un fruit ou un légume pour collation. Les aliments habituellement pris en collation ayant souvent une densité énergétique élevée et apportant peu de nutriments, les remplacer par des fruits et légumes peut permettre d’améliorer les apports en fruits et légumes, tout en réduisant la consommation d’aliments moins nutritifs.

L’hypothèse de l’auteur selon laquelle l’éducation nutritionnelle avec et sans apport de fruits et légumes aurait un effet différentiel par rapport à l’absence d’intervention sur les changements de fréquence de consommation de fruits et légumes au fi l du temps n’a pas été étayée par les résultats de l’étude. Cependant, l’augmentation de la fréquence hebdomadaire de consommation de fruits et légumes chez les personnes ayant suivi le programme intervention a bien été observée.

Associer amélioration des apports nutritionnels, perte de poids et réduction des risques

Plus de 37 % et 22 % des américains consommant respectivement des fruits et légumes moins d’une fois par jour et les taux de surpoids et d’obésité étant en progression, il est recommandé d’augmenter ses apports en fruits et légumes tout en réduisant la prise d’aliments hautement énergétiques et faibles en nutriments. Le fait de manger des fruits et légumes, associé à un changement de mode de vie sain, peut contribuer à une amélioration des apports nutritionnels, une perte de poids et une réduction des risques de maladie chez les adultes. Les études à venir devraient comporter des suivis post-intervention visant à évaluer sur la durée l’efficacité de l’éducation nutritionnelle sur les changements de consommation de fruits et légumes.

« Il est ainsi recommandé d’augmenter ses apports en fruits et légumes tout en réduisant la prise d’aliments hautement énergétiques et faibles en nutriments »


Meredith Wagner
Service nutrition et diététique, Concordia College, Moorhead, Minnesota, ÉTATS-UNIS
Wagner, M.G., Rhee, Y., Honrath, K., Blodgett Salafi a, E.H., Terbizan, D. (2016). Nutrition education effective in increasing fruit and vegetable consumption among overweight and obese adults. Appetite, 100, 94-101.
Retour Voir l'article suivant