N° 168 | octobre 2016

Fruits et légumes unis contre l’obésité !

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Édito

Selon les récentes données publiées en octobre 2016 par Eurostat, le bureau offi ciel de la statistique de l’Union européenne, plus de la moitié des adultes (51,6 %) de l’UE sont en surpoids.

Parmi eux, 35,7 % sont considérés comme pré-obèses et 15,9 % sont obèses. Ces statistiques reposent sur les résultats de l’Enquête européenne par entretien sur la santé de 2014: moins de la moitié (46,1 %) des personnes vivant dans l’UE en 2014 avaient un poids normal, tandis que 2,3 % des personnes présentaient une insuffi sance pondérale. En d’autres termes, près d’une personne sur 6 vivant en Europe en 2014 était considérée comme obèse. En outre, plus la tranche d’âge est élevée et plus la proportion de personnes obèses est importante (excepté chez les plus de 75 ans). Le niveau d’étude intervient également: on trouve 19,9 % d’obèses parmi les individus ayant un faible niveau d’études, contre 11,5 % pour ceux avec un niveau d’études élevé. Cette progression ne concerne pas seulement l’Union Européenne et les USA ont pris depuis longtemps la mesure du fl éau de l’obésité. Des mesures de prévention sont menées activement. Toutes reposent sur la réduction des aliments denses en énergie, l’augmentation de la consommation de fruits et légumes et la lutte contre la sédentarité.

Concernant l’impact de l’augmentation de fruits et légumes sur l’évolution du poids, Monica Bertoia et ses collègues apportent des éléments intéressants à travers une étude d’intervention menée chez plus de 133 000 sujets américains issus de 3 cohortes de suivi de santé. Les données des questionnaires alimentaires, remplis tous les 4 ans entre 1986 et 2010, ont confi rmé que la consommation régulière de fruits et légumes était inversement corrélée à la prise de poids sur le long terme. Un élément nouveau est que tous les fruits et légumes n’ont pas ce même potentiel. Vous découvrirez lesquels en lisant leur article…

L’équipe de Meredith Wagner, a testé les effets d’une étude d’intervention sur l’éducation nutritionnelle, avec ou sans approvisionnement en fruits et légumes. Dans les 2 cas, comparé au groupe témoin, une hausse de la fréquence de consommation de fruits et légumes a été relevée à la suite de l’intervention. Cette étude montre bien que le fait de manger des fruits et légumes, associé à un changement de mode de vie sain, peut contribuer à une amélioration des apports nutritionnels, une perte de poids et une réduction des risques de maladie chez les adultes.

Dans un autre article, Cori Lorts exhorte les médecins à encourager la consommation de fruits et légumes chez leurs patients. Une enquête téléphonique a été menée chez 1708 adultes américains de 2009 à 2010, pour déterminer s’ils avaient reçu des conseils pour perdre du poids par leur médecin. Les résultats sont nettement en faveur des conseils médicaux: 76% de ceux qui avaient reçus des conseils avaient tenté de perdre du poids comparés à seulement 60% des personnes n’ayant pas reçu d’avis médical. L’auteur rappelle ainsi l’infl uence majeure des conseils d’un médecin sur la santé de ses patients.

Bonne lecture à tous !

Thierry Gibault
Nutritionniste, endocrinologue, Paris - FRANCE
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