N° 98 | mai 2010

Désir de grossesse et alimentation : la place des fruits et légumes

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Édito

Pour être efficaces, les stratégies de prévention des causes majeures de mortalité infantile dans les pays développés (anomalies congénitales et prématurité/faible poids de naissance) doivent débuter même avant la conception. Les preuves se sont accumulées durant les dernières décennies

. Or, les moyens classiques de prévention prénatale sont souvent inefficaces car… ils débutent trop tardivement. Un exemple : les niveaux adéquats de folates au moment de l’organogenèse (17-56 jours après conception) sont associés à une réduction de 50%-70% des anomalies de la fermeture du tube neural. Si on attend la première visite prénatale pour donner des suppléments d’acide folique, il est déjà trop tard pour prévenir la plupart de ces anomalies.

Les articles de ce numéro montrent, qu’en grande majorité, les femmes qui souhaitent concevoir un enfant, n’adoptent pas des comportements protecteurs avant la conception. On peut avancer plusieurs explications. Soit les messages de promotion de comportements sains ne touchent pas les femmes, soit ils sont formulés de manière impersonnelle ou encore ne sont pas assez souvent répétés. Autres explications possibles : ils nécessitent un investissement personnel ou financier jugé trop coûteux, ou ils manquent de crédibilité.

En réalité, adopter des comportements en apparence simple (manger plus de légumes à feuilles vertes, prendre chaque jour un supplément multi-vitaminique contenant de l’acide folique, préserver un IMC normal) est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense….

Tant que la recherche appliquée ne bénéficiera pas des financements et du respect auxquels elle a droit, il persistera un fossé entre nos connaissances scientifiques et nos capacités à les utiliser pour améliorer l’avenir non seulement des femmes d’aujourd’hui mais aussi des enfants de demain.

Merry-K. Moos
Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, USA
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